Suite chapitre XII

5000 Mots
réflexions sur le sujet, elle plongea dans un profond sommeil.                Laura, qui avait regretté l’absence de sa tante, quittant les lieux de la réception, profita de ces instants de complaisance et de plaisir et s’accrocha à son futur fiancé.               Milo, qui était aux anges, l’emmena à l’intérieur de la maison pour la lui faire visiter. Dès qu’ils entrèrent dans la chambre à coucher, ils se regardèrent, se sourirent, s’enlacèrent tendrement, avec amour et avec joie, échangèrent de longs baisers et quand ils s’allongèrent sur le lit, il lui fit des câlins, la caressa longuement en jouant plaisamment avec ses beaux seins. En passant ses mains sur tout son corps de mannequin, il effleura au passage ses points érotiques et sensibles, ses cheveux longs et soyeux, la complimenta sur sa beauté, son charme et sa mine radieuse et rayonnante.                 Quand Laura et son futur fiancé se relevèrent pour retourner à la réception, tous les invités étaient déjà partis et il ne restait sur place que les employés et serveurs. Les uns  balayaient toutes les saletés et tessons qui jonchaient le sol, les autres ramassaient les bouteilles de boissons alcoolisées vides et à moitié pleines, les couverts et les plateaux tandis que le reste des hommes s’occupaient à recharger chaises et tables dans leur camion.               Au moment où la réception prenait fin, le début d’une nouvelle vie d’un futur couple prenait effet. D’après les commentaires des uns et des autres, cette réception était une vraie réussite et occasion pour tous ces couples qui ont profité de cette opportunité pour raviver la flamme de leur amour et dépasser les mésententes cumulées tout au long de leur vie conjugale.              Layla était la seule perdante dans cette partie. Au lever du jour, elle rentra en catastrophe à la maison. Quand le jardinier la regarda, il constata qu’elle était triste et mélancolique et que ses vêtements étaient sales et mal arrangés. Sans pouvoir s’empêcher de lui demander ce qui était advenu d’elle, il lança à son adresse :   —  Je ne suis pas habitué à te voir dans cet état lamentable, veux-tu me dire ce qui t’est arrivé ?    —  Il m’est arrivé la pire des choses, dit-elle en s’efforçant de retenir ses larmes qui jaillirent pour autant sur ses joues.    —  C’est quoi alors ? demanda-t-il, l’air étonné.     — Deux inconnus m’ont agressée et dérobée au moment où j’avais quitté la fameuse réception pour rentrer à la maison, expliqua-t-elle. Cela s’est passé quand j’étais en train d’attendre l’arrivée d’un taxi qui pourra m’amener chez moi. Ces deux agresseurs m’ont droguée pour me délester de tous mes bijoux et de l’argent que j’avais sur moi. Et le comble du ridicule, c’est qu’ils m’ont abandonnée comme un vestige dans un coin sombre et rempli de clochards. Ce qui m’est arrivé était imprévisible et sans précédent et je ne suis pas d’humeur à te le raconter dans les moindres détails.     — Tu dois les dénoncer à la police, suggéra-t-il. Cette agression ne devra en aucun cas être passée sous silence.      — Et tu crois que la police est capable de les repérer ? demanda-t-elle.     — Bien sûr que je crois, dit-il. Ces malfaiteurs doivent être arrêtés  afin de payer pour tout ce qu’ils  t’ont fait.      — Et comment les policiers vont-il me croire en l’absence de la moindre preuve ? demanda-t-elle.     —  Tu n’as pas besoin de te poser un tas de questions, dit-il. L’essentiel, c’est que tu ailles faire ta déposition et ce le plus tôt possible. Si tu veux que je t’accompagne, je suis frais et dispos. Qu’en penses-tu ? A propos, tu ne m’as pas dit pourquoi est ce que tu as quitté la réception pour sortir toute seule dans la rue.     — Tout simplement parce que je n’ai pas pu supporter cette mascarade qui n’est pas faite pour moi, dit-elle.     — Ta jalousie finira par te tuer, crois-moi, dit-il. Comment tu te t’accordes le droit de qualifier cette réception de mascarade ? Ta façon de voir les choses relève d’un pur esprit antipathique qui te fera plus de mal. Alors, si tu veux retrouver la paix et la sérénité, tu as intérêt à changer de vision et d’attitude pour voir les choses de façon positive et sous un autre angle.     — Arrête de m’en vouloir, dit-elle, mon impulsivité ne me laisse pas toujours le temps de réfléchir à ce que je dois faire ou ne pas faire. Rester clouée sur une chaise comme une andouille sans que personne ne daigne m’adresser la parole, me rend mal en point et de ce fait, je ne supporte pas ce genre de situation inconfortable.       — Alors, si tu veux sauver ton honneur et permettre aux policiers de mettre le grappin dessus à ces criminels, allons tout de suite au commissariat de police et laisse-toi aller dans cet état pour leur prouver que tu as été bel et bien agressée.      —  Ok, tu as raison, dit-elle, il va falloir que j’y aille avec tous ces vêtements maculés de fange, ce visage barbouillé et ses cheveux enchevêtrés.             Après qu’elle a été convaincue de la nécessité de déposer plainte contre ses agresseurs,  Layla, accompagnée du jardinier de la maison, arriva au poste de police et demanda à voir monsieur Abel, l’inspecteur principal de la brigade criminelle, chargé de l’affaire de sa sœur et des appels anonymes passés par cet homme des cavernes.             Au vu de son état d’agression lamentable, le préposé au service lui accorda la priorité de le voir tout de suite. Dès qu’elle fit son apparition à son bureau, l’inspecteur s’indigna et lui demanda :        —  Qu’y a-t-il, madame ? Qui est ce qui t’a fait ça ?        —  Deux inconnus m’ont agressée la nuit passée.         —  Mais où ça et à quelle heure ? demanda-t-il.          —  Dans la rue et au milieu de la nuit lorsque j’étais en train d’attendre un taxi pour rentrer chez moi. Après m’avoir droguée et me délestée de tous mes bijoux et mon argent, ils m’ont abandonnée au milieu d’une b***e de clochards qui étaient sur le point de me faire du mal lorsqu’un bûcheron alerté par mes cris se lança à mon secours. Cet homme était généreux et plein d’empathie. Il m’a offert le gîte et le couvert et au lever du jour, j’ai quitté cet endroit sans l’avoir récompensé. Au cours de notre conversation, il s’est avéré que ce sauveur était un voyant.           —  Comment un voyant ? Explique-toi, dit-il.           — Au sujet de ma sœur, il m’a dit qu’elle était séquestrée dans un endroit isolé.          —  Et quoi d’autres ? dit-il d’un air ironique.          —  Il m’a déconseillée de dénoncer mes agresseurs, dit-elle.          —  Est-ce qu’il les connait ? demanda l’inspecteur.          — Il les connait de vue, dit-il. A ses yeux, ce sont des malfaiteurs très dangereux.          —  Est-ce que tu te rappelles l’endroit où vit ce bûcheron ? demanda l’inspecteur.         —  Oui, inspecteur, répondit-elle. Il se trouve à quelques lieues à la ronde.        —  Alors, il va falloir que tu nous accompagnes à cet endroit, dit l’inspecteur. Ton sauveur est l’élément clé dans cette affaire d’agression. Il peut nous donner des pistes pour arrêter les criminels et leur faire un procès. Tu n’es pas la seule à être agressée de cette manière. Plusieurs personnes de ton statut social et ayant le même âge que toi, sont déjà venues au poste pour déposer plainte contre ces actes de voie de fait commis pas ces deux agresseurs.              L’inspecteur Abel, accompagné de ses deux hommes et de Layla se rendirent sur les lieux. En fouillant le terrain de fond en comble, les policiers constatèrent que ni le bûcheron ni les clochards n’étaient là. Sans s’attarder sur les lieux, ils ont rebroussé chemin.              