6 Le Mistral s’est levé. Ses puissantes rafales ont chassé les rares nuages qui osaient le défier. Avant de sortir, Faustine de Souleyrand traverse le jardin d’hiver et jette un rapide coup d’œil en direction de ses hôtes. Tout est en ordre. Ils sont si bien là, à l’abri, jamais lassés de contempler le sublime paysage qui s’offre à leurs yeux : les Hollandais sur leurs chaises longues ; le couple d’Allemands qui reviennent chaque année, les yeux rivés sur la Croix de Provence qu’ils doivent maintenant se contenter d’admirer de loin, désormais trop âgés pour grimper là-haut ; et même la vieille Anglaise qui habite à deux pas, mais vient tous les jours prendre le thé ici, face à Sainte-Victoire dont la masse blanche se découpe en majesté dans le bleu profond du ciel, ancrée dans les terres


