Suite chapitre XI

5000 Mots
Luka, qui s’entendaient mieux avec leur tante, qui les protégeaient contre les engueulades et fâcheries de leur père, ont juré sur la tombe de leur mère si elle était déjà morte qu’ils allaient se dresser contre leur père pour mettre vaille que vaille un terme à ce projet  de mariage, mais pour peu que Layla ne quittât pas la maison. Quand Le jardinier, Laura et la servante prirent congé de Mateo et sa fiancée, ils sont allés voir Layla pour la dissuader de ne pas partir.             Dès qu’ils furent leur entrée, elle s’en est prise à eux en croyant qu’ils sont venus l’aider à ramasser ses affaires. Mais Bruno lui coupa la parole et  dit :       — Ne t’emporte pas trop, madame Layla, le patron vient de regretter ce qui s’est passé. Laura et moi, nous l’avons convaincu d’annuler sa décision immature et irréfléchie.         —  C’est vrai, ma tante, mon père s’est trompé lourdement sur ton compte et il a mal agi. Je te demande d’excuser son attitude malveillante et de ne pas lui en tenir rigueur. Quant à Sophie, je te prie de ne pas lui en vouloir. Elle n’est pour rien dans ce malentendu. N’oublie jamais que, toi, tu représentes beaucoup de choses dans notre vie et nous t’en sommes redevables. Sans votre soutien, nous n’aurions jamais pu sortir seuls du bout du tunnel et nous remettre de nos peines  douloureuses. Alors laisse à Nora le soin d’arranger ta garde-robe et mettre de l’ordre dans cette chambre. Allons au salon, toi et moi et monsieur Bruno pour prendre quelques rafraîchissements et changer d’ambiance.             Layla, qui s’exécuta sans broncher, remercia sa nièce et le jardinier d’avoir intercédé en sa faveur et ajouta :      —  Si vous saviez, ma fille, combien je vous aime, vous me prendrez pour une vraie mère aimante et protectrice qui ne vous  souhaite rien de mal qu’une vie heureuse et remplie de joie et de gaieté. Moi, aussi, je me suis laissée emportée au point de ne pas pu apprivoiser mes émotions de colère et d’impulsion. A vrai dire, je me suis trompée et je n’aurais pas dû me comporter comme une écorchée vive qui se transforme dans un clin d’œil en une femme grincheuse et grossière. Si je vous ai déçus tous en agissant tout comme une personne loufoque et farfelue, ayez l’amabilité et la décence  de ne pas tenir compte de mes mauvais agissements. Sans trop tarder sur le fait de se faire du mauvais sang à propos de la relation entre Mateo et Layla ni critiquer ou commenter ce genre de scène de ménage, chacun se dirigea vers sa chambre et les choses se sont calmées.                                                XII                A la maison du fils des Louis, les préparatifs pour l’organisation de la  réception furent lancés depuis une semaine. Une grande tente bien ornée de l’intérieur fut dressée à l’air libre et  tout près de la piscine, des tapis rouges furent étalés sur le sol, des parasols tous neufs furent déployés sur le terrain gazonné, planté de tourniquets faisant des jets d’eau réguliers et tous azimuts au rythme du souffle qu’ils dégageaient.              Des paons de basse-cour, amenés pour l’occasion, se pavanaient dans le jardin. Dans un étang spacieux, aménagé à cet effet, des oies et des canards faisaient la nage synchronisée. Des cartes d’invitation portant le logo doré de la joaillerie furent envoyées à tous les  invités de marque.              Afin que la fête fût  à la hauteur des attentes du patron de la maison, le majordome Tony avait mobilisé tous les employés de la maison. Il avait déterminé à chacun le rôle et la mission qu’il devait accomplir. Une sorte de pavoisement symbolisant la grandeur et la particularité de cet événement a été mis en place.              