A leur arrivée au poste, l’inspecteur Abel qui vient de recevoir un appel urgent sur son portable rentra dans son bureau.  Layla qui n’avait pas la chance de retrouver son sauveur, se contenta de déposer plainte puis elle s’en alla avec le jardinier qui lui demanda de but en blanc :       — Est où ce que vous êtes allés ? Je t’ai vue sortir avec les policiers à bord de cette fourgonnette banalisée.      —  Je les ai accompagnés à l’endroit où j’ai passé la nuit sous la protection du bûcheron, dit-elle.      —  Et vous l’avez trouvé, ce monsieur ? demanda-t-il       — Malheureusement non, répondit-elle. Il aurait quitté les lieux définitivement en croyant que sa vie est en jeu..       — Peut-être qu’il voulait fuir vers un autre endroit plus sécurisé, dit le jardinier.      — Ce genre de personnes, dit-elle, qui s’abritent pour la plupart entre des pans de mur vieillis et corrodés par les intempéries, pourraient à tout moment se déguerpir et ne laisser derrière eux que des détritus qui ne peuvent attirer que des essaims de mouches et de rats.          — Ce que nous devons faire maintenant, madame Layla, dit-il, c’est de rentrer à la maison parce que, moi, Moi, j’ai beaucoup de travail à faire tandis que, toi, tu as intérêt à te mettre  immédiatement sous la douche. La vie est remplie de mauvaises surprises, qui diffèrent selon les circonstances et les endroits et qui, quand elles arrivent, elles  nous prennent de court sans nous laisser le temps de réfléchir pour agir.       —  Oui, dit-elle, le souvenir de cette satanée réception restera gravé à tout jamais dans ma mémoire. Si je n’y étais pas allée, je n’aurais pas eu la malchance d’assister à cette mascarade sans partenaire et encore moins de croiser sur mon chemin mes deux agresseurs. C’est vraiment la poisse.        — Ne te laisse pas emporter dans cet élan mélancolique en remémorant à tout bout de champ ce mauvais souvenir d’hier, dit-il.       —  J’ai commis la bêtise de ne pas avoir mon arme sur moi, regretta-t-elle.       —  Avec ou sans arme, tu ne pouvais pas t’en sortir en faisant face à deux gaillards, dit-il. Tu crois qu’eux aussi font leur coup en ne se servant uniquement que  de seringue ? Ne sois pas naïve, madame. Ce types de personnes sont dangereux et ils sont toujours armés jusqu’aux dents si j’ose dire. Avant de tenter leur action, ils se munissent de tous les moyens nécessaires et appropriés.      —  Et que reste-t-il de l’utilité  d’une arme, demanda-t-elle, si je l’enferme dans un tiroir sans oser m’en servir à tout le moins dans pareilles circonstances ? Avant de l’avoir achetée, je n’avais pas l’intention de  m’en séparer une fois que je l’aurais dans les mains. A cause de Laura, qui m’a suppliée de l’accompagner, j’ai failli laisser ma peau au beau milieu de la nuit.       —  Ne rejettes pas la faute sur Laura ni sur l’organisateur de la réception. Ils ne sont responsables ni de ton laxisme ni de ton manque de vigilance. Dis-moi, est ce que tu as avisé quelqu’un lorsque tu t’es décidée de quitter la réception ?       —  Non, personne, dit-elle. Ils étaient tous aux anges et, moi, qui croyais de façon fervente en ma dignité et en mon amour propre, je n’ai pas daigné leur signaler à cor et à cri mon départ inattendu.           — Toutes tes excuses, dit-il, resteront lettre morte devant l’ampleur de ce manque de considération dont tu as fait preuve à l’égard de ta nièce, de son père et encore moins de celui qui va devenir le futur mari de Laura.       —  Comment veux-tu, Bruno, que je supporte le fait d’assister à un spectacle ennuyeux qui, au lieu de me soulager, me chagrine et m’indispose ? expliqua-t-elle. Même si l’on m’avait agressée, j’ai au moins appris auprès de mon sauveur que ma sœur Emma est encore vivante et que ses ravisseurs vont être identifiés tôt ou tard.      —  Et tu crois sans la moindre preuve que cet homme te dise la vérité ? En plus d’être agressée, dis-tu, tu as tombé par le plus grand des hasards sur un voyant, qui savait que ta sœur n’était pas morte. Quelle coïncidence ! Ne sois pas naïve, madame, et cesse de raconter des histoires, sinon tu risques de devenir la risée de cette famille.       —  Ce n’est pas ce que tu crois, dit-elle ; cet homme est bien attentionné et il n’a pas l’air d’un imposteur. Je n’ai aucune preuve pour démentir ses paroles. Ma sœur ne peut être que séquestrée.      — Et tu n’as pas non plus de preuves pour croire à ses présomptions ! dit-il. Comment ta sœur aurait été enlevée et séquestrée sans que la police ne réussît à percer le mystère de sa disparition ?       —  Parce que, à l’exception de Mateo, moi, personnellement, dès l’ouverture de l’enquête, je n’avais l’ombre d’aucun suspect potentiel à incriminer dans cette affaire.       — Tu impliques le patron dans ce dossier, dit-il, comme si tu disposes  de toutes les preuves nécessaires.      —  Ma sœur n’a pas disparu de sa propre initiative, dit-elle. Tu savais autant que moi que sa relation avec son mari était des plus infernales.      —  Arrêtons là, madame, dit-il, et laissons le temps se charger du reste. N’oublie pas ta douche, tu en as besoin pour te débarrasser de tes ennuis.     —  Et toi, va reprendre ton travail de jardinage pour marquer ta présence, lança-t-elle, ton patron pourrait te surprendre et t’infliger une mise à pied si tu ne t’occupes pas de tailler sa haie végétale préférée.    —  Monsieur Mateo me respecte autant, avoua-t-il. A mes yeux, c’est un homme généreux et bienveillant. Pour tout dire, il ne m’a jamais infligé quoi que ce soit et ça tu le sais.     —  Parce qu’il est mal renseigné sur tes scélératesses et que pour les cacher, tu passes pour quelqu’un qui fait bon figure devant nous tous, dit-elle. Le jour où il parviendra à apprendre qui tu es vraiment, il te mettra sans réfléchir une balle dans la tête.     —  Et qui est ce qui va me dénoncer si ce n’est pas toi qui connais  l’histoire de ma vie secrète ? dit-il.      — Ton histoire, je ne suis pas la seule personne à la connaître, dit-elle. Nora la servante en sait long, elle aussi. Si jamais, tu t’avises de te montrer brutal ou cruel à son endroit pour quelque motif que ce soit, elle n’hésitera pas à raconter ton secret. Alors, méfie-toi. Elle risque de s’avérer une balance qui foutra ta vie en l’air en un clin d’œil.      —  Et quelles seraient ses preuves ? demanda-t-il. Cette pauvre fille est dépassée et à vrai dire, elle ne sait rien qui puisse me mettre en péril.     — Tu te trompes, vieux crouton, dit-elle. Fais gaffe  à ce que tu dis! Cette bombe à retardement peut s’exploser à tout moment et faire des dégâts collatéraux.    — Qu’elle s’explose ! Je n’ai rien fait de mal qui puisse me porter préjudice et quoi qu’il arrive, on est dans la même galère, dit-il avant de se diriger vers ses outils de travail.                                                         XIII                Deux semaines plus tard et en excluant Layla qu’il considéra comme étant une rabat-joie qui avait joué les trouble-fêtes, Milo invita sa future fiancée, Mateo et  Sophie à se tenir prêts pour aller au pique-n***e.               Le majordome Tony, chargé de tous les préparatifs de cette sortie particulière, mit sur pied le personnel et matériel appropriés. Un vigile, deux serveurs chapeautés par un cuisinier s’installèrent à bord de leur caravane et deux chauffeurs assis au volant de leur voiture furent fins prêts pour faire mouvement au premier geste de doigt vers cet endroit paradisiaque.                