Antonia. – Je ne sais pas comment il peut être possible qu’une femme imagine tout ce que tu imaginais. Nanna. – Les putains ne sont pas des femmes, ce sont des putains ; voilà pourquoi elles imaginent et font ce que j’imaginais et ce que je fis. Mais où laissé-je une de nos prudentes qualités, celle des fourmis, qui amassent en été, pour l’hiver ? Antonia, ma chère petite sœur, tu dois savoir qu’une p****n a toujours dans le cœur une épine qui la rend soucieuse : c’est la crainte de ces marches d’église et de ces chandelles dont tu me parlais savamment tout à l’heure, et je te confesse que pour une Nanna qui sache se faire des biens au soleil, il y en a mille qui meurent à l’hôpital. Maître Andréa avait coutume de dire que les putains et les courtisans pouvaient se mettre dans la même bal