Placé sous la responsabilité effective de Sophie, le personnel de Mateo, le traiteur le plus innovent, connu pour ses prestations complètes en matière d’organisation des événements et réceptions, a été déployé chez Milo.            Laura, qui devrait occuper le devant de la scène et être l’objet fascinant qui éblouirait tous les regards et en particulier celui de son futur fiancé, se faisait toute belle.            Avec l’aide de sa tante Layla, qui l’avait accompagnée au salon de coiffure et dans les magasins les plus chics, elle s’est acheté entre autres vêtements une robe de soirée rouge qui avait   transformé son look  en celui d’une princesse.           Avant l’arrivée des invités, Milo s’est rendu sur les lieux pour passer en revue tout le dispositif des musiciens, des tables, chaises et couverts et vérifier par la même occasion tout le travail de cuisine.          Sophie qui était là avec le majordome Tony alla à sa rencontre. Après l’avoir salué, elle engagea la conversation :   —  Que pensez-vous, monsieur Milo de notre travail ?   —  Votre travail est impeccable bien qu’il manque de quelques retouches qui sont du ressort de nos employés.   — Rassurez-vous, monsieur Milo, tout va s’arranger, dit le majordome qui se tenait d’aplomb devant son patron.    — Je l’espère, dit Milo. Je pense que nos employés ne manquent ni de tact ni de dextérité pour faire du bon travail.      —  C’est ce que j’ai remarqué dès mon arrivée ici, dit Sophie. Je ne peux rien ajouter que de féliciter le majordome Tony pour avoir veillé à la perfection de ce paysage paradisiaque et impressionnant.     — Aujourd’hui, c’est le grand jour de ma chance, dit Milo. Dans quelques heures, je vais rencontrer derechef mon âme sœur. Laura  mérite d’être reçue avec beaucoup d’égards.            Contrairement à Sophie qui savait d’ores et déjà de qui s’agissait-il, Tony qui n’a rien compris n’a pas hésité à poser à son patron la question de savoir qui était Laura.            Et Milo qui ne voulait rien cacher à son majordome dit :     — C’est la future maîtresse de maison qui va fouler aujourd’hui même et pour la première fois le sol de cette résidence.     — Je suis très heureux pour vous, patron, dit le majordome. C’est une bonne nouvelle. Cette grande maison a vraiment besoin d’enfants qui joueraient sur la pelouse en apportant de la joie et du bonheur.            Sans avoir répondu à Tony par des mots, Milo esquissa uniquement un sourire à son adresse et changea de sujet en lui disant :     —  Pour passer à autre chose, Tony, je pense qu’il est temps que tu te prépares, maintenant en présence de Sophie, à te tenir debout à l’entrée pour souhaiter la bienvenue à tous nos invités.     —  Entendu, patron, dit-il.     — Alors, Je vous laisse, dit Milo avant de se diriger vers  la niche de Rex, son chien de garde, qui se mit  à remuer sa queue en le voyant s’approcher de lui. Il vérifia en personne qu’il était bien attaché à sa laisse et le caressa quelques secondes au niveau de la gorge.           Avant de rentrer à la maison, il appela le jardinier et lui dit :     —  Ecoute Levin, tu sais très bien que notre chien est agressif et qu’il faut le surveiller de près pendant tout le déroulement de la réception. Alors, je t’invite à rester vigilant et ne pas baisser la garde.     —  Rassurez-vous, patron, je ne bougerai pas de cet endroit, dit le jardinier. Vous pouvez compter sur moi. Je vous promets que je m’occuperai de Rex en permanence.     —  Aujourd’hui est un jour spécial, dit Milo. Tu peux arrêter de travailler dès maintenant. Ce que tu dois faire également, c’est de rester en liaison à vue avec les vigiles pour empêcher toute intrusion à la maison.             