Au début, le jour de départ s’annonça merveilleux  et de bon augure. La température était plus clémente en cette saison printanière. Le ciel était à moitié clair et d’un bleu azur. Le soleil, qui se leva à peine, projeta ses premiers rayons lumineux et précurseurs d’une journée agréable et prometteuse, transperçant, à leur passage et à vitesse constante, quelques amas de nuages épais et mouvementés, pour réchauffer la terre de son humidité nocturne, sécher en plus des autres corps exposés à l’air libre les végétaux fraîchement trempés de leurs fines gouttelettes de rosée matinale et éclaircir progressivement et par endroits tous les recoins  sombres de la ville.                 Au bout d’une demi-heure de route, Milo et ses compagnons arrivèrent à destination. A première vue, l’endroit destiné à ce pique-n***e se présentait sous la forme d’un tapis vert, où s’étalaient entre autres et à perte de vue d’immenses champs de blé, qui offrait l’aspect d’un panorama resplendissant et magnifique. Il était contigu à la lisière d’une grande forêt, envahie de broussailles, d’une verdure éclatante, admirable et fascinante, qui s’étendait  sur une superficie large et étendue.              Il était entouré d’arbres épars et clairsemés, empiétant sur un terrain de configuration compartimenté, débouchant sur plusieurs sentiers, qui menaient vers une chaîne de plateaux de basse altitude, un ensemble de ruisseaux, de fosses, de ravins d’une variable profondeur et d’un étang naturel quasi vide, gardant en vase clos de l’eau de pluie diaphane et stagnante.                 Une fois sur place, les employés débarquèrent le matériel de camping provisoire et se mirent à dresser des parasols, à mettre des tables et  des chaises.               En attendant que le travail fût terminé, les deux futurs couples pénétrèrent séparément dans la forêt et chacun, bras dessus, bras dessous, prenait plaisir à s’isoler, à avancer en profondeur en enjambant les broussailles et les hautes herbes pour savourer les délices du moment présent.              En l’espace de quelques minutes, le ciel devint sombre et opaque et au moment où il s’alourdissait de nuées, le soleil s’éclipsa en arrière plan. Un vent v*****t qui se mit à souffler provoqua le bruissement des feuillages et  fit craquer les parasols et vibrer les chaises et tables, la lueur instantanée des éclairs, accompagnée de grondement de tonnerre, fut suivie dans l’immédiat d’une bourrasque de pluie diluvienne qui se transforma en un vrai orage.               Les crues d’eau se formèrent dans un temps record. Elles charrièrent des avalanches d’objets disparates et flottants dans leur cours. La terre submergée d’eau en un clin d’œil devint aussi boueuse que marécageuse et impraticable.               Les employés, pris au dépourvu, restèrent désemparés et immobilisés dans leur véhicule. Ils ne savaient à quel saint se vouer pour porter secours aux deux couples qui semblaient être perdus.              Etant inquiet de ce qu’il adviendrait de la vie des couples, le majordome Tony qui pensa au danger qu’ils étaient en train de  courir, passa un coup de fil au poste du service concerné afin que l’on vînt à leur  secours.               Entre temps, Mateo et Sophie réapparaissaient de la forêt par miracle. Tout trempés comme une soupe, ils pataugeaient dans les flaques en grelottant de froid. Ils se tenaient la main comme de vrais amoureux qui cherchaient à exprimer dans de telle situation leurs sentiments mutuels et s’entraider à sortir des surfaces boueuses. Aucun des employés ne s’est avisé à courir à leur secours, hormis le vigile qui a fait preuve de courage et d’abnégation.              En montant dans la caravane avec Sophie, Mateo constata l’absence de sa fille Laura et son futur fiancé. L’air inquiet, il demanda :       —  Où sont les deux autres ?        — Je suis très inquiet, monsieur, répondit le majordome. J’ai peur qu’ils ne soient perdus dans cette forêt dense et vaste.       —  Je vais les chercher, monsieur, dit le vigile qui descendit de la caravane dont les roues ont été inondées par les eaux tout comme celles des autres voitures.        —  Attends ! Je vais t’accompagner, dit Mateo. La vie de ma fille vaut mille fois plus que la mienne.     —  C’est notre jour de malchance, monsieur, dit le vigile.      —  Je n’aime pas entendre de présage négatif, dit le traiteur. Je dois retrouver ma fille coûte que coûte.     —  Soyez rassuré, monsieur, dit le vigile, notre patron est le garant de sa protection. Ils devront être tous les deux sains et saufs. La pluie ne tue pas.              Dès que les deux hommes s’enfoncèrent de quelques mètres en profondeur dans la forêt, ils sont tombés sur des traces toutes fraîches qui restaient intactes sous les pieds des arbres.         —  Regardez, monsieur, dit le vigile, il y’en a d’autres par ici.         —  Oui, je vois, dit Mateo. Alors, suivons-les jusqu’au bout.         —  Ok, monsieur, mais attendez, je crois qu’ils ne sont pas loin d’ici. Je viens d’entendre des cris. Ecoutez, c’est la voix de mon patron.         —   Est-ce que tu en es sûr ? demanda Mateo.         —  Absolument sûr, monsieur, dit le vigile.              Quand Mateo se mit à crier le nom de sa fille, une voix de femme lui répondit :       —  C’est par ici, monsieur. Votre fille est là. Elle est avec moi. Ne vous inquiétez pas.       — Nous sommes tout près de vous. Est-ce que vous nous voyez, lança Milo à leur adresse.      —  Regardez, monsieur. Ils se sont abrités peut-être dans cette chaumière, dit le vigile.       —  Ils ont la chance de l’échapper belle, dit Mateo.             Quand Mateo et le vigile atteignirent l’endroit où Laura et son futur fiancé s’abritaient, ils se trouvèrent en face d’une vieille femme qui les attendait à l’entrée de sa bicoque. C’était une sexagénaire qui paraissait vivre dans la misère et l’indigence, mais qui ne manquait pas moins de générosité et de bienveillance.      —  Qu’est ce que vous cherchez, messieurs ? dit-elle sur un ton péremptoire simulé.        — Vous nous avez dit, tout à l’heure, avons que nous n’arrivions, que ma fille est là dans cette cochonnerie, expliqua-t-il.        —  Cette cochonnerie, réplique la vieille, c’est ma demeure, monsieur, elle vaut plus que ne vous l’imaginez. Entrez pour y jeter un coup d’œil. Vous retrouverez peut-être ce que vous cherchez.               Quand Mateo et le vigile entrèrent à l’intérieur de cette  chaumière, Milo et Laura étaient là en train de converser avec un vieil homme qui semblait être le mari de cette vieille femme.        — Alors comme ça, vous êtes entre de bonnes mains, je suppose, dit Mateo ?        —  Absolument, répondit Milo. Cet homme et sa femme nous ont invités à boire du thé dans leur demeure et Laura et moi avons accepté leur invitation. Ce sont des gens très modestes et pauvres, mais ils sont riches en dignité et débordent de beaucoup de sympathie.       — Dites-moi, pourquoi diable, vous êtes tout trempés ? demanda Milo.        — Parce qu’il a plu à seaux, dit le vigile, et nos véhicules sont en ce moment entourés d’eau.      — Vous ne vous êtes pas rendu compte de cette pluie diluvienne accompagnée d’éclairs et de grondement de tonnerre ?  demanda Mateo. Quand vous sortirez d’ici, vous serez surpris tous les deux. L’endroit de notre pique-n***e est entièrement englouti par les eaux des crues et nous avons besoin d’aide pour dégager nos véhicules de cet espace boueux.      —  Lorsqu’il commença à pleuvoir, dit Laura, nous étions déjà à l’intérieur de cette maison en train de siroter du thé à l’absinthe.      —  Et qu’en est-il  de nous qui avons une peur bleue à cause de votre disparition brusque ? Nous avons tous cru que vous vous êtes perdus dans les broussailles.             