54À l’approche de Melun, Carole Magnan avançait les yeux dans le vague, avec la démarche raide d’un automate prêt à chuter au moindre faux pas. Bien qu’assoiffée, affamée et fatiguée, elle se savait tout près de son but et plus rien d’autre ne comptait. Une fois chez elle, elle se dit qu’elle aurait tout le loisir de se restaurer. Même une simple boîte de conserve et un verre d’eau du robinet feraient l’affaire pour calmer son estomac vide. Puis, elle se voyait s’allonger longuement dans un bon bain moussant avant de partir à la recherche d’explications sur ce qui lui était arrivé. D’autres souvenirs s’étaient d’ailleurs reconstitués dans sa tête. L’homme du train, par exemple. C’était bien son mari. De toute évidence. Elle visualisait le visage d’un individu qu’elle n’avait jamais vraime