Dès que les premiers arrivés firent leur apparition, Milo laissa le jardinier sur place et s’en alla prestement à leur rencontre. Laura, son père et sa tante Layla faisaient partie des  invités que le majordome Tony avait accueillis et placés dans les premiers rangs des invités de marque.             Après avoir salué tous ses convives, Milo prit place à côté de sa future fiancée qui était sur son trente et un et engagea avec elle la conversation.      —  Ma chérie, je suis très content de te recevoir chez moi et dans ta future résidence.       — Moi, aussi, je suis contente d’être là en pareille circonstance.          —  Et cette femme qui t’accompagne, c’est qui ? demanda-t-il à voix basse. .    —  C’est ma tante du côté de ma mère. Elle s’appelle Layla. C’est elle qui s’occupe de nous avant même que notre mère n’ait disparu.         —  Et que fait-elle en plus de cette charge ? demanda-t-il en jetant un coup d’œil  furtif qui attira tellement de soupçons chez Layla qu’elle se leva de sa chaise pour se joindre à eux et dire :        —  Qu’est ce que vous manigancez, monsieur, avec ma nièce en me regardant d’un air méfiant ? Dites-moi, ya-t-il un problème ?      —  Arrête, ma tante, tu t’es trompée d’adresse, dit Laura. Cet homme à qui tu t’adresses est bel et bien le patron de la maison. C’est mon futur époux.      —  Oui, madame, Laura dit vrai, ajouta Milo. Il y a peu de temps, je me suis entiché de ta nièce et j’ai l’intention de l’épouser très prochainement. J’espère que tu n’as aucune objection à ce sujet.       — Enchantée de te connaître, monsieur Milo, dit-elle. Ma nièce est une vraie cachotière. Elle m’a parlé de ce projet de mariage, mais d’une façon implicite. Laura est une fille très éduquée et, moi, en tant que sa tante, qui connait bien sa vraie valeur,  je te félicite d’avoir frappé à la bonne porte. Pour te le dire autrement, tu viens de gagner le gros lot.     —  C’est un plaisir de te connaître, madame, dit-il. Monsieur Mateo est l’un de mes entrepreneurs préférés que j’apprécie beaucoup. Le fait de me marier avec sa fille renforcera sûrement nos liens et permettra d’insuffler un nouveau souffle à toutes nos affaires.     — Je n’en doute pas, monsieur, dit Layla, qui s’empêcha d’évoquer d’une façon ou d’une autre le nom de Mateo et encore moins le genre de  relation qu’elle entretient avec lui.     —  Mateo a la chance d’avoir à ses côtés une femme de ton genre, qui l’aide à coltiner le fardeau de l’éducation des enfants tout seul.     —  Tout à fait, monsieur, dit-elle. Sans ma présence dans cette maison, les choses auraient pris une autre tournure. Sans doute, ma nièce m’est-elle redevable de tous les efforts que j’ai fournis  pour qu’elle soit arrivée à la sortie du tunnel si j’ose dire.     — Je t’en suis reconnaissante, ma tante, dit Laura. Je te promets que jamais, je n’oublierai tout ce que tu as fait pour mes frères et pour moi.     —  Alors, tu as des frères Laura, dit Milo.     —  Oui, j’en ai deux, Janis et Luka, dit Laura.     —   Et que font-ils alors ? demanda-t-il.     — Ils poursuivent leurs études au deuxième secondaire, répondit-elle. Mais ils sont un peu dissipés et n’accordent pas plus d’importance aux matières enseignées. C’est pour cela que leurs résultats ne sont pas satisfaisants.     —  C’est vrai, ajouta Layla, ces deux garçons sont un peu rétifs et difficiles et ils ont besoin d’un suivi permanent, sinon ils ne vont pas s’améliorer. En me déchargeant de la responsabilité de les talonner, je ne sais pour quelle raison, Mateo a commis une erreur monumentale au moment où il a cru bon que sa secrétaire, qui passe tout son temps à suivre les employés et à contrôler leur travail, pourrait me remplacer dans cette tâche.     —  Sophie est une secrétaire polyvalente, dit-il, et je ne pense pas, madame, qu’elle soit incapable de prendre en main la responsabilité de faire de ces garçons de meilleurs élèves. Mateo est quelqu’un d’intelligent, il voit plus loin que le bout de son nez. Excuse-moi, je ne peux pas partager ton point de vue.       — Je ne t’y oblige pas, monsieur, dit Layla. Vous les hommes, vous ne daignez pas écouter une opinion quand elle ne s’apparente pas à  la vôtre.        — Ne le prenez pas mal, madame, dit-il, ce n’est rien qu’une simple discussion. Profitons de ces moments de plaisir et divertissement et reléguons nos problèmes au second plan.             Après s’être excusé auprès de Laura et sa tante, Milo se leva de sa chaise et alla s’asseoir à côté de son futur beau père qui interprétait pour autant et à sa manière tous les gestes et paroles non perçues  de Layla.       —  Vous avez fini votre conversation tous les trois ? demanda Mateo.      —  Je n’ai pas pu parler seul à seul avec Laura. Votre sœur  s’est jointe à nous dès qu’elle nous a vus ensemble. Elle n’est pas au courant, m’a-t-elle dit, du type de relation que j’entretiens avec Laura.     —  Et vous lui avez expliqué de quoi s’agit-il ? demanda Mateo.      —  Oui, oui, bien sûr, répondit-il. Elle sait tout maintenant. Mais en parlant de tes enfants, elle m’a laissé entendre qu’elle n’était pas en bon terme avec Sophie. Est-ce que c’est vrai ?       —  C’est vrai, dit Mateo, et tu peux en déduire par toi-même les raisons.      —   Est-ce qu’elle est jalouse ? demanda Milo.       —  Absolument, répondit-il. Cette femme n’en finit pas de me donner du fil à retordre. Elle ne veut pas que je me marie avec Sophie. Elle me l’a dit expressément et à maintes reprises. Et sans me poser plus de questions à ce sujet, tu peux deviner la suite.       —  Je comprends où elle veut en venir, dit-il.      —  Moi, je n’avais pas l’intention de l’inviter à cette réception, mais Laura, qui intercéda en sa faveur, m’a prié de la laisser venir  avec elle.      —  Cela ne fait aucun mal de lui donner ce plaisir d’être parmi nous en pareille circonstance, dit Milo. Si tu te mets à te montrer si cruel à son endroit, elle ne pourra pas s’empêcher de te détester.      —  Je ressens qu’elle me porte un amour qu’elle croit inégalé, mais faute d’attirance mutuelle, il se transforme parfois en une haine  implacable que, moi qui reste indifférent et désintéressé, je ne prends pas au sérieux.       —  Je pense que le jour où tu seras marié avec Sophie, dit Milo, ta belle sœur acceptera le fait accompli et ses sentiments de rancœur et de jalousie à l’encontre de votre couple se dissiperont comme des nuages.      —  Moi, je pense le contraire, dit Mateo. Tant que cette femme vivra avec moi et Sophie sous le même toit, les choses pourront s’empirer du jour au lendemain.      —  Si c’est le cas, dit Milo, le mieux pour vous deux, Sophie et toi, sera de vous éloigner d’elle. Si jamais tu penses que c’est la meilleure solution, j’ai un appartement vacant que je pourrais mettre à votre disposition pour que vous puissiez vivre dans le calme et la sérénité.      —  J’ai peur que ce ne soit pas une solution de rechange des plus efficaces, dit Mateo. Vivre loin de mes deux garçons, qui ont encore besoin de moi, compliquera notre situation de famille.       — Moi, j’ai une suggestion, dit Milo. Puisque votre belle sœur ressent le besoin impérieux de se marier, on peut offrir à quelqu’un de nos employés l’opportunité de  la séduire. Je ne sais pas si vous en avez quelqu’un qui pourrait être disposé à la prendre comme épouse.      —  Notre jardinier est un homme honnête et sérieux, dit Mateo. A ce que je sache, il n’a jamais été marié. Je ne pense pas qu’il réfute l’idée de l’épouser. Contrairement au chauffeur, cet employé s’entend bien avec elle et à plusieurs reprises, je les vois ensemble et d’après leur attitude, je ne pourrais pas nier le fait qu’il existe entre eux un semblant d’intimité qui pourrait se traduire facilement en un vrai amour. Mais laisse-moi te dire, Milo, que ce n’est pas si facile de les inciter à se marier. Chacun d’eux peut avoir ses raisons de ne s’engager dans un tel projet de mariage et qui plus est, Layla ne voit rien d’important en cet homme qu’un simple jardinier. Ce faisant, je ne crois à aucune union éventuelle entre un homme et une femme qui n’ont absolument rien de commun. Le mieux pour moi est d’empêcher vaille que vaille cette femme de s’interposer entre Sophie et moi. Qu’elle se marie ou pas, ça ne doit pas  me poser  problème. L’amour que je ressens pour Sophie l’emporte sur toutes les entraves et obstacles.       —  Je crois que nous avons suffisamment parlé, dit Milo,  à propos de ce sujet. Allons  voir si tous nos invités sont là.     —   Ok, allons-y ! dit Mateo qui fit signe à sa fille pour qu’elle reste sur place.              Les deux hommes, qui commençaient à voir s’établir   entre eux de nouveaux liens de rapprochement spécifique, profitaient de ce genre d’occasion pour porter implicitement à la connaissance des familles ci-présentes l’avènement d’une nouvelle alliance qui connaîtra le jour par le mariage si proche de Laura.              Le majordome qui s’aperçut de leur arrivée, rectifia sa position en se mettant au garde-à-vous tel un soldat qui  s’apprêta à exécuter un ordre et dit :     —   Que puis-je pour vous, monsieur, dit-il à son patron.      — Je veux savoir si tous nos invités sont déjà arrivés et que tout est prêt pour pouvoir commencer la fête.      — Je ne pense pas, monsieur, dit-il, qu’il va y avoir des retardataires. Tous ceux qui figurent sur cette liste sont déjà là. Je n’attends que vos ordres pour faire ouvrir le ban.     — Qu’en penses-tu, monsieur Mateo ? demanda Milo, qui voulut prendre son avis en considération.      — Si tout le monde est déjà là, le mieux est de passer à l’action, répondit Mateo.     —   Ok, allons-y ! dit-il.     — Messieurs-dames, votre attention, annonça une voix de femme. Monsieur Milo va vous adresser une harangue, veuillez l’écouter, s’il vous plaît.        « Bonsoir tout le monde. Chers amis, je suis très content de vous recevoir aujourd’hui, chez moi, dans cette maison remplie de chaleur humaine et de convivialité, pour vous souhaiter la bienvenue  à  cette réception organisée en votre honneur.            Avant de vous laisser vous imprégner du spectacle de ce soir et goûter aux délices de cette ambiance festive, j’aimerais vous présenter ma future fiancée, Laura, qui n’est personne d’autre que la fille de monsieur Mateo, le traiteur réputé et  l’un de mes grands amis. »          « Mademoiselle Laura, dit la voix de femme, voudrais-tu aller prendre le micro ? »          « Bonsoir tout le monde, dit-elle. Messieurs-dames, je suis très contente que vous soyez tous là pour savourer et partager avec nous cette soirée de musique inspirante et pleine de variétés. Mon futur fiancé et moi, sommes très heureux de vivre avec vous  cette atmosphère hospitalière et galante. Amusez-vous bien. Merci.»            «Messieurs-dames, dit la voix de femme, vous avez maintenant rendez-vous avec la reine des stars du cabaret Les lys. Elle va se produire devant vous avec son groupe de musiciens invétérés qui va jouer des mélodies fantastiques et variées. Veuillez l’applaudir. Merci.»               Dès que le spectacle avait commencé, Laura, qui laissa sa tante en plan, se dirigea vers son futur fiancé. Milo lui faisait le tour des invités qui se sont scindés en petits groupes.               