Lettre XLVIII

178 Mots

Lettre XLVIII CÉCILE À PAULINE. Beauvoir, 1786 ; deux heures du matin Je ne t’écrirai plus… je n’en suis plus digne… Je suis perdue, avilie, coupable envers la religion, envers la nature, envers la société ; le sceau de l’opprobre est à jamais sur mon front ; méprise-moi, Pauline ; mais ne me plains pas, car je suis heureuse… heureuse au sein du crime !… Ce crime n’est pas le mien seul, un autre le partage ; et quand j’adore mon complice, il faut bien que j’aime le forfait qui nous unit. Je me fais justice, je renonce à l’estime des autres, je renonce à ton amitié même ; ce sacrifice est le seul qui coûte à mon amour !… Je reçois ta lettre ; tes pressentiments m’avaient jugée ; ta prédiction est accomplie ; je suis dévouée à des remords éternels ; mais ce sacrifice, tout horrible qu’il

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