11. La frontière de la tentation

1410 Mots
Sofia entre dans l’appart, les épaules basses et les yeux rouges. Elle a essayé de se contenir toute la journée, mais quelque chose l’a épuisée. Elle se sent comme un ballon qui dégonflé, laissant échapper tout l’air qu’elle a essayé de retenir. Marco est dans le salon, assis sur le canapé, un livre à la main. Il lève les yeux lorsqu’il l’entend entrer et son regard s’adoucit immédiatement. Il pose le livre et se lève, allant à sa rencontre. « Hey, qu’est-ce qui ne va pas ? » Demande-t-il, posant une main sur son épaule. Sofia secoue la tête, essayant de retenir ses larmes. Mais c’est trop tard. Elles commencent à couler sur ses joues. Marco l’attire dans ses bras, la serrant contre lui. « Dis-moi, Sofia. Qu’est-ce qui se passe ? » Murmure-t-il dans son oreille. Sofia se laisse aller contre lui, sentant la chaleur de son corps et la sécurité de ses bras. Elle respire profondément, essayant de se calmer mais les mots ne viennent pas. Elle se sent juste… perdue. Marco la serre plus fort, caressant ses cheveux. « Tu n’as pas besoin de parler, Sofia. Je suis là, » dit-il, essayant de la calmer. Elle se laisse aller contre lui, sentant les larmes couler sur ses joues. Elle se sent si petite, si vulnérable. Mais avec Marco à ses côtés, elle se sent un peu plus forte. Il la fait asseoir sur le canapé, s’assoit à côté d’elle et l’attire dans ses bras. Ils restent là, en silence, pendant un long moment. Sofia se sent juste… en sécurité. Marco dépose un b****r sur son front, puis sur ses yeux, puis instinctivement sur ses lèvres. Tous les deux montrent une réaction de surprise à la seconde suivante. Marco se rendant compte de son geste non prémédité et Sofia qui n’arrive pas à croire. Yeux dans les yeux, ils ne se quittent pas et cela rassure Marco. Même si Sofia est sous le choc, elle a tout de même besoin de lui. « Je suis là pour toi, Sofia. Toujours. » Dit-il la serrant contre lui. Sofia se sent un peu mieux, un peu plus légère. Alors qu’elle espère profiter de ce moment plus longtemps, le fixe se met à sonner. Ils font semblant de ne rien entendre mais la sonnerie est insistante. « ça doit être pour moi, je vais prendre, » lui dit Marco. Ses yeux encore mouillés le fixent curieusement mais il lui sourit pour la rassurer. « Tu devrais prendre une douche à présent. » Elle hoche la tête et va vers la chambre. Lorsque sa silhouette disparait, Marco prend le téléphone et c’est la voix de Giacomo qui résonne à l’autre bout du fil. « J’ai appris que les flics ont lancé les recherches sur Vasco Mancini. » Marco est surpris. Il n’était pas au courant de cette nouvelle. Son ange de la police n’est pas du tout en état de lui fournir des informations. « Depuis quand ? » Demande Marco. « Je pense qu’ils ont été informé juste après ton départ hier. Ils le recherchent depuis ce matin. » Marco se passe les mains dans les cheveux. Lui qui pensait avoir la possibilité de jouer un tout petit peu au démon avec ce sale traitre. « Livre le colis à la police. » « Es-tu sûr de toi, Marco ? » Lui demande Giacomo. « Un colis inutile tu sais. » « Très bien, » Abdique Giacomo. Marco met fin à l’appel et dépose le téléphone. Il se souvient qu’il doit s’occuper de son ange de la police qui semble fragilisé. Il va jusqu’à la porte de sa chambre où il frappe et malgré le manque de réponse, il pousse la porte et entre. Une fois à l’intérieur, il fait face à une chambre vide mais une porte l’attire comme de l’aimant. Cette porte derrière laquelle elle se trouve, avec la peau mouillée très certainement. Il imagine ses doigts découvrant la douceur de cette peau si attirante et si interdite. Ce corps qu’il passerait des nuits à adorer si jamais c’était possible. Il sent les muscles de son corps se tendre et cela n’est pas bon signe. Il