Plusieurs serveuses habillées, elles aussi, en fêtardes, plateaux argentés à la main, les uns garnis de coupes de champagne et de whiskey, les autres contenant toutes sortes de gâteaux au chocolat et pâtissiers, du soufflé, moelleux et fondant…Elle se faufilaient entre les groupes pour servir les convives, qui se régalaient, et leur souhaiter, avec un sourire béat à l’appui, la bienvenue.              La conversation bruyante, tenue par les uns et les autres,  autour de sujets variés, se noyait dans le mélange de son et de bruit strident et tapageur des instruments de musique.               Des volutes épaisses de fumée des cigarettes, allumées à coups de briquets dorés, se répandirent ça et là pour cacher dans la faible lueur des lumières tamisées, avant de se volatiliser dans le vide, les visages des couples grivois, soûls et grisés qui dansaient et s’embrassaient à volonté.             Au milieu de la scène, Laura et Milo, qui s’attendaient à vivre ce moment sensuel pour montrer leur amour mutuel, s’enlacèrent et se donnèrent de longs baisers.             Quand Sophie et Mateo, qui s’aimaient à la folie, faisaient pareil, Layla qui ne supportait pas leur enlacement, se résolut à quitter les lieux. Lorsqu’elle sortit de la maison, l’air dépité et chagriné, il était déjà tard et aucun taxi en maraude n’est venu dans sa direction pour la prendre.             Deux inconnus à bord d’une grosse cylindrée qui s’arrêta pile à ses pieds, la firent monter de force dans leur voiture et l’immobilisèrent en la droguant à l’aide d’une seringue. Dès qu’elle a perdu connaissance, les deux assaillants l’ont allongée dans un  coin sombre de la rue et ce, après l’avoir dépouillée de tous ses bijoux et d’une importante somme d’argent.  Quand elle s’est réveillée, elle s’est rendue compte que quelqu’un a a***é d’elle. Pour se situer, elle se leva nerveusement  et commença à progresser à pas lents. A peine avait-elle parcouru une vingtaine de mètre dans le noir, elle tomba au milieu d’une horde de clochards qui se jetèrent sur elle pour la v****r de nouveau.               En dépit des cris de peur lancés à haute voix, personne d’autre n’était là pour se porter à son secours, hormis un vieux bûcheron qui s’abritait à proximité de ces salopards entre les pans de murs d’une maison à moitié effondrée et abandonnée.              A son arrivée sur les lieux, ces malfaiteurs étaient en train de disputer leur tour comme des chiens affamés. Avant de pouvoir profiter de leur proie, le sauveur de fortune  les a chassés à coups de matraques et ils ont disparu au pas de course dans la nature.           — Dis donc, madame, que fais-tu là dans cet endroit dangereux ? demanda-t-il. Ne me dis pas que quelqu’un t’a abandonnée ici exprès.     —  Ecoute, monsieur, dit-elle, deux hommes m’ont amenée ici après avoir pris le temps de me délester de tous mes biens.     —   Est-ce que tu les connais ? demanda-t-il.     — Non, je ne les ai jamais vus auparavant. Ils étaient en voiture, expliqua-t-elle. Dès qu’ils m’ont forcée de monter dans le véhicule, ils m’ont droguée pour commettre leur crime. Est-ce que vous les connaissez, monsieur ?       —  Oui, je les connais de vue, répondit-il. Mais tu n’as pas intérêt à les dénoncer à la police. Ils sont des types dangereux qui n’ont pour cible que des gens riches qu’ils tuent sans la moindre pitié. Estime-toi heureuse de l’avoir échappée bel cette fois-ci. Viens avec moi, je vais prendre soin de toi et te protéger jusqu’au lever du jour. Fais-moi confiance, tu n’as rien à craindre. Le mal ne vient jamais du côté du bûcheron qui ne touche son gagne-pain que sur la sueur de son front.       —  Tu me surprends, monsieur, dit-elle. Comment tu sais que mes agresseurs sont exactement ceux que tu connais ?       —  Parce que je les vois souvent rôder par là tout comme  deux chiens errants, dit-il. Je sais aussi qu’à chaque fois qu’ils décident de tenter une action sur une personne isolée, ils la font avec une voiture volée d’un quelconque parking. S’il te plaît, ne me mets pas dans l’embarras, je ne suis pas en mesure d’entrer en conflit avec ces malfaiteurs. Si tu veux aller te plaindre au poste de police, ne me cite pas comme témoin oculaire parce qu’à vrai dire, je n’ai rien vu au moment de ton agression.        —  Rassure-toi, monsieur, dit-elle, je ne vais pas t’attirer des ennuis de quelque nature que ce soit. Mais dès demain, la police doit être mise au courant de mon agression et du vol perpétré contre ma personne. Ce que je te demande, c’est de me donner tes coordonnées habituelles pour que je puisse te récompenser pour m’avoir sauvée des mains de ces vautours qui voulaient tous ensemble abuser de moi.      —  Moi, en tant que bûcheron, je passe mon temps loin d’ici à ramasser du bois pour le vendre au village et je ne rentre que tard dans la nuit. Si jamais tu viens me chercher, tu risques de tomber entre les mains des délinquants. Demain, au lever du jour, tu prends un taxi et tu t’en vas d’ici. Ma récompense, c’est que tu rentres chez toi saine et sauve. Moi, je ne me suis porté à ton secours que de façon inconditionnelle  et ce genre d’acte venant de moi et qui vise ton salut, ne s*****d pas.      —  Maintenant, tu vas te reposer, dit-il, j’ai un matelas de plus et quelques couvertures qui te permettront de passer la nuit au chaud entre ces vieux pans de mur.      —  Je n’ai pas le choix, monsieur, ma vie commence à devenir un désastre depuis le jour où cette sainte nitouche est entrée dans la vie de mon beau frère.     —  Je ne comprends pas, madame ce que tu voulais dire, dit-il.     — Ne fais pas attention, monsieur, dit-elle. Je ne fais que  ressasser mes peines malgré moi, dit-elle.      —  Est-ce que je peux savoir ce qui te préoccupe tant pour que tu te mettes à le rabâcher ? demanda-t-il.     —  Ce qui me dérange n’a qu’une seule et unique solution, dit-elle.  Mais chaque chose en son temps.     —  Jusqu’à présent, je n’ai rien compris de tes souffrances, dit-il. Mais, à ce qu’il me paraît et d’après mes expériences dans la voyance et la chiromancie, tu dois avoir de sérieux problèmes avec toi-même. Pourquoi, diable, tu attaches tant d’importance à celui qui t’ignore ? Tu ne peux pas faire ta vie avec une personne qui ne t’aime pas et en plus de ça tu n’as aucun droit sur lui pour l’empêcher de chercher son bonheur. Ne t’as-tu jamais posé la question de savoir où pourra-tu  trouver  ta planche de salut pour sortir de cet imbroglio que tu t’es crée sans t’en rendre compte ?      — C’est vrai, monsieur, cet homme ne s’intéresse d’aucune façon à moi et encore moins à ma sœur, qui ne donne aucun signe de vie, dit-elle.          —  Ta sœur est bien vivante, dit-il. Mais tu ne peux pas la voir parce qu’elle est enfermée dans un endroit isolé. Celle dont tu as vu la silhouette n’est pas elle.      —  Et c’est qui alors ? demanda-t-elle, l’air crispé.      —  C’est son sosie, dit-il sans donner d’autres détails. Excuse-moi, j’ai des maux de tête et je ne peux plus continuer à percer l’inconnu.             Layla, qui s’est rendu compte qu’elle était en présence d’un voyant, n’a pas pu insister pour autant afin  d’en savoir plus sur les circonstances dans lesquelles sa sœur a disparu. Toutefois, elle remercia cet homme de l’avoir un peu éclairée et durant de vaines 
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