Les Gueyes, 15 heures quarante-cinq

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Les Gueyes, 15 heures quarante-cinq.“La vôtre c’est celle de gauche.” Heureusement ! À droite, une ferme crasseuse se dissimulait derrière un tas de f****r majestueux. Ses effluves se mêlaient aux senteurs de moisi et d’humidité. Ludovic avait même failli ne pas voir la petite route qui conduisait aux Gueyes. Il arrêta la Méhari devant le portail de sa nouvelle maison. Il était propriétaire ! Lorsqu’il était ressorti du bureau de Maître Lansonnet, notaire à Bourg-Argental, son patrimoine venait de croître brusquement ! Une maison estimée à cinquante-trois mille euros, une somme de douze mille sept cent huit euros disponible sur trois comptes au Crédit Agricole de St-Genest-Malifaux. Un paquet d’actions dans diverses sociétés s’ajoutait au total. Le notaire s’occuperait de vendre ces dernières. Ludovic était plutôt anti-capitaliste mais le produit de la vente devrait permettre de payer une bonne partie des frais de succession. Il descendit de voiture et fit jouer une clé pour ouvrir un vieux portail métallique qui grinça un peu. La maison était située en retrait de la petite route nommée Chemin du Kremlin. Une allée gravillonnée coupait en deux un jardinet qui devait être agréable au printemps. Vue de dehors, la maison, qui comptait un rez-de-chaussée et un étage, semblait bien entretenue. Les volets de bois étaient fermés et leur peinture semblait récente. Ludovic estima qu’elle devait mesurer une cinquantaine de mètres carrés au sol et que le terrain, bien clôturé, ne devait pas dépasser les mille mètres carrés. Lorsqu’il avait quitté l’étude de Lansonnet, il s’était dit qu’il vendrait ce bien, récupérerait l’argent et remonterait fissa en Alsace. Mais là, devant cette habitation, ses certitudes commençaient à vaciller. Il ne serait pas mal ici… Il arriverait bien à trouver quelques piges à faire dans un journal du coin. Il ne pensait plus au froid et à l’humidité. Pour la première fois, il tenta d’imaginer cette tante inconnue qui vivait là. Il allait se décider à saisir la clé permettant d’entrer, lorsqu’il entendit une voix l’interpeller : — Vous êtes agent immobilier ? Il se retourna et découvrit un homme accoudé au portail. Il s’agissait d’un agriculteur vêtu d’une combinaison verte recouverte d’un gilet sans manches imitant une peau de mouton. Peut-être était-ce même une véritable peau de bête. Un bonnet informe aux couleurs indéfinissables recouvrait une partie de sa tête rougie par le froid, l’abus de charcuterie et le mauvais vin. Il portait des bottes de caoutchouc, également vertes mais maculées d’éclaboussures de bouse de vache. “Il n’y a que deux maisons aux Gueyes. Et vu que le Lyonnais n’est pas mort, c’est de la Viviane que vous héritez… Méfiez-vous du Lyonnais.” Il y avait fort à parier que Ludovic se trouvait face au fameux Lyonnais. Lyon était une belle ville, mais le problème de pas mal de ses habitants était de vouloir ressembler aux monuments fastueux de la capitale des Gaules. L’homme qui venait de l’accoster était plus facilement assimilable à un monument de crasse. Drôle de surnom, ce n’était peut-être pas lui. Il faudrait poser la question du pourquoi de ce sobriquet à la bistrotière… Dans l’expectative, Ludovic choisit la prudence. Il lança à son tour : — Et vous, Monsieur, vous êtes ?