Point de vue Noam
L’air dans la pièce est épais, chargé d’une tension presque palpable. Je tiens ce p****n de téléphone dans la main, chaque sonnerie résonnant comme un coup de fusil dans mon esprit. La voix au bout du fil m’a transmis une nouvelle qui aurait pu m’arracher le cœur, si je ne l’avais pas déjà forgé dans l’acier.
Thalia a été attaquée.
Un traître, un espion infiltre les rangs de Vestiano, le chef déchu qui ose encore rêver de sa revanche. Ce connard croit encore pouvoir jouer au roi dans l’ombre, croire qu’il peut me faire plier en s’en prenant à elle. Il se trompe lourdement.
Je serre le poing, jusqu’à ce que mes articulations blanchissent. Le téléphone glisse de mes doigts et tombe sur la table avec un bruit sourd. Autour de moi, les ombres dansent au rythme de ma colère. La rage brûle dans mes veines, un feu sombre et impitoyable.
Il croit m’avoir surpris. Il croit que je suis absent, vulnérable, que la mort de Diego m’a laissé brisé. Mais Vestiano n’a rien compris. Je ne suis pas l’enfant perdu qu’il a laissé derrière lui. Je suis la tempête qu’il n’a jamais vue venir.
Chaque détail de l’attaque me martèle l’esprit : la violence, le chaos, le sang. Je sens la douleur de Thalia, même à distance, comme un coup de poignard. Ce n’est pas juste un affront, c’est une déclaration de guerre.
Et moi, je répondrai.
Je me lève, la rage me propulsant comme une bête prête à bondir. Mes poings se serrent à nouveau, mais cette fois avec un contrôle implacable. Cette colère doit être un levier, pas une faiblesse.
Je parcours la pièce du regard, chaque objet, chaque document, chaque plan sur la table me rappelant les batailles passées, celles qui m’ont forgé.
Je suis déjà en mouvement. Les pièces s’assemblent dans ma tête, un puzzle sanglant et précis.
Vestiano croit qu’il a l’initiative, qu’il mène la danse. Il ignore qu’il danse sur un volcan, au bord du précipice, et que je tiens la corde qui pourrait le précipiter dans l’abîme.
Son réseau est infiltré. Son armée, ébréchée. Il ne sait pas que j’ai déjà mes pions en place, prêts à frapper.
Je respire profondément, tentant de canaliser cette tempête intérieure. La vengeance ne se crie pas, elle se prépare. Elle se mûrit.
Je prends mon téléphone et envoie des messages codés à mes alliés, des hommes et femmes de confiance, prêts à agir. La guerre n’a pas encore commencé, mais elle est sur le point d’éclater, et je serai prêt.
Je pense à Thalia. Son visage, marqué par la douleur, mais toujours fier, indomptable. Je lui dois plus que la victoire. Je lui dois la paix.
Ma main glisse vers mon front, appuie avec force, comme pour écraser mes doutes. Mais ils sont faibles face à la détermination qui s’enflamme en moi.
Vestiano n’est qu’un obstacle. Un obstacle que je vais écraser.
Je quitte la pièce et marche dans les couloirs sombres de mon appartement, chaque pas résonnant comme un défi. Je suis la vengeance incarnée, l’ombre qui avance lentement mais sûrement.
Quelque part, dans une cachette humide et malodorante, Vestiano rumine sa haine, inconscient du piège qui se referme. Il croit que j’ignore ses plans. Il croit que je suis aveugle.
Mais je vois tout.
Je sens tout.
Je prépare le coup final, celui qui brisera ses rêves de revanche, celui qui mettra fin à cette guerre silencieuse.
Je ne reculerai pas.
Pas cette fois.
La nuit s’étire, lourde de promesses et de menaces.
Je me sens prêt à plonger dans l’enfer pour protéger celle qui compte plus que tout.
Et quand Vestiano comprendra que la partie est finie, il sera déjà trop tard.
Je souris, un sourire froid, dur, presque cruel.
Parce que cette guerre, je vais la gagner.