Chapitre 17

1275 Mots
Le soir même, avant de rentrer chez lui, il décida de passer chez Lucie. Il avait continué à l'appeler dans la journée sans qu'elle réponde. Il se sentait mal, parce que même si elle s'était fâchée de nombreuses fois contre lui, chaque fois qu'il la contactait, elle répondait présente. Après quelques minutes à sonner, il commençait à s'impatienter, quand la porte s'ouvrit. Un cri étouffé leur échappa à tous les deux. — Qu'est-ce que tu fais habiller comme ça, non de Dieu, gronda-il en la poussant à l'intérieur. — Qu'est-ce que... tu fais ici, Beau ? Balbutia-t-elle en fermant son peignoir en soie et croisant les bras sur sa poitrine. Elle était tellement rouge que Beau se demanda s'il devait s'en inquiéter. Puis, il décida de se détourner et d'inspecter les lieux. Comme il traversait le salon, elle lança : — Il... il n'y a personne. Mais il ne la calcula pas et se dirigea quand même dans la chambre. Il fut aussitôt frappé par l'odeur parfumée de bougie. En voyant le lit bien fait, avec de nouveaux draps, cela acheva de le faire éclater. — Tu allais le faire ? Il sortit de la chambre et la retrouva debout près de la porte de sortie. En la voyant, le visage rouge, la bouche enflée à force de les pincer, sa colère décupla encore. — Tu allais le faire ! S’écria-t-il à nouveau, comme si elle n'avait pas entendu, tandis qu’elle triturait son pied et baissait la tête. — Lucie, mon Dieu... — Quoi ? murmura-t-elle en haussant faiblement les épaules. Il s'avança encore un peu, et bien qu'il soit à bonne distance d'elle, elle se rembrunit, semblant vouloir entrer dans le mur. — Tu voulais accueillir ton amant comme ça ? — Comment ça, comme ça ? Elle lui lança un regard farouche, le défiant, et il ne regretta pas d'être toujours en colère contre elle — Tu portes ce body sexy, révélateur de tes moindres courbes, et tu parles ? Tu avais l'intention de te jeter sur ton amant aussitôt qu'il soit venu ? Elle haussa les épaules. — Ça ne te regarde pas. — Oh, ne me dis surtout pas que ça ne me regarde pas, s'injuria-t-il. — Pourquoi te fâches-tu ? Il pointa un doigt accusateur sur elle. — Parce que, en dessous de ce peignoir, tu portes une tenue destinée à allumer un homme. — Et en quoi ça te regarde, s'il te plaît ? Rétorqua-t-elle en le fusillant des yeux. Petit à petit, elle recouvrait ses couleurs, et aussi, sa langue ! Beau fulminait intérieurement. Pourtant, il savait qu'il n'avait pas le droit de se mettre dans cet état. Il y a quelques années, il avait pris ses distances pour que ce genre de passion ne se déclenche pas en lui. Et pourtant... pourtant, il avait envie d'attendre l'arrivée du f****r qu'elle voulait accueillir comme une fleur, pour lui faire la peau. Mais c'était lui qu'elle avait accueilli avec cette tenue diablement sexy. Il ne voulait pas penser à ça. Non, ce n'était pas bien et il devait mettre de l'ordre dans ses idées. Même si c'était difficile. Même avec le peignoir en soie délicat qui cachait son dessous, elle était tellement belle. Il contempla ses jambes lisses et douces comme la peau d'un bébé, ses pieds nus rendus gaies par des ongles rouge bordeaux. Ses yeux montèrent sur sa hanche, là où était noué le fil de son peignoir. La pression agrémentait le creux de ses hanches, et il eut envie de tirer sur la corde. Lucie n'était pas très grande, mais était mince. Seigneur ! Qu'est-ce qui lui prenait ? Pourquoi, après tout ce temps, il avait encore envie de la prendre dans ses bras ? C'était lui qui avait voulu que les