… — Claude Bonnet. J’habite la ferme en face. Tout en parlant, Bonnet avait ouvert le portail et se dirigeait vers Ludovic. Il le toisait tout en avançant, comme s’il jaugeait une vache. Arrivé à la hauteur du jeune homme, il lui tendit une main calleuse et reprit : — Je dis ça à cause de la tenue… Vous êtes pas un gars du coin, ça se voit ! Par contre, la voiture, elle est à vous ? — Oui. — Immatriculée 67, c’est où, ça ? — En Alsace. — Oui, c’est bizarre ça, pour un agent immobilier… Je me disais aussi que votre accent… ça faisait un peu Allemand. — Bien Monsieur, vous pouvez me dire ce que vous voulez ? — Oh, rien… Je bricole dans ma cour et je vous vois entrer chez la Viviane… Alors je me suis dit… — Regardez, j’ai les clés, tout va bien. Je ne suis pas un cambrioleur ! — Enfin, si vous êtes une agence… Moi, je suis bien pour vous l’acheter la maison à la Viviane… Surtout que vous trouverez personne d’autre ! — Ah bon ? Et pourquoi ça ? — Je voudrais bien vous y voir moi… avec une ferme en face ! Les bêtes, les mouches en été, l’odeur d’ensilage… Surtout que je compte faire du chou ce printemps dans le champ derrière… — Vous y vivez bien ici, vous ? — C’est pas pareil. Je suis d’ici moi. J’y suis né dans cette ferme… — Bon écoutez, on verra. Pour le moment, elle n’est pas à vendre cette maison. Je suis le neveu de Viviane. Et je vais habiter là. — Mais la Viviane elle avait pas de nev… — Vous ne voulez pas voir mes papiers quand même ? — Non non, excusez-moi… Enfin, si vous avez besoin de quelque chose… On a du lait, des œufs, de la charcuterie… — Pourquoi pas ? Mais pour le moment, excusez-moi, il ne fait pas chaud. Je rentre. À une autre fois. Ludovic poussa la porte sous le regard inquisiteur de Bonnet. Il referma sèchement et tira le verrou. Il ne s’était pas fait un ami, mais il s’en foutait comme de sa première chemise. Pour l’heure, ses préoccupations étaient tout autres. Il faisait un froid de canard dans la maison. Après avoir ouvert un volet, il constata, en observant les radiateurs, qu’il y avait un chauffage central. Ludovic s’y entendait dans certains domaines, comme la conduite d’une interview ou les parties de vert-de-gris. Mais il était incapable de mettre une chaudière en route. Il aurait fallu commencer par trouver la chaudière… Apercevant une cheminée et quelques bûches posées à côté, il entreprit de faire du feu. Par chance, le tirage était bon et le bois bien sec. Rapidement, de belles flammes apportèrent chaleur et clarté dans la pièce. Il finit d’ouvrir les volets et fit un rapide tour du propriétaire. La maisonnette était propre comme un sou neuf. La tante devait être un peu maniaque. Il déambula un moment, saisissant un objet de temps à autre, l’observant et le reposant. Il fut surpris de découvrir une étagère garnie de coupes et de médailles diverses. Les étiquettes qui y étaient apposées mentionnaient des lieux et des dates. Certaines étaient récentes, d’autres remontaient aux années soixante. La tante faisait du sport… Elle ne devait pourtant pas être toute jeune. Le frigo était presque vide. Il jeta une assiette garnie de riz et d’un bout de viande à la poubelle et fit rapidement l’inventaire. La tante mangeait bio… Lait de soja, quenelles bio, lentilles bio. Il trouva quand même une boîte d’Apéricubes et deux ou trois bières. Bio, les bières, évidemment. Il se cala dans un fauteuil près de la cheminée, but, fuma une clope et grignota des bouts de fromage. Il n’avait pas mangé depuis son départ de Strasbourg aux aurores. Il n’y avait pas un cendrier dans la maison, bien entendu. Le foyer remplit cet office. Parfois, il se levait pour ajouter du bois, ou pour remettre les bûches incandescentes en place. Il se mit à feuilleter d’épais albums de photos qu’il avait trouvés dans la chambre. Il était quand même temps d’en savoir un peu plus sur sa tante. À sa grande surprise, les albums ne contenaient que des clichés de… majorettes. Une femme d’une soixantaine d’années était souvent présente dans les photos de groupe. Viviane Sallarue, sa tante, probablement. D’où les coupes et les médailles… Il réfléchit un instant. Il fallait qu’il parle à quelqu’un. Il ne pouvait compter