point de vue Thalia
Je suis allongée.
Mais je ne dors pas.
Les draps sont tirés. Parfaits.
La chambre est silencieuse. Trop. Même les montagnes dehors semblent retenir leur souffle.
J’ai passé des heures à tout nettoyer. Ranger mes affaires de ce voyage pourri.
Chaque coussin à sa place. Chaque rideau tiré exactement comme il faut. La bougie sur la commode brûle encore — jasmin et bois sec.
Je suis cette femme. Cette reine glaciale aux gestes millimétrés.
Mais mon esprit, lui, est ailleurs.
Encore.
---
Qui a eu le courage de venir ici ?
Ce chalet est un secret. Mon secret. Un lieu sans adresse, sans trace, effacé des registres. Construit sur la montagne, réaménagé avec ma paranoïa.
Personne n'est censé savoir. Personne.
Alors pourquoi cette attaque ?
Pourquoi cette précision ?
Pourquoi là -bas ?
Un frisson me traverse. Pas de froid. De colère.
Ou peut-être de cette peur animale, que je refuse de nommer.
---
Je me retourne. Encore.
Les draps craquent doucement sous mes mouvements. Leur fraîcheur m’irrite. Tout m’irrite.
Je n’aurais pas dû m’endormir.
Mais j’ai cédé. Mon corps a lâché.
Maintenant, il se venge.
---
Un battement.
Puis un autre.
Mais ce ne sont pas mes pensées.
Ce sont les souvenirs.
Ils s’invitent comme des voleurs, enfoncent la porte de mon crâne.
Et d’un coup, je n’ai vingt-quatre ans.
Je n’ai plus de pouvoir. Plus d’argent. Plus d’empire.
J’ai douze ans.
---
Le plafond se déforme.
Il devient gris, fissuré, jauni par la crasse.
Je suis sur un autre lit. Pas à baldaquin.
Un lit de camp, grinçant. Le matelas pue la sueur et la peur.
Je sens l’odeur de l’antiseptique bon marché. Et du sang.
Toujours cette odeur. Mêlée au parfum poisseux des hommes qui passaient par là .
Ils m’avaient "préparée". Lavée. Fardée.
On m’avait fait mettre une robe blanche.
"Tu verras, Thalia. Sois gentille. Tu seras récompensée. Ne pleure pas, laisse-toi faire."
Ils ont fermé la porte.
Et cinq hommes sont entrés.
Je n’ai pas hurlé.
J’étais trop jeune pour comprendre ce que mon corps allait subir. Ils m’ont attachée chaque main sur un côté du lit, puis les jambes pour ne pas que je me débatte. Je les ai suppliés de ne pas me faire de mal. Ces cinq hommes ont ri de mon supplice et m’ont dit : "On te fera du bien." Ils sont passés un par un. Ça s'est passé toute une nuit complète. Sans aucune pitié ni douceur, ils m’ont pénétrée violemment, comme si j’étais une chienne j'ai enregistré chaque visage de chaque homme se soir là . À la suite de ça, j’ai vomi mes trip. J’avais mal, très mal en bas du ventre j'ai pleuré a en faire des creux sur mes joues une honte , une gène je me sentais sale très sale "j'ai frotté mon corps pendant deux semaines mes premier toc". Une femme est venue me détacher le lendemain matin et m'a offert un "bonbon". Ce bonbon-là , c’était une contraception.
J’ai appris certaines choses.
À ravaler.
À respirer doucement.
À sortir de mon corps quand c’était nécessaire la suite s'est enchaîné très rapidement j'étais devenu la plus petite prostituée de la ville et beaucoup d'hommes beaucoup voulait me goûter me toucher ils on eu l'occasion de le faire .
---
Je me redresse d’un bond.
Le souffle court. Le cœur qui bat comme s’il voulait sortir de ma poitrine.
Mes mains tremblent.
Je les regarde. Ce sont mes mains d’adulte.
Longs doigts manucurés. Tatouage discret sur le poignet gauche.
Mais ce sont aussi celles d’une gamine qu’on a brisée sans remords.
Je me lève. Titube jusqu’à la salle de bain.
Je me regarde dans la glace.
Et ce n’est pas moi que je vois.
C’est elle.
La petite Thalia.
Le visage gonflé, les yeux grands ouverts, vides.
Le sang sur les cuisses. La honte gravée dans la peau. Le silence enfoncé dans la gorge comme un bâillon.
Je m’accroche au lavabo.
Je lutte contre les larmes.
Je ne pleure pas.
Je ne dois pas pleurer.
Mais une larme coule quand même.
Puis deux
Puis à 15 ans j'ai retrouvé les cinq hommes ils on touse une quarantenaire d'année a cette époque , des bon samaritain un prof, un avocat, un ouvrier, un banquier et un Vendeur je les est touse tuée une balle dans les couilles . Ce fut mes premiers meurtres !
---
Je ne me suis jamais sentie aussi seule.
Et le pire ? C’est que je préfère cette solitude à toute tentative de réconfort. Parce que je sais que personne, personne, ne pourra jamais vraiment comprendre ce que j’ai survécu.
Et cette nuit... je le sens.
Quelque chose est en train de casser. Lentement.
Une vieille cloison intérieure. Une digue qui cède.
---
Je retourne au lit. M'enroule dans la couverture comme une coquille.
Cette sensation étrange.
Ce pressentiment.
Qu’un autre chapitre de ma chute est déjà écrit.
Et qu’il commence demain.
Dois-je avoir peur de nouveau ?