3

714 Mots
Camille reprend sa marche comme si elle venait de m'annoncer que je passais un entretien avec n'importe quel employé du cabinet. — Ne vous inquiétez pas, vous trouverez sûrement un travail dans les hôtels du coin. Ils cherchent souvent des serveuses. Je m'arrête presque de marcher. Pardon ? Je la regarde, persuadée d'avoir mal entendu. — Euh... quoi ? Elle continue d'avancer sans même ralentir. Je comprends alors qu'elle a lu mon CV, mais qu'elle a surtout vu que ma seule expérience professionnelle, c'était d'avoir été serveuse. Nous arrivons finalement devant une grande porte en bois sombre. Elle pose la main sur la poignée, puis se tourne vers moi. — J'ai jeté un coup d'œil à votre CV. Je ne comprends pas vraiment pourquoi on vous a appelée pour un entretien, mais bon... je ne suis que l'assistante ici. Elle hausse légèrement les épaules. — Bon courage. Je reste silencieuse. Je ne sais même pas quoi répondre à ça. Je la regarde quelques secondes, complètement abasourdie, puis elle ouvre la porte. J'hésite une fraction de seconde avant d'entrer. Une fois à l'intérieur, elle referme la porte derrière moi sans même annoncer ma présence. Le silence qui suit est presque gênant. Je reste là, debout, avec mon sac à la main, sans savoir si je dois avancer ou attendre. Je prends une petite inspiration. C'est à ce moment-là qu'une odeur douce et légèrement boisée vient me chatouiller les narines. Du musc, peut-être. Une odeur discrète, mais suffisamment présente pour que je la remarque immédiatement. J'avance de quelques pas. Mon cœur commence à battre un peu plus vite. Puis j'entends une voix. Une voix masculine. Grave. Très grave. Je m'arrête. — Asseyez-vous, je vous en prie, Mademoiselle Wells. Son accent italien est tellement prononcé que, pendant une seconde, j'oublie presque pourquoi je suis là. Je relève lentement les yeux. Et je le vois. Et je le vois. Pendant quelques secondes, je reste complètement immobile. Je savais à quoi il ressemblait. J'avais vu ses photos. Mais aucune photo ne m'avait préparée à ça. Il est brun. Ses cheveux sont noirs, épais, parfaitement coiffés, mais sans donner l'impression qu'il a passé une heure devant un miroir. Sa peau, étonnamment claire, contraste avec ses cheveux et accentue encore davantage la couleur de ses yeux. Ses yeux... Je crois que c'est la première chose que je remarque vraiment. Ils sont bleus, mais pas le bleu ordinaire que j'avais vu des centaines de fois. C'est un bleu difficile à décrire, presque irréel. Un mélange de bleu profond et de quelque chose de plus clair, comme si la lumière changeait leur couleur à chaque fois qu'il bougeait. Je reste quelques secondes à les regarder avant de réaliser que je suis littéralement en train de fixer mon futur potentiel employeur. Je détourne rapidement les yeux. Super, Amy. Très professionnel. Je remarque ensuite sa carrure. Il est grand, et visiblement musclé. Pas le genre de muscles qui donnent l'impression qu'il passe ses journées à la salle de sport, mais juste assez pour que sa chemise laisse deviner des épaules larges et un torse solide. Il porte une chemise bleue, légèrement ajustée, avec un pantalon noir parfaitement coupé. Rien d'extravagant. Tout est simple, sobre, mais sur lui, ça devient presque indécent. Je déglutis. Pourquoi est-ce qu'une simple chemise bleue peut avoir cet effet-là ? Je remonte malgré moi les yeux vers son visage. Sa mâchoire est marquée et recouverte d'une barbe de trois jours, assez fournie pour lui donner un air encore plus masculin. Elle encadre parfaitement son visage et lui donne quelque chose de... dur. Imposant. Je ne sais pas si c'est son regard, sa posture ou simplement sa présence, mais j'ai soudain l'impression que la pièce est devenue beaucoup plus petite. Puis il se lève légèrement pour désigner le fauteuil devant son bureau. Et je remarque son sourire. Ses dents sont parfaitement blanches et alignées. Un sourire rare, j'imagine, parce qu'il disparaît presque aussitôt. Mon cœur fait encore une chose étrange. Je commence sérieusement à me demander si je vais réussir à parler normalement pendant cet entretien. Parce que, pour être honnête, depuis que je suis entrée dans cette pièce, je n'ai toujours pas réussi à penser à autre chose qu'à une seule chose. Cet homme est beaucoup, beaucoup plus impressionnant en vrai.
Lecture gratuite pour les nouveaux utilisateurs
Scanner pour télécharger l’application
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Écrivain
  • chap_listCatalogue
  • likeAJOUTER