ne peut pas rester là alors qu’il pourrait faire des bêtises. « Marco… » Le son de sa voix, dotée d’une douceur qui réveille tous ses sens. Il n’a pas pu franchir la porte avant qu’elle ne sorte. Il est dos à elle et se refuse d’imaginer dans quelle tenue elle pourrait être. Il est parfaitement conscient qu’elle attend une réponse et même s’il sait que jamais il ne pourrait lui faire du mal, il ne veut non plus faire face à la tentation. Il sort de la chambre à pas rapide et va se réfugier dans la sienne. Aucune femme n’avait réveillé en lui ce flot de sentiment que Sofia arrive à réveiller en lui. Le trouble avait gagné Sofia après le départ précipité de Marco. Elle a besoin de comprendre pourquoi il est parti sans dire un mot. Elle se dirige vers sa chambre, les pieds nus sur le sol froid, et toque doucement à la porte. « Entre, » dit Marco sa voix calme et rassurante. Elle ouvre la porte et entre dans la chambre. Elle le voit près de sa fenêtre et celle-ci encore ouverte malgré la fraicheur. Elle avance dans sa direction alors que Marco ne comprend pas ce qu’elle est sur le point de faire. Cette dernière ferme la fenêtre et Marco ferme les yeux et souffle. « Tu vas attraper froid, » lui dit-elle. Le parfum enivrant de son corps met tous ses sens en alerte. Ça donne tellement l’impression qu’elle le tente volontairement. « Pourquoi es-tu parti comme ça ? » Demande-t-elle finalement, sa voix un peu tremblante et les yeux baissés. Il est un homme courageux qui ne fuit jamais les conversations sérieuses mais là c’est compliqué. Il ne peut pas lui avouer qu’il avait peur de ne pas pouvoir se retenir face à elle. « Pour te protéger, Sofia. » Elle fronce innocemment ses sourcils, cherchant le regard de Marco. « Mais de quoi ? Je suis agent de police et je peux facilement me protéger. » Sa naivété, c’est l’une des choses qui le fascine le plus chez elle. Elle pense qu’elle peut tout affronter parce qu’elle est de la police. « Tu devrais rester loin de moi parce que je pourrais te briser. » Elle fait un pas en arrière et croise ses bras sur sa poitrine. Son regard feignant la dureté, elle glousse. « Tu serais capable de me faire du mal, Marco ? » « Volontairement, non. » « Alors le situation est réglée. Je ne risque rien. » Marco se pince les lèvres en levant la tête au ciel. Alors pour elle tout va bien, plus rien à craindre. Il la prend par les épaules sans lui faire du mal alors que Sofia penche sa tête sur le côté pour mieux le regarder. « As-tu oublié ? » Lui demande Marco. « Oublié quoi ? » Il relâche ses épaules et s’éloigne d’elle. Il n’arrive plus à être patient, il n’arrive plus à se contrôler et elle ne l’aide pas du tout. « Bon sang, Sofia je t’ai embrassé. » cri-t-il. « Et c’est ça qui te dérange ? » Demande-t-elle. « Mais Marco tu ne m’as pas embrassé. Tu as juste posé tes lèvres sur les miennes parce que tu essayais me calmer. Tu penses que je t’en veux pour ça ? Mais non. C’était juste un geste tendre et rien d’autre. » Et rien d’autre ? il est désormais partagé entre la douleur et la satisfaction. Tout semble normal pour elle et pourtant il ressent encore l’empreinte de ses lèvres sur les siennes. A chaque fois qu’il ferme les yeux, il a l’impression de revivre ce moment. « Si tu es dans cet état par ma faute, ne t’en fais pas. Je te suis plutôt reconnaissante pour m’avoir aidé. » Les mots lui manquent alors, il garde le silence. Le plus important est qu’elle aille bien. « Je vais dormir maintenant. » Elle avance vers lui, se met sur la pointe des pieds et dépose un b****r sur sa joue un peu piquante à cause de sa barbe naissante. « bonne nuit, Marco. » « Bonne nuit, Sofia, » Articule-t-il difficilement. Une fois sortie de sa chambre, il claque la porte en jurant dans sa barbe.
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