Chapitre 20

1556 Mots
— Des chats. Je ne l'ai pas vu venir celle-là. — Tu sais que je suis allergique aux chats. Dis, tu peux me passer de l'argent ? Je dois ramener quelques trucs, sinon Maggie... — Maggie, le coupa-t-elle. Je t'ai cent fois répété de la faire enfermer, cette tarée. — Taré toi-même. Maggie va bien, elle n’a pas besoin d’être enfermée. Elle a besoin de moi, pas d'un psychologue qui la rendrait folle. — Elle est déjà folle de toute façon, protesta Lucie en haussant les épaules. Ne me regarde pas comme ça, j'ai horreur de ce regard. Et puis tu fais peur, arrête ça. — Toi arrête de parler de la faire interner. Elle n'est pas folle. C'est moi qui vie avec elle, je la connais. Ils arrivèrent devant le supermarché. — Et dire que tu ne voulais pas d'elle dans ta vie quand elle est venue te voir avec son gros ventre. Il la foudroya du regard. — Ne parle plus jamais de ça. Elle haussa les épaules et sortit de la voiture. Le cœur de Beau battait dans sa poitrine. Au fur et à mesure que les paroles de Lucie s'insinuaient en lui, il revoyait la scène de sa rencontre avec Maggie. Mais il ne voulait pas penser à ça. — Ne me fais pas le coup de la dernière fois, hein, dit-il comme ils approchaient de l’entrée. Elle lui fit un sourire malicieux alors qu'ils descendaient. Beau fit semblant de vomir, alors que Lucie éclatait de rire. — Ça te plairait bien de te mettre en couple avec moi, avoue, petit coquin. — Tu as raison. Je pourrais le faire, mais je t'aime tellement que je ne voudrais pas te retrouver six pieds sous terre. Elle éclata de rire, faisant sursauter les deux hommes qui passaient près d’eux. — Non, pas de caddie, protesta Beau en retenant Lucie par le bras. — Si. Je ne veux rien garder dans mes mains, donc pas le choix. Elle fit rouler le caddie entre les rayons, tandis que lui vérifiait les prix. Elle le remplissait de tout ce qui lui tombait sous les yeux. Quand il s'en rendit compte, il parut scandalisé. — Tu oublies que mon appartement est minuscule ? Où veux-tu qu'on mette tout ça, enfin ! Il éternua avant de se mettre à ranger les produits à leur place. — D'accord, mais ne dépose pas ça, ni ça, intervint-elle. Et encore moins ceci ! S'écria-t-elle en lui arrachant une boîte de... des mains. Ce n'est pas pour toi, ni pour Maggie. C’est pour Randy, alors pas touche. — Oui, oui. Pas touche. — On passera à la pharmacie prendre quelque chose pour ton allergie. — Hum. — Tu ne m'as pas dit comment s'est passé la journée. — Bien. — Bien, ce n'est pas une réponse. J'espère que tu te comportes bien avec Monica. Il lui lança un regard en biais avant de se mettre de côté pour faire de la place à un couple qui passait. — Qu'est-ce qui te dit le contraire ? — Je te connais bien. Tu veux peut-être ce travail, mais je sais qu’il y a des choses que tu tolères difficilement. — Je ne suis pas fou, Lucie. J'ai besoin de ce travail. — Oui, c'est la seule chose qui compte, pas vrai ? Il entoura ses épaules de son bras et l'attira à lui. — Ce n'est pas la seule chose qui compte. Je ne peux rien te dire pour le moment, mais quand tout ça sera fini, je t'expliquerai. Elle se dégagea pour lui faire face. — Quand tout sera terminé ? — Tu es trop curieuse, je t'ai dit d'arrêter. — D'accord. Mais dis-moi. Avec Tommy, ce n'est pas difficile ? Il haussa les épaules. — Non. Je m'en sors bien, figure toi. Elle sourit et hocha la tête. — Au fait, j'ai rencontré son ex-mari, dit-il en repartant avec le caddie vers la sortie. Elle souleva un sourcil, incrédule, et retourna le caddie pour repartir entre les rayons. — Conny ? — Elle en a deux ? Demanda-t-il, sarcastique. — Bouge. Il rit. — Oui, Conny. Il a dit qu'il ferait des recherches sur moi. — Ah. — Quoi "ah" ? — Je t'avais dit de ne rien leur cacher. — Je crois plutôt que c'étaient des paroles pour me faire peur. — C'est toi qui le dis. — De toute façon, ce n'est pas leur affaire. — Si, ça l'est, du moment que tu travailles désormais pour eux et que tu as menti pour avoir le poste. — Tu vas peut-être me dénoncer ? — Monica est mon amie également et elle pourrait m'en vouloir. Mais jamais je ne te trahirai, sois tranquille. À présent, finissons ces emplettes. Une heure