Un pays où l’homme, par instants, ressemblait plus à une bête sauvage qu’à un être humain. Un pays ravagé d’obus, parsemé d’arbres arrachés, de troncs morts. Il voyait le corps de soldats jeunes et mal rasés livrés à la pourriture. Il entendait la plainte déchirante des mourants. Le bleu des feuilles se confondait avec le ciel. Cela faisait presque deux mois que sa famille n’avait aucune nouvelle de Pierre. L’été était à son commencement. Les après-midi devenaient accablants. Le soleil concentrait son ardeur vers la terre dans une sorte de course folle. Parfois, un orage éclatait, le soir, et l’eau ruisselait en longues gouttes pressées. Jean en profitait pour pêcher des grenouilles sur le bord des mares que l’orage faisait gonfler. Il aimait cette pêche sauvage où le moindre bruit était


