PARIS, DÉCEMBRE 2012Le bureau du proviseur était un vrai capharnaüm. Arnaud aimait beaucoup ce mot qui signifiait désordre mais semblait promettre un genre de fouillis mystérieux et exotique. En fait le bureau de M. Johnson n’avait rien de mystérieux ou d’exotique, si ce n’étaient des livres en anglais partout sur les étagères. Car « Mister J. », comme l’appelaient les lycéens, était anglais, naturalisé français. Son côté britannique le rendait moins rigide et plus ouvert que certains de ses collègues français. Arnaud le connaissait suffisamment bien pour ne pas se sentir intimidé ou trop inquiet. Pourtant… Son visage entier le faisait souffrir, et il était possible qu’il se soit fêlé une côte, car respirer à fond lui était quasi impossible. Mais son adversaire, lui, était à l’hôpital. Il


