Au-delà de la vengeance
Chapitre VI : Le sang coulera
Partie cinq
«Au clair de la lune, prête moi ta kalash. Il faut que j'en allume, envie de faire un carnage.»
Jennah
On présente nos pass à l'entrée puis nous entrons dans l'immense demeure. Elle était luxueuse, pour être pété de thunes celui-là il l'était vraiment et pas seulement qu'à moitié.
Tous les hommes étaient des riches hommes d'affaires qui claquaient leur oseille une fois par an à une débile soirée masquée dans des enchères à la c*n pour sois disant «les enfants mourrant de faim en Afrique». La vérité c'est que l'organisateur -qui n'est autre que ma victime- gardait l'argent pour lui. Il mérite peut-être encore plus sa mort rien que pour ça.
-Kamel : L'oseille c'est pas ce qui lui manque.
-Moi : Il a conçu sa propre boîte après que le réseau ait été abattu. Sa femme est avocate et l'argent des enchères il le garde. Ça lui fait au moins 500 000€ en une soirée seulement.
-Kamel : Quel fils de...
-La serveuse : Madame, monsieur, auriez vous l'honneur d'accepter une coupe de champagne ? Ou alors un simple jus de fruit ?
Kamel tourne sa tête vers moi en se moquant de la serveuse. Je roule des yeux en prenant deux verres et laisse la serveuse s'en aller.
-Kamel : en l'imitant, Madame, auriez vous l'immense gentillesse de me passer ce verre de doux liquide orné pétillant ?
-Moi : en riant, T'es vraiment c*n.
Je lui tend son verre qu'il boit le sourire en coin. Je bois mon jus de fruit d'une traite puis remets mon bras autour du sien.
-Kamel : On ferait un beau couple.
-Moi : Si tu l'dis.
-Kamel : Fais moi un bisou, dit-il en me tendant sa joue
-Moi : T'as cru j'étais en CP ?
-Kamel : Tu préfères me le faire sur la bouche ? demande t-il en souriant malicieusement
Je roule des yeux et lui dépose un b****r sur la joue histoire qu'il me laisse tranquille. Le maître de cette soirée, notre fameux Abdelkader prend un micro pour parler à tout le monde. Rien que de le voir, un sourire s*****e se dessine sur mes lèvres.
-Moi : C'est lui, murmurais-je à l'oreille de Kamel
-Abdelkader : Bonsoir à tous mesdames et messieurs et bienvenue à notre 5ème gala de charité annuelle. Je vous remercie d'être de plus en plus nombreux chaque année. Prenez place dans la salle des enchères je vous prie, nous allons commencer.
Ils obtempèrent et se dirigent dans la salle d'à côté. Une femme nous tend une pancarte à l'entrée avec inscrit 65 pour moi et 66 pour Kamel. On prend place puis les enchères débutent.
Des objets de valeurs défilent, je les trouve particulièrement moches mais les riches ont un goût bizarre à ce que je vois.
-Kamel : On s'emmerde, chuchote t-il
L'objet suivant est un tableau, la première offre est de 10 000€.
-? : 10 500 ! s'écrit un homme en levant sa pancarte
-Abdelkader : 10 500 pour monsieur qui dit mieux ?
-? : 11 100 !
-Abdelkader : 11 100 ? 11 100 une fois, 11 100 deux fois...
-Moi : 15 000 !
Kamel tourne directement la tête vers moi en ouvrant grand ses yeux.
-Moi : T'as dis qu'on s'emmerdait non ? chuchotais-je à Kamel
-Abdelkader : Eh bien, quelle audace ! 15 000€ pour la femme 65.
-Kamel : 20 000€ !
Tout le monde se retourne, choqué de l'offre de Kamel. Quand même, 20 000€ pour de la peinture moche.
-Abdelkader : C'est que nous avons des joueurs ce soir. 20 000€ une fois, 20 000€ deux fois, 20 000€ trois fois, adjugé vendu pour l'homme 66.
Je le regarde en souriant avant qu'il se rassoit et enroule mon bras autour du sien. Les enchères finis, les gens commencent peu à peu sortir. Notre plan peut alors commencer. Je fais un signe de tête à Kamel pour lui dire que ça commence puis nous nous séparons.
Je m'occupe d'aller dans le garage, là où se trouve le générateur d'électricité de la maison. Kamel qui est caché à l'intérieur me dira quand tout le monde est partit.
Une vingtaine de minutes plus tard, je reçois un message de sa part :
-Kamel : «Tout le monde est sortit, la daronne met les ti-peu au lit et lui est posé au salon.»
