Chapitre 4

1514 Mots
Chapitre 4 Il est un peu avant 8 heures quand Mickael arrive devant chez Rizzo. C’est un quartier résidentiel plutôt calme. L’argent de Shelton a dû grassement le fournir pour que ce petit magouilleur puisse s’offrir une telle baraque. Sa maison se situe au bout d’une impasse. Grande, bien entretenue, si on ne regarde pas de trop près les petits tas de ferrailles au fond du jardin. Peu de résidents traînent dans les rues à cette heure. Au loin un petit vieux qui promène son chien… À moins que ce ne soit l’inverse… « Rizzo tous travaux de la maison » noté sur une camionnette devant l’entrée indique à Mickael qu’il ne s’est pas trompé. « Travaux de la maison » belle couverture pour parler de nettoyage de maccabées pour le compte de Shelton après son passage ! Probablement que ça ne serait pas si simple de passer inaperçu s’il avait noté « Rizzo Ramasseur de cadavres » comme publicité ! Mickael décide de ne pas brusquer les choses en arrivant arme au poing. Après tout, Rizzo n’a aucune raison de s’attendre à la visite du flic ! Après avoir traversé un petit portail blanc, tranchant bien avec la couleur jaunâtre de la maison, il traverse le petit jardin fleuri, salissant la fausse pelouse sur son passage, Mickael tape à la porte beaucoup plus grande que lui en bois plutôt usé… Pas de réponse… Il tend l’oreille… Pas de bruit à l’intérieur… Il passe à l’étape supérieure en s’annonçant « Inspecteur Brooks, police, ouvrez ! »… Pas de réponse… Pourtant il lui semble voir passer une ombre… Méfiant Mickael pose la main sur son arme, il ne veut pas prendre le risque d’être vu une arme à la main dans un quartier chic comme celui-ci, sans vraiment avoir de raisons. Il tourne la poignée… C’est ouvert… Lentement, tout sens en éveil il pose un pied dans la maison… La différence de luminosité entre l’extérieur ensoleillé et l’intérieur sombre et poussiéreux de la maison nécessite une mise au point rapide… Mais pas assez suffisante pour qu’il puisse réagir avant de se trouver nez à nez avec un homme, pas très grand, plutôt maigre, les bras couverts de tatouages, une barbe mal entretenue, et une coiffure asymétrique, Samuel Rizzo ! Il se tient là, face à Mickael, une carabine pointée sur lui, les traits tendus, prêt à tirer. « Dégage de chez moi ou je tire !! — Soyez raisonnable, réponds Mickael sans le lâcher du regard, je ne touche pas à mon arme ! Je suis là de la part de Bardon… — Bardon ? t’es flic, tu fais quoi ici de la part de Bardon ? — Il est venu me voir hier pour me parler de Shelton, il n’a pas passé la nuit, Shelton et ses gars l’ont sauvagement découpé dans la cellule qui lui servait de cachette !! — Qu’est-ce que tu veux que ça me foute ! Bardon était une balance ! La preuve, il a eu le temps de te cracher mon nom avant de crever ! — Shelton va quitter la ville, il précipite les choses, il l’a prouvé en prenant le risque de rentrer dans un commissariat pour y descendre Bardon et 2 collègues à moi ! Tu sais ce que ça signifie ? Il fait le ménage Rizzo ! Il ne laissera rien ni personne derrière lui ! Pas même toi ! Surtout pas toi ! T’en sais trop… Et maintenant, rajoute Mickael en regardant autour de lui, il sait qu’un flic est venu te rendre visite, comme pour Bardon… — Tu dis des conneries ! Shelton, il va pas me buter, il peut tout me demander à moi ! — Tu te goures Rizzo ! Shelton est un solitaire ! Il n’a besoin de personne et s’il a décidé de faire du ménage c’est pas à toi qu’il va demander de nettoyer cette fois… C’est la fin Rizzo ! Je suis trop près de lui pour qu’il ait le temps de prendre ses potes avec lui. Il va se barrer, seul, comme il l’a déjà fait… et toi… Tu ne feras pas partie du voyage… » Rizzo semble déstabilisé. C’est bien connu, Mickael a raison, Shelton ne s’embarrasse de personne. Le gars qui lui servait de nettoyeur avant lui a fini au fond d’un lac, c’est Rizzo lui-même qui a foutu les cailloux au fond du sac qui lui servait de collier pour l’éternité… Rizzo comprend qu’il est trop tard, même s’il tue ce flic, il ne sauvera pas sa peau… Il baisse son arme et fait rentrer Mickael. Après tout, peut-être qu’il peut l’obtenir de lui son billet de sortie… L’intérieur de la maison n’a absolument rien à voir avec son extérieur, tout est sale, crasseux, rien n’est rangé. Une peinture verdâtre ne recouvre que la moitié du mur comme si le chantier avait été laissé en suspens dans l’espoir d’y retourner un jour, le sol collant au pied, et toute une décoration murale de toiles d’araignée. Mickael entre dans une pièce qui sert de salon mais, également de salle à manger. Rizzo n’attendait pas de visite vu l’état de son intérieur ! Pas de doutes également quant au fait qu’il vivait seul ! De la vaisselle partout sur la table, laissant deviner qu’il ne s’embarrasse pas avec le nettoyage ! Des restes de bouffes par terre qui feraient certainement le bonheur d’une