Lettre XXIII MADAME DE CLÉNORD À MADAME DE NEUVILLE. 1786 Mes craintes redoublent ; si ma fille allait succomber à une maladie de langueur dont elle est atteinte depuis quelques mois ! J’ai consulté tous les médecins de la province ; ils ne connaissent rien à son état. Ma sœur, mon amie, conçois-tu mes chagrins ? si j’allais la perdre ! perdre Cécile ! il faudrait bien que sa mère la suivît au tombeau. La religion, la religion même, dans laquelle je trouve des secours contre tous les évènements de la vie, ne m’en offre plus dans cette horrible supposition. Ne crois pas, mon amie, que la frayeur m’exagère la situation de ma fille : elle devient de jour en jour plus alarmante ; les roses de son teint ont entièrement disparu ; si elles eussent été remplacées par cette pâleur qui caractéris