sur le Lyonnais et la veuve de Jojo. Qui était Viviane, comment était-elle morte ? Le Lyonnais n’avait pas eu un mot de condoléance. Il faut dire qu’il ne lui en avait pas donné l’occasion. Elle devait aller chez les commerçants, chez le médecin, chez le coiffeur. Mais peut-être pas ici, à Latourbière… Il se releva pour fouiner encore un peu. Après avoir extrait d’un tiroir un épais dossier contenant les documents personnels de sa tante il retourna près de l’âtre. Il apprit que Viviane était née le douze septembre 1945. Il en conclut qu’elle était un pur produit du baby-boom, mais que, surtout, l’âge correspondait à celui de la femme photographiée avec les majorettes. Il trouva également des ordonnances. Viviane Sallarue avait un peu de cholestérol et de tension. Son médecin officiait à St-Genest-Malifaux. Ludovic avait lu sur les panneaux indicateurs que ce n’était pas très loin. Il garnit le foyer avec abondance, fourra l’ordonnance dans la poche de sa vareuse et ressortit. Le brouillard semblait vouloir se lever un peu. La route conduisant à St-Genest traversait le même paysage, un plateau culminant à mille deux cents mètres d’altitude. La région était agricole et plus on approchait de St-Genest, plus les champs de choux succédaient aux prairies… qui succédaient aux champs de choux. On distinguait de petits amas de neige dans les coins qui restaient ombragés à longueur de journée. Neige, vent, brouillard, verglas… La région ne devait pas être bien rigolote lorsque l’hiver battait son plein ! Ludovic se gara à l’entrée du bourg. St-Genest-Malifaux semblait être un village plus important que Latourbière. Sans doute le chef-lieu de canton. Il entra dans un tabac-presse où une jeune femme sympathique lui servit un paquet de cigarettes et L’Humanité du jour. Elle lui indiqua comment se rendre chez le docteur Bouchet. C’était juste à côté, il pouvait y aller à pied. Le médecin recevait sans rendez-vous l’après-midi. Ludovic constata que huit personnes attendaient. La pièce n’était chauffée que par un petit radiateur électrique qui attirait tous les patients. Il opta pour l’espace au risque de prendre froid. Il s’installa sur un fauteuil de jardin en plastique faisant face aux huit malades qui tentaient de se réchauffer. L’avantage, chez ce toubib, était qu’on savait rapidement de quoi on souffrait : d’une bonne crève. Sur une table basse étaient étalés quelques exemplaires de Figaro Madame, de Femme Actuelle et de Paris Match. Quelques revues pour gamins, déchiquetées, se gondolaient parmi eux. Ludovic déplia son propre journal sous le regard méfiant des patients. Ça ne devait pas voter bien à gauche dans ce patelin ! Ludovic lisait l’Huma non pas parce qu’il était communiste, mais parce qu’on trouvait dans ce journal des articles décalés par rapport au matraquage médiatique habituel. Le mercredi il achetait le Canard enchaîné. Les gros titres du jour étaient centrés sur les propositions des candidats à l’élection présidentielle qui approchait. Il ne s’y attarda pas et se concentra sur des chroniques plus discrètes. Qui, en dehors des lecteurs de l’Huma, savait que le 11 février 1957, Fernand Iveton, accusé de terrorisme, avait été guillotiné après que sa grâce fut refusée par le gouvernement de Guy Mollet ? Qui se souciait encore de cet homme dont le souhait était de voir l’Algérie devenir indépendante ? Ludovic regarda ses compagnons d’attente. Eux s’en foutaient. Un petit trapu lisait une revue dont le gros titre en première page était “Pourquoi les hommes préfèrent les rondes”. Sûr qu’avec sa tête de poivrot, cet abruti n’était pas près d’y entrer, dans la ronde ! Une bonne femme d’une cinquantaine d’années ricanait, un mouchoir souillé dans une main, le Figaro Madame dans l’autre. Il y avait de