bonne moitié des rats de la ville. Et l’odeur, mélange de sueurs et de vêtements sales, indique que ce n’est pas non plus au lavage de linge que Rizzo passe ses journées ! La belle maison résidentielle cache la grotte puante d’un personnage, qui de toute évidence n’a pas reçu d’argent depuis pas mal de temps… Ce qui conforte Mickael ! Il est évident que Rizzo n’a pas eu de visite ni de rémunération de son patron depuis longtemps… Facile dans ces conditions de lui mettre un peu la pression en plus faisant croire que Shelton allait le descendre très bientôt. Mickael n’en savait rien… même si, les probabilités étaient énormes… Rizzo pose sa carabine sur une petite table et s’assoit sur un fauteuil bancal, juste à côté. D’un signe de tête, il indique à Mickael la chaise sur laquelle il doit s’asseoir… Rizzo tend le bras pour attraper la bouteille de whisky près du fauteuil. De son autre main il attrape un verre sur la table de vaisselle sale, il l’essuie avec son tee-shirt crasseux et propose à Mickael « — Un whisky “specteur ? J’vous aurais bien fait un café mais j’ai pas de café j’aime pas ça ! » N’attendant même pas la réponse, il remplit le verre d’alcool et le vide d’une traite « — Alors ! J’peux quoi pour vous “specteur ?! — Qu’est-ce que tu peux me dire sur ton patron ? — Ouais… je me demande quand même si ça serait bien raisonnable de vous parler “specteur… Shelton a quand même découpé la balance… — Écoute, soit tu me parles ici, soit je te mène au poste pour un interrogatoire en forme… Et là, je ne peux pas te garantir que ça sera discret, si tu vois ce que je veux dire… — Mouais… bah écoutez, y’a pas grand-chose à dire sur Shelton que le grand public ne sache pas déjà ! vous savez quoi vous ? — Je lui ai tiré une balle en pleine tête y’a quelques semaines, mais je sais qu’il n’en est pas mort ! Je ne peux pas te dire pourquoi, mais je le sais. Ce qui est arrivé à Bardon en est la preuve. Quand je l’ai descendu, ou ai cru le descendre, j’ai perdu connaissance. Une fois réveillé, il était parti et moi j’avais été déplacé. — Ouais ! c’est bien lui ça ! Sacré Shelton ! Le roi d’l’arnaque ! Le magicien de la drogue ! Tout ce que je peux vous dire “specteur c’est que j’ai vu c’te canaille y’a quelques jours et il n’avait rien d’un mec mort ! Et mais… dites-moi… c’est vous alors ?! — Moi ? s’étonne Mickael. Rizzo répond dans un éclat de rire. — Le toutou de Shelton !!!! Il est venu a raconté qu’il avait drogué un flic et qu’il était devenu son toutou !! — Une drogue ? Quelle drogue ? — J’sais pas comment elle s’appelle, le Snake qui m’semble, c’est Shelton qu’à crée ce truc ! Il l’injecte dans le cou, là, comme une morsure de serpent, c’est pour ça qu’il l’a appelé le Snake ! J’le sais parce qu’il l’a testé une fois sur un gars, mais la dose était trop forte… Il en est mort ce con ! Après on l’a testé sur un autre, ça a marché mais cette fois c’est Shelton qui l’a descendu parce que cette drogue sur un pauv’mec c’est du gâchis vous voyez… Avant de crever, on a pu voir comment le truc agissait et on a grave halluciné ! Cette drogue « specteur, c’est une vraie bombe ! J’sais pas trop comment ça fonctionne mais quand vous êtes piqué, c’est comme si vous meniez une double vie vous voyez ? Le jour, vous êtes un mec tranquille, sans histoire et quand vous croyez piquer un roupillon bah en fait vous êtes éveillé et… vous rentrez dans votre double vie… — Quelle double vie ? Raconte ! s’impatiente Mickael. — Shelton y disait que c’est la part sombre du piqué qui prend vie toute seule… en fait… quand vous croyez sagement dormir à côté de votre bonne femme bah vous vous levez et… faites des choses que vous ne vous rappelez pas avoir fait après… — Rizzo abrège !!! Qu’est-ce que Shelton m’a balancé dans les veines ?!! — Quand vous croyez dormir ‘Specteur… vous vous transformer… vous devenez l’assassin le plus sanguinaire que l’histoire n’ait jamais vu… Quand vous croyez dormir “sepcteur… vous massacrez des innocents… » Mickael est soudain pris d’un vertige… ça expliquerait comment Shelton ou ses sbires auraient pu entrer dans le commissariat, massacrer les hommes et repartir avant même que quiconque les voie… « Dernière question, sais-tu si Shelton a créé l’antidote de cette drogue ? — Non “specteur… il a rien dit et… Shelton c’est pas le genre de mec à vouloir aider les gens à sortir de la drogue si vous voyez ce que je veux dire… Shelton, il soigne pas m’sieur… Il tue… et là il a trouvé le truc idéal pour tuer par procuration… — Il est où Shelton aujourd’hui ? — Aux dernières nouvelles il avait un job. Il a monté une entreprise à Pines Tower ». Mickael remercia Rizzo pour les renseignements, même si ceux-ci le faisaient plus flipper qu’avancer. Maintenant il le savait, il fallait à tout prix mettre la main sur Shelton, avant que d’autres victimes arrivent.
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