choses n'aillent pas plus loin entre eux, il y a trois ans. Et aujourd'hui, il se trahissait ? N'importe quoi ! Il était venu pour une raison, pas pour rêver sur le corps de son amie. Oui, son amie. Elle était son amie, et le restera... — Je suis venu m'excuser de ne pas t'avoir contacté la dernière fois que tu m'as appelé, lança-t-il, conscient qu'il passait du coq à l'âne. J'ai été vraiment préoccupé par Maggie, et j'avais la tête ailleurs. Il ignora le pff qu'elle lui lança. — Je savais que tu étais fâché contre moi, et je voulais régler le problème. Je t'ai appelé toute la journée, tu n'as même pas daigné répondre. — Oh, parce que j'ai compris que je ne servais plus à rien dans ta vie. J'ai préféré m'effacer. Lucie avait attaché son peignoir si serré, qu'elle sentait les cordes lui bouffer les côtes. Mais pour rien au monde elle ne l'ouvrirait pour encore s'exposer à l'homme en face d'elle. — Ne dis pas de sottises. Tu fais partie intégrante de ma vie, tu le sais, rétorqua-il. — Pouah ! Cracha-t-elle en posant un pied contre le mur. — Ce n'est pas parce que je n'ai pas répondu à ton appel que ça veut dire que je veux mettre fin à notre amitié. Elle ne répondit rien. Et quand elle remarqua que la fente de son peignoir révélait presque son entrejambe, elle posa rapidement le pied à terre. — Je suis sérieux. — C'est bon, je ne t'en veux plus. Tu peux partir. — Tu me viendras toujours en aide, j'espère ? — Je suis toujours là pour toi de toute façon, répliqua-t-elle. — Tu n'étais pas là ces derniers jours. Elle lui lança un regard inquiet et intéressé. — Tu... Quelque chose s'est passé ? Il secoua la tête. Puis il s'approcha d'elle et lui prit les mains. — Ne croit pas que je viens vers toi juste quand j'ai besoin de tes services, Lucie. Je suis fatiguée que tout le monde se méprenne sur mes intentions. Maggie et moi nous sommes disputés encore. C'est pour ça que je ne t'ai pas rappelé. Elle pense que je ne tiens pas à elle, elle m'a même reproché de ne jamais avoir voulu d'elle et du petit... C'est... Il s'interrompit, et secoua la tête pour chasser la douleur sourde qui lui broyait le ventre. — Toi tu sais tout ce que je suis prêt à faire pour eux, n'est-ce pas ? Et pour toi aussi. Vous ne vous en rendez pas compte, mais vous êtes tout pour moi. Oh, Beau. Je sais que tu tiens à ta famille. Je sais que tu es prêt à tout pour eux. Elle l’étreignit fort dans ses bras. — Et à toi aussi, insista-t-il. Ne l'oublie jamais. Elle lui caressa les cheveux. Il inspira profondément contre sa peau, la faisant frémir. Ils restèrent ainsi en silence. Leurs respirations devenaient de plus en plus calmes au fur et à mesure que le temps passait. On sonna et ils sursautèrent. À contre cœur, elle le repoussa et arrangea les cheveux de Beau sur son crâne. Puis elle esquissa un petit sourire. — Je vais partir, annonça-t-il alors qu'elle ouvrait la porte. Un jeune homme, assez charmant, élancé et svelte était accoudé contre le mur d'en face, un sourire charmeur aux lèvres. Son visage rond était doux et ses yeux brillaient d'une lueur amusée. Mais en voyant Beau, il se troubla et les regarda tour à tour. — Dean, salua-t-elle en esquissant un sourire. — Euh... Je dérange ? — Non, vous ne dérangez pas, répondit Beau. Il embrassa Lucie sur le front et s'éclipsa en lui souhaitant une bonne soirée. Il ne lui avait pas souhaité une bonne nuit, mais une bonne soirée, remarqua la jeune femme en fermant la porte sur le prénommé Dean.
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