quoi, Sigourney Weaver, en première page avouait “J’aime l’idée de ne pas être parfaite”. Trois patients étaient passés. Plus que cinq avant lui. La salle ne désemplissait pas, aussi le jeu des premiers arrivés pour se rapprocher du radiateur était-il amusant à observer. On faisait semblant de se faire des politesses, mais on n’en décalait pas moins son derrière à la moindre occasion. Il n’aurait plus manqué qu’un nouveau ne s’empare des bonnes places, non mais ! Ludo remonta son col de vareuse et se plongea dans ses réflexions après avoir relu l’article consacré à Fernand Iveton, héros oublié. Il endosserait bien ce rôle. C’était pour cela qu’il s’était lancé dans le journalisme. Mais il avait bien compris que s’il voulait en vivre il valait mieux être consensuel et surfer sur les modes. C’était peut-être pour ça qu’il décrochait peu à peu. Et si cet héritage tombé du ciel lui permettait de mener à bien un projet fou ? Un projet qui venait tout juste de germer : monter sa propre feuille de chou indépendante… Si les CRS venaient saisir son matériel, aux Gueyes, il aurait la matière première à portée de fourche : pas besoin d’aller déverser un tombereau de f****r en préfecture. Le Lyonnais en avait à revendre ! — C’est à qui ? Sentant que les regards convergeaient vers lui, Ludo comprit que son tour était venu et se leva dans l’indifférence générale. Sa place n’intéressait personne. Il jeta un dernier regard vers son siège et y déchiffra, gravé maladroitement sur le dossier en plastique : “J’aime les femmes.” Tout n’était pas perdu ! Le docteur Bouchet ressemblait à l’idée que Ludovic se faisait d’un médecin de campagne. Veste de velours, cheveux courts, regard décidé, une cinquantaine d’années. Son cabinet était rangé méthodiquement et bien chauffé, lui. — Asseyez-vous, je ne crois pas que l’on se connaisse ? s’enquit le médecin. — Non, je ne suis pas d’ici… comme mon accent doit vous le laisser supposer ! — Ah ! Ça va être compliqué avec ces histoires de papiers… Comme je ne suis pas votre médecin traitant. À moins que vous ne vous installiez par ici de manière définitive ? Et si c’était un signe ? S’il restait là ? Il se sentait bien, face à cet homme rassurant. Le toubib lui rappelait celui qui venait à la maison quand sa mère était de ce monde. Il avait sa carte vitale sur lui… — Je ne sais pas encore si je vais rester… — Bien. Qu’est-ce qui vous amène ? — Ma tante. Viviane Sallarue. Vous la soigniez, je crois. Ludovic posa l’ordonnance sur le bureau. Bouchet l’ignora et fixa le jeune homme un instant avant de reprendre : — J’ignorais que Madame Sallarue avait de la famille… Mais oui, il y a bien un petit air… Je vous présente mes condoléances. — Merci, Docteur. — Et qu’est-ce que vous attendez de moi ? Parce que vous avez vu, la salle d’attente est pleine. La grippe arrive, la gastro n’est pas terminée… — Juste quelques mots ! Je débarque ici, je ne connaissais pas ma tante. En fait, j’ignorais également que j’avais une tante. — Et… encouragea le médecin qui souhaitait abréger l’entretien. — Et j’aimerais savoir… de quoi elle est morte. — Ah… On ne vous a pas dit… Une mort stupide. Comme souvent. Votre tante s’est noyée dans une tourbière. — Noyée dans une quoi ? — Dans une tourbière. Vous ne savez pas ce que c’est ? Une sorte de prairie gorgée d’eau. Votre tante est tombée, face contre le sol. Sa chute a sans doute provoqué un étourdissement et elle s’est noyée. — C’est vous qui avez constaté le décès ? — Tout à fait. Puis il y a eu enquête, autopsie et tout le toutim. On a retrouvé de l’eau dans les poumons, la cause de la mort est certaine. Noyade. — Mais que peut-on aller faire dans une tourbière ? C’est arrivé quand ? — Eh bien… Il n’y a rien à faire dans une tourbière. À part pour les