Chapitre 19

1195 Mots
Il était 9h du soir quand il sortit de la villa. L’air frais lui fit du bien, et il en profita pour marcher. Une trentaine de minutes de marche le séparait du supermarché. Il en profiterait bien pour faire le point sur la journée, comme il en avait l'habitude. La journée avait été un peu étrange. En parlant surtout du fait que Monica Darcie avait tenté de se rapprocher de lui. Elle lui avait parlé comme si elle voulait faire de lui un ami. Mais il n'était pas dupe. Elle voulait le connaître davantage pour savoir d'où il venait et s’il était quelqu'un de bien pour son fils. Il l'était. Même s'il avait beaucoup de choses à cacher, cela ne voulait pas dire qu'il allait leur apporter des problèmes. Les problèmes, il se les apportait à lui-même. Comme par exemple le fait qu'il se laissait un peu trop dominer par ses sentiments. Depuis la veille, depuis qu'il avait vu Lucie dans cette tenue affriolante, il n'arrivait plus à la chasser de son esprit. Il revoyait ses longues jambes délicatement musclées, son petit corps menu et son beau visage. Il souffla de frustration. Ce n'était pas pour lui qu'elle s'était habillée comme ça, mais pour ce Dean. Il ne s'étonnait pas de se rappeler du prénom du type. Est-ce qu'il pourrait oublier l'homme à qui elle s'était donnée juste après qu'il soit parti ? Autour de lui, la vie continuait son cours. Les voitures klaxonnaient de frustration ou de colère, la sirène d'une ambulance tintait au loin. Il lança un regard discret de l'autre côté de la rue. Après cette journée, tout ce dont il avait envie était de s'étendre et d'écouter Randy lui raconter sa journée. Quelqu'un le bouscula soudain et il manqua de tomber sur la route. Il esquiva de justesse un véhicule qui fonçait sur lui. Quand il eut retrouvé son équilibre, il respira profondément le cœur battant la chamade. Puis, prise d'une crainte soudaine, il fouilla ses poches. Son porte-monnaie... Il se retourna et aperçut un type en capuche qui marchait l'air de rien. — Hé ! Beau était sûr que c'était l'inconnu qui lui était rentré dedans. Il jura et courut dans sa direction. Le type sembla le remarquer car il prit ses jambes à son cou. Il prit un tournant et Beau le poursuit. — Reviens ici ! Il atteignit le rond-point et regarda de gauche à droite. Le bout du tissu disparut à peine, mais Beau eut le temps de le voir. Il s'agissait d'un c*l-de-sac, alors il regarda prudemment la ruelle. Puis il finit par s'engouffrer. Le couvercle d'une poubelle tinta dans un bruit assourdissant, le faisant sursauter. — Shitt... Il hésita. Ne devrait-il pas abandonner ? Retourner tranquillement chez lui ? Bien sûr que non. Il avait besoin de cet argent pour faire le plein à la maison. Prenant son courage à deux mains, Beau gloussa en marchant prudemment dans la ruelle. — Hé ! Sort de ta cachette et file-moi ce que tu m'as pris ! Un chat miaula près de lui et passa sur ses pieds à toute vitesse. La respiration de Beau devint saccadée. Des chats ! Il aurait dû s'en douter. Son nez frémit de nouveau, et il tressaillit. — Écoute, si tu me le rends, je pourrais te donner une part, je te le promets, tenta-t-il en refoulant son malaise. Un autre couvercle tinta plus loin. — Je préfère tout garder, alors dégage ! La voix était fine et il ne donna pas plus de 15 ans à la personne. Il souffla, rassuré. — Non, je n'irai nulle part, parce que ce que tu as pris m'appartient. Maintenant, sois gentil et sort de ta cachette. Ce qui lui semblait être un pouf parvint jusqu'à lui, et il fronça les sourcils. — Vous croyez que je suis idiote ? Idiote ? — Vous avez peur des chats, non ? La menace était claire. Il recula d'un pas, puis de deux. — Sois gentil... — Je vous donne votre porte-monnaie et vous partez. Sinon Tito se fera un plaisir de bouffer vos chaussures toutes neuves, tonna-t-elle avant d'éclater de rire. Son rire était glacé et donnait froid dans le dos. — Marché conclu ? Beau grogna et éternua bruyamment. — Marché conclu ! répondit-il de mauvaise foi. Aussitôt le porte-monnaie tomba à ses pieds. Il s'empressa de le prendre et vérifia l'intérieur. Mais au moment de se redresser, il éternua de nouveau. Il fallait qu’il se dépêche de sortir d’ici. Il se frotta le bout du nez et regarda autour de lui avec crainte. Puis il ouvrit son porte-monnaie. — Il n'y a que deux dollars ! s'écria-t-il horrifier. — Maintenant partez ! — Je n'irai nulle part tant que tu ne m’auras pas remis mon argent, sale gosse ! Un cri étouffé retentit dans la pénombre. — C'est moi la salle gosse ? Tito ! Attaquez ! Il vit un chat aux poils hérissés passer rapidement devant lui. Puis, un autre roula sur son pied. Il comprit ce qui allait suivre, et il sortit rapidement de cette maudite ruelle en étouffant des jurant dans ses éternuements. Des rires le suivirent, et il rougit de colère en sortant sur la route. Il prit une profonde respiration et finit par ce camé. Foutue journée. Il donna un coup dans le mur, et jura à plusieurs reprises. Maggie allait encore être triste, elle allait encore se sacrifier pour qu'ils trouvent de quoi remplir le frigo avant qu’il ne meurt de faim. Il donna un second coup dans le mur avant de prendre le chemin. Il sortit son portable, composa le numéro et l'effaça à plusieurs reprises. Il se sentait mal à l'idée de la contacter, alors que ce n'était qu'hier qu'il s'était fait pardonner. Bon sang, à part elle, il n'avait personne. Il finit par lancer l'appel. — Bonsoir... Euh, j'ai besoin de toi, dit-il d'une voix lointaine. — Où es-tu ? La jeep rouge de Lucie se gara devant la cabine téléphonique où il avait décidé de l'attendre. En la voyant par la vitre, il frissonna. Il la revoyait encore hier, dans sa petite tenue, prête à allumer. Est-ce qu'elle avait vraiment passé la nuit avec cet homme ? — Qu'est-ce que tu as ? On dirait qu'une voiture t'a roulé dessus, lança-t-elle comme il se décidait à approcher. — Tu es très belle aussi, fit-il, sarcastique. Elle rit. — Qu'est-ce qui s’est passé ? C'est Tommy qui t'as mis dans cet état ? — Ne soit pas stu... Il éternua si bruyamment que son front faillit cogner le tableau de bord. Elle éclata de rire et démarra. — Alors ? — Je me suis fait voler. Elle a pris tout mon argent alors que je devais m'en servir pour ramener des vivres à la maison. — Elle ? Tu t'es fait agresser par une fille ?! — Il ou elle, Je n'en sais rien. Mais peu importe. Et puis elle a lancé des chats à ma poursuite ! s'écria-t-il, horrifié en se rappelant de la ruelle. Elle lui lança un regard moqueur, avant de casser le silence de la nuit de sa voix grave.
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