L’air de Saint-Louis était une caresse de sel et de latérite, un souffle chaud qui semblait murmurer des secrets vieux de plusieurs générations. Lorsque Awa posa le pied sur le tarmac de l'aéroport, soutenue par le bras solide d'Elias, elle ne ressentit pas la peur qu'elle avait anticipée. Elle ressentit une appartenance. Moussa, curieux, pointait du doigt les boubous colorés et le ciel immense, ignorant qu'il marchait sur la terre de ses ancêtres. Elias, aux aguets, scrutait la foule. Il n'était plus le chef de chantier de Marseille ; il était le garde du corps d'une reine en exil revenant réclamer son dû. Ses yeux sombres ne quittaient pas les berlines noires garées au loin, là où l'oncle Mansour attendait, tel un vautour sur une branche morte. *** La demeure des Diop, avec ses colonn


