Une fois arrivés au restaurant, on nous installa près d’une grande fenêtre. L’endroit était simple mais chaleureux, un coin discret qui convenait parfaitement.
— Alors, tu comptes me faire visiter tous les restaurants de la ville ? lançai-je, amusée.
Il me regarda avec ce sourire… ce sourire qui, à chaque fois, me faisait perdre mes moyens.
— Pourquoi pas ? répondit-il calmement. Comme ça, j’aurai le plaisir d’apprendre à mieux te connaître… beaucoup, beaucoup plus.
Je baissai légèrement les yeux, incapable de soutenir son regard trop longtemps.
— Et que dirait ta fiancée si elle te voyait avec une autre ? demandai-je d’une voix plus sèche que prévu.
— On est amis. Que pourrait-elle dire d’une simple amie ?
Si seulement il pouvait lire dans mes pensées… il saurait que je voulais tellement plus que cette soi-disant amitié.
— Et si tu te trompais ? rétorquai-je.
— Je ne me trompe jamais.
— C’est ce que tu crois. Alors dis-moi… pourquoi ai-je accepté de venir dîner avec toi ?
— Cette réponse, je te la donnerai dans deux mois.
— Deux mois ? Pourquoi deux mois ?
— Parce que dans deux mois, notre relation aura évolué. On aura une complicité qui parlera d’elle-même.
Sa réponse n’était pas celle que j’espérais, mais… j’étais prête à attendre.
Je levai mon verre. — Alors, à ces deux mois.
— À nous, dans deux mois, souffla-t-il.
Il but une gorgée de son verre sans me quitter des yeux. Ce simple geste m’excita au point de me donner des frissons. Il avait une telle emprise sur moi que j’avais l’impression de fondre sur place. Pourquoi lui ? Pourquoi maintenant ?
Après une heure à discuter de tout et de rien, nous étions devant la porte de mon appartement, riant encore à gorge déployée.
— Chut… on va réveiller les voisins, murmurais-je en riant.
Je tentai d’ouvrir la porte, maladroite avec mes clés, puis finis par y parvenir.
— Merci pour cette soirée, Will. C’était… incroyable. Ça faisait longtemps que je ne m’étais pas autant amusée.
— Mais de rien, répondit-il simplement.
Je marquai une pause, hésitante, avant de lâcher :
— Tu veux entrer prendre un dernier verre ?
Moi, si disciplinée d’ordinaire… Anaïs m’aurait sûrement traitée de folle en m’entendant proposer ça.
— J’ai peur de ne plus m’arrêter et de rester dormir chez toi, souffla-t-il.
— Ce ne serait pas si grave… Depuis quand est-ce un crime de dormir chez une amie ?
— Ce serait grave, répliqua-t-il, parce que je ne pourrais plus me contrôler. Tu es tellement belle… surtout avec cette robe.
Avant même que j’aie le temps de répondre, il m’embrassa. Un b****r fougueux, passionné, presque brutal. Mon corps entier s’embrasa. C’était comme si je m’étais enfin libérée d’un poids que je portais depuis des semaines. Ce b****r, je l’avais imaginé, désiré, attendu. Et il dépassait tout ce que j’avais pu rêver.
Mais soudain, il se recula. Son souffle était court, son regard troublé.
— Excuse-moi…
Il fit un pas en arrière, puis s’éloigna vers l’ascenseur, comme s’il venait de commettre une erreur irréparable. Moi, je restai là, le cœur battant à tout rompre, encore ivre de ce b****r.
Je refermai la porte derrière moi, retirai mes talons et m’affalai sur le canapé, un sourire étirant mes lèvres. Peu importait ses hésitations, sa fiancée, ou cette barrière qu’il essayait de maintenir. J’avais fait un pas énorme ce soir.
Sous la douche, l’eau chaude ruisselant sur ma peau, je repensais à ce b****r. J’en voulais plus. J’avais besoin de lui. Pourquoi ? Je ne savais pas. Peut-être que j’aurais dû écouter Anaïs. Peut-être que je devrais tout arrêter, reprendre le cours normal de ma vie… Mais au fond, je savais déjà que c’était trop tard.