Chapitre Vingt-Sept Elle s’éloigne. Elle se replie sur elle-même. Je le sens. Je le vois à la façon dont sa mâchoire s’est crispée, à la position de ses lèvres. Je me sens comme si j’avais onze ans de nouveau, et que j’étais coincé dans le hangar. La peur me prend aux tripes, enfonce ses doigts glacés dans mon cœur et murmure à mon oreille des phrases entêtantes qui transforment mon sang en glace. Elle s’en va. Tu ne la mérrrittttes ppppppaaaaaas. Tu ne mérites pas d’être heureux. Et c’est la vérité car cette semaine, en m’occupant d’organiser l’enterrement d’une femme que je ne connais pas, en couvrant sa fille d’amour, lui prodiguant de la nourriture le jour et des orgasmes la nuit, j’ai été heureux. Je me suis senti… méritant, utile. Nécessaire. Emmaline a besoin de moi, dis-je av


