53Milo Barsac pressa le pas en arrivant dans le quartier Pigalle. – Dépêche-toi emmerdeuse ! maugréa-t-il en flinguant du regard la femelle cocker qui s’obstinait à vouloir fureter dans les moindres recoins du trottoir. Milo ralentit sa cadence en constatant avec satisfaction que la boutique d’instruments de musique était encore ouverte. Il huma avec plaisir l’odeur si particulière de ce type de magasins, constituée d’un mélange d’essences de bois, de caoutchouc et d’électronique surchauffée. Le vendeur (genre métalleux maigrichon et à la peau pâle comme une endive) lui fit un accueil des plus chaleureux de derrière son comptoir. – Ça va fermer ! Le policier manifesta alors sa mauvaise humeur. – Ouais, mais à moins que vous ayez l’intention de me jeter dehors manu militari, ce que je