Avant de s’en aller avec ses compagnons, Milo a offert une somme d’argent importante à ce couple de vieux en les remerciant de leur hospitalité. L’homme et la femme qui avaient besoin de cet argent en ce moment même, prièrent pour lui et pour Laura en leur  souhaitant une vie conjugale bienheureuse.              Dès leur sortie de la forêt Laura et son futur époux furent surpris de voir ce nouveau paysage d’eau qui coule continûment dans les ruisseaux et dans les ravins avoisinants.            Profitant d’une embellie, les pique-niqueurs, aidés par un tracteur venant à la rescousse, ont pu sortir de l’eau et prendre le chemin du retour.             Mateo et Milo, accompagnés de leur fiancée ont préféré se mettre dans la même voiture pour discuter de leur jour de malchance et remémorer les instants vécus autrement qu’ils l’avaient souhaité.             Milo qui roulait à une vitesse moyenne pour rester en liaison à vue avec le majordome et les autres employés, baissa le volume de son poste radio de bord et dit à Laura qui était assise à ses côtés :     —  Nous avons commis une bêtise à ce que je pense.       —   Une bêtise, tu dis ? demanda Laura.       —  Oui, ma chérie, dit-il. Nous aurions du être prévoyants et ne faire ce pique-n***e qu’après avoir regardé la météo. Aucun parmi nous ne savait qu’il allait pleuvoir.       — Le fait d’attendre  ce jour de sortie avec impatience, dit Laura, nous a fait oublier de prendre toutes les dispositions nécessaires pour pouvoir passer ce pique-n***e dans de bonnes conditions.     — Ne vous alarmez pas, dit Mateo qui prend part à leur conversation. Cette averse ne présage rien de mal. C’est la chose la plus agréable qui puisse arriver à tout un chacun en des  moments particuliers.     —  Du moment que la pluie ne tue pas, elle rend plus fort et joyeux, dit Sophie. Et moi, je pense que nous avons passé de merveilleux moments au sein de la forêt avant de  patauger dans l’eau boueuse.     —   C’est vrai, dit Mateo, Sophie et moi, ne pouvons pas nier le charme et la particularité de cette sortie. Je pense qu’à mon retour, je n’hésiterai pas un moment pour aller demander sa main à ses parents et officialiser notre liaison afin d’écarter les soupçons des commères.     —  C’est ce qu’on doit faire, monsieur Mateo, dit Milo. Moi aussi, je voudrais faire de même pour que Laura vienne vivre avec moi sous le même toit.     —  Vous avez toute ma bénédiction pour faire votre vie tous les deux, dit Mateo.    —   Si tu veux précipiter les choses, ajouta Sophie, je n’ai aucun empêchement.      —  Et moi, non plus dit Laura en se tournant vers Milo qui lui esquissa un sourire en guise de signe de reconnaissance.     — Puisque vous êtes toutes les deux d’accord, dit Milo, désormais, nous devons fêter de prime abord la fin de notre vie de célibat et faire en sorte, chacun en ce qui le concerne, que nos fiançailles soient annoncées le plus tôt possible. Qu’en pense, monsieur Mateo ?     —  Moi, dit Mateo, je ne vous cache pas mes intentions. Je vous avoue que je suis très pressé de refaire ma vie avec une personne que je trouve tout à fait compatible avec mes goûts et mes choix.       — Je suis ravie de t’entendre dire ces belles choses, dit Sophie. Mes parents n’en finissent pas de me faire la pression pour qu’on active ce mariage. Ils aimeraient bien voir leurs petits enfants grandir sous leurs yeux avant de casser leur pipe.     —  Cela veut dire que Laura va avoir des demi-frères et sœurs, dit Milo.      — Oui, tout à fait, mais à condition que Sophie ne soit pas stérile, dit Laura sans savoir ce que pourrait lui réserver le temps à elle.     —  Ne doute pas de la fertilité de Sophie, dit son père. C’est une femme robuste et saine physiquement et moralement. Je ne pense pas qu’
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