scientifiques qui étudient ce microcosme particulier. Et c’est arrivé… Le… On m’a appelé un lundi matin… La mort est intervenue le dimanche soir. Ou dans la nuit du dimanche au lundi, plus probablement. Entre le 21 et le 22 janvier. Voilà, je ne peux pas vous en dire plus… Mais la gendarmerie est juste au-dessus. — Je vous remercie Docteur. Ah, avant de partir, si je reste ici… Qu’est-ce qu’il faut comme papiers pour cette histoire de médecin traitant ? — Tenez, prenez ce formulaire, lança Bouchet en tirant une feuille d’un épais dossier. Un nouveau patient, ça changera un peu. Même si je vous souhaite d’avoir le moins possible affaire à moi ! — Oh vous savez, ce n’est pas parce que je suis Alsacien que j’ai des maladies exotiques. Moi, c’est grippe et gastro, comme tout le monde. Le docteur Bouchet semblait moins pressé de passer au patient suivant. Besoin d’une petite pause peut-être. Alors que Ludovic allait prendre congé, il relança la conversation. — J’imagine que vous résidez chez votre tante, à Latourbière ? — Oui, tout à fait. — Drôle de village… — Qu’est-ce que vous voulez dire ? — Ils ne font rien comme les autres, là-bas. Les noms de rue… et même les maladies ! — Ils ont des maladies liées à la consanguinité ? — Non non, répondit le docteur en riant. Quoi que ce ne serait pas étonnant à force ! Avez-vous eu le temps de voir la fierté du village ? — Non… Je ne vois pas… — Le gymnase ! La salle Sergueï Bubka… — Qu’est-ce qu’il a ce gymnase ? — Il est immense, démesuré pour un village d’à peine deux milliers d’âmes. — Et quel est le rapport avec les maladies des Latourbiens ? — Toute la vie sociale du village est concentrée sur deux thématiques : le basket et les majorettes. Ils ont une super équipe, ils ont même joué au niveau national. Quant aux majorettes, elles sont de tous les matchs à domicile, elles font le spectacle à la mi-temps. Et je vous garantis qu’il y en a du monde aux matchs ! C’était d’ailleurs votre tante qui s’en occupait. Enfin bref, cet engouement très local génère ses propres traumatismes… — Entorses, doigts cassés, bâtons qui retombent sur la tête… — Oui, mais pas seulement, répondit Bouchet, soucieux. Tous les garçons veulent faire partie de l’équipe. Toutes les filles rêvent d’intégrer la troupe des majorettes. Résultat : maladie de Creutzfeldt Jakob peut-être liée aux hormones de croissance pour les uns, anorexie pour les autres. Il valait mieux ne pas être trop épaisse pour défiler dans la troupe de votre tante… Bien, ce n’est pas que je vous mets dehors, mais il faut que je retourne à mes ouailles ! Au plaisir de vous revoir ! Ludovic remonta la rue en sortant de chez le médecin. Il était près de dix-huit heures trente et la nuit tombait. Il avait prévu de passer à la banque mais il était maintenant trop tard. Il se dirigea vers la gendarmerie. Un gradé le reçut, lui présenta ses condoléances et ne lui apprit pas grand-chose de plus. L’enquête avait été rapidement menée. Viviane Sallarue était morte noyée dans une tourbière. Bien sûr, elle n’avait rien à y faire, de nuit qui plus est. Elle était en bonne santé, le peu de tension et de cholestérol qu’elle avait ne pouvait être à l’origine d’un quelconque malaise. Mais l’adjudant indiqua que le corps avait été découvert par une classe de jeunes élèves qui avaient piétiné les lieux. Aucune recherche de traces d’un éventuel agresseur n’était possible. Viviane Sallarue ne portant pas de traces de coups, l’affaire avait été classée. Ludovic n’insista pas. Il fit quelques courses dans une épicerie et se résigna à retourner à Latourbière. Il avait besoin de réfléchir. À son avenir, mais aussi à cet étrange décès. Il frissonna en pensant que le feu devait être éteint. * * *
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