plus tard, elle gara sur le bas-côté, en bas de son immeuble et il prit les deux sacs qu'elle avait remplis. — Tu veux monter ? Elle leva les yeux sur leur étage et secoua la tête. — Non, je ne préfère pas. Maggie risque de me griffer et je ne veux pas me battre avec elle. En plus je viens de me faire les ongles. Elle lui montra ses ongles ivoire, qu'il n'avait pas remarqués. Instinctivement, il baissa les yeux sur ses orteils. Hier, ils étaient rouge bordeaux, aujourd'hui ils étaient ivoire comme ses ongles des doigts. Il rit et l'embrassa sur la joue. — Merci beaucoup. Dès que j'ai ma paye je te rembourserai. — Tu peux te le mettre où je pense, ta paye. Elle monta dans la voiture et démarra. — Fais attention à toi. — Mais oui. Lorsqu'il entra dans son appartement, il éternue. Son irritation n'était visiblement pas passée. Maggie était au salon et se leva en sautant, les yeux exorbités. — Où as-tu trouvé tout ça ? Il déposa ses fardeaux sur le parquet. — Tu as dit que nous n'avons plus de provision, non ? Elle s'accroupit et tâcha de vérifier leur contenu. — Et où est-ce que tu as trouvé de l'argent pour acheter tout ça ? Demanda-t-elle en se levant pour lui faire face. — Je me suis fait voler sur le chemin du retour. Elle ouvrit grand les yeux. — Volé ? Ils ne t'ont rien fait j'espère ? Elle se dirigeait déjà vers lui pour l'examiner. Il sourit et secoua négativement la tête. — Non, j'ai eu de la chance il faut dire. Consciemment, il omit de lui dire que c'était un enfant qui l'avait roulé. Lucie s'était assez moquée de lui pour la soirée. — Tu ne m'as toujours pas dit où tu as trouvé l'argent pour acheter tout ça. Et tu viens de dire que tu t'es fait voler, alors explique moi. — Lucie m'a passé de l'argent. Même si elle lui avait interdit de lui rembourser le moindre sentîmes, il avait bien l'intention de lui rembourser jusqu'au dernier. — Lucie ? La voix sèche de Maggie le sortit de ses pensées. Elle fronçait les sourcils, mais elle ne semblait pas sur le point de péter un câble comme d’habitude. — Tu l’as laissé nous faire des provisions, c'est ça ? Je vais manger en me disant que c'est elle qui me nourrit ? Sa voix était dure et sèche. Elle semblait vraiment lui en vouloir, mais elle faisait visiblement un grand effort pour ne pas lever la voix plus que ça. Il se demandait ce qui se passait dans sa tête. Était-elle sérieuse ? Pouvait-il croire qu'elle avait vraiment changé ? Aussi rapidement ? Il secoua la tête. Il ferait mieux de profiter de la situation. — Je ne l'ai pas laissé nous nourrir, répondit-il calmement. Je t'ai dit qu'elle m'a avancé un prêt et que je vais lui rembourser dès que possible. Elle nous vient en aide comme elle l'a toujours fait, c'est tout. — Justement, c'est ça le problème. Pourquoi elle nous vient en aide chaque fois qu'on en a besoin ? Elle ne m'aime pas et je suis sûr qu'elle serait ravie de me laisser mourir de faim. Beau ne put s'empêcher de rouler des yeux. — Toi non plus, tu ne l'aimes pas vraiment. Elle a refusé de monter parce qu'elle avait peur que tu lui gâte les ongles, dit-il moqueur. — Pff, cracha-t-elle en chassant une mouche imaginaire. Puis elle s'abaissa pour prendre un paquet qu'elle emmena dans la cuisine. Il la suivit avec les deux autres. — Tu pourrais t'entendre avec elle, non ? — Parce qu'elle me nourrit ? Lança-t-elle sans se retourner. — Non, parce qu'elle est gentille avec toi malgré ton comportement envers elle. Maggie haussa les épaules. Comme elle sortait des jouets, il s'approcha. — Elle a pris quelques trucs personnels pour Randy. Elle déposa les articles sur le plancher sans répondre. Il la laissa et se retourna pour aller dans la chambre. Randy dormait. Il se pencha pour l'embrasser, et releva ses cheveux qui retombaient encore sur son front. — Tu la remercieras pour moi. Il se retourna, surpris. — Quoi ? Elle haussa les épaules. — Remercie là de ma part. Beau la regarda comme s’il venait de lui pousser des cornes. Jamais il n’aurait pensé qu’elle en viendrait à remercier Lucie un jour. — Arrête de me regarder comme ça. Beau secoua la tête et sourit. — Je le lui dirai, répondit-il finalement.
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