-Moi : «Ok je le fais.»
J'ouvre la boîte du générateur et coupe toute l'électricité de la maison. Je rabaisse ma cagoule sur mon visage et me précipite sous la voiture garée. Abdelkader devrait pas tarder à se pointer.
Quelques minutes après, il rentre dans le garage en soupirant, une lampe torche dans la bouche. J'attends qu'il soit de dos pour sortir de sous la voiture et passe ma main autour de sa gorge pour l'endormir puis, rallume le courant.
Je l'attrape pas les bras et le tire du mieux que je peux jusqu'au salon. Kamel avait déjà attaché sa femme qui était en train de lâcher un torrent de larmes. Sans m'en rendre compte, un sourire s*****e dessine mon visage.
On met Abdelkader sur une chaise et on lui attache les mains ainsi que les pieds. Au bout de trentes minutes il se réveille enfin, je commençais à perdre patience.
-Kamel : Bah enfin la Belle au bois dormant se réveille.
Kamel s'approche de lui et lui donne quelques petites gifles histoire qu'il reprenne ses esprits.
-Abdelkader : Vous êtes qui ? Pourquoi je suis attaché ? Vous voulez quoi ?!
-Moi : Tu poses trop de questions à la fois et j'ai pas franchement envie de te répondre gratuitement tu vois ? Donc on va jouer à un petit jeu.
Je fais un signe de tête à Kamel pour qu'il prenne son sac. Il sort un bocal remplit de vers.
-Moi : Pour chaque vers mangés, une réponse à une de tes questions, ça marche ? proposais-je en souriant malicieusement
Il fit une mine complètement dégoûté en voyant les vers mais se prête finalement au jeu. Il hoche la tête, Kamel ouvre le bocal avant de lui donner un vers qu'il s'empresse de mâcher.
Kamel lacha un cri de dégoût tandis que je ria à gorge déployée.
-Abdelkader : Qu'est-ce que vous nous voulez ?
-Moi : Qu'est-ce qu'on te veut à TOI ! Ta femme et tes gosses clairement on en a rien à foutre d'eux. Toi par contre...répondais-je dans un léger rictus
-Abdelkader : Pourquoi ?
-Kamel : Non non non, s'exclame t-il en lui montrant le bocal
Il en mange un deuxième et repose sa question.
-Moi : Il y a à peu près dix ans, tu étais un t********e au service du chef le plus respecté de Syrie. Vous deviez traquer une certaine Jade après la mort de son mari Hassan Ben Alia.
-Abdelkader : Et donc ?
-Moi : Vous l'avez séquestrez, battu et v***é pour une misérable petite puce, toi, dis-je en pointant mon doigt sur lui, toi je me rappelle de toi, oh que oui -rire nerveux- t'as a***é de moi aussi. Je n'avais que sept ans mais crois moi que cette scène horrible elle est resté là, conclus-je en tapant contre ma tempe
Kamel ne s'attendait pas à entendre cela, c'est une douleur que j'ai toujours gardé au fond de moi, je n'avais que sept ans, j'étais jeune et innocente. Je me sentais mal et j'ai dû grandir avec ce poids. Avec le temps je m'y suis fais, faut savoir se relever et avancer. C'était horrible pendant de très longues années. La haine a dépassé la souffrance.
Lui, mon agresseur, le visage qui m'a hanté tellement d'années il est aujourd'hui face à moi. Au fond ça se voit peut-être pas mais j'ai peur de lui, ça m'arrange que ce soit Kamel qui le tue parce que mes émotions auraient sûrement dépassées ma vengeance.
-Moi : Dommage pour toi, je suis une grosse s*****e alors crois moi, tu vas souffrir.
-Abdelkader : Écoute ça remonte à des années, j'étais jeune et insouciant. Je me rendais pas compte de ce que je faisais, prend tout ce que tu veux, argent tout ! Mais je t'en prie pardonne-moi et laisse nous tranquille.
Je ris légèrement et m'abaisse à son oreille.
-Moi : Surtout crie pas trop fort tu risques de réveiller les gosses.
J'attrape une batte de base-ball et lui assène un coup dans la jambe droite. Il lache un énorme cri de douleur et tombe de sa chaise.
-Moi : Tu vois ce que ça fait ? Tu vois ce que vous lui avez fais subir !
Je lui donne un second coup dans l'autre jambe et sa réaction est la même.
Prenez moi pour une folle je m'en fous mais qu'est-ce que ça me fait du bien.
-Moi : Alors ? dis-je à Kamel
-Kamel : Donne-moi ça.
«Au-delà de la vengeance.»