Clara Je serre doucement ma fille contre moi, ce petit corps chaud et fragile qui dort sans souci, ignorant les déchirures de ce monde que je quitte encore une fois, mais cette fois, c’est pour de bon, ou du moins, je l’espère. Je descends les escaliers sans bruit, les murs semblent retenir leur souffle, comme s’ils savaient ce qui se trame, je fuis les regards, les mots non dits, les blessures invisibles qui saignent sans cicatrice, je pousse doucement la porte, sens l’air froid de la nuit glisser sur ma peau nue, cette fraîcheur comme une caresse cruelle qui me rappelle que je suis bien vivante malgré tout. Je ferme la porte derrière moi sans un bruit, et puis je marche dans la nuit, l’obscurité douce comme un voile protecteur, un manteau qui m’enveloppe et me cache, jusqu’à la maison d


