Le calme qui régnait sur la demeure de Saint-Louis était trompeur. Dans les jardins, le jasmin embaumait l'air nocturne, et le rire de Moussa, qui apprenait ses premiers mots de Wolof avec Maman Bineta, semblait avoir exorcisé les démons des Diop. Mais à l'autre bout de la ville, dans une suite tamisée de l'Hôtel de la Poste, un homme ne riait pas. Il s'appelait **Malick Sy**. Grand, d'une élégance glaciale dans son costume sur mesure, Malick n'était pas un membre de la famille, ni un mercenaire de l'ombre comme ceux de Halima. Il était le "nettoyeur" de la haute finance ouest-africaine, l'homme que les consortiums envoyaient lorsque les héritières trop idéalistes commençaient à perturber les flux de capitaux. Pour lui, la "Fondation Awa Diop" n'était pas une œuvre de charité, c'était un


