Edward me fit visiter sa résidence et pour être honnête, elle était merveilleuse. Des matériaux de construction à la décoration, il n'y avait rien à dire, cette maison était magnifique. C'était une maison très spacieuse mais elle ne comptait que deux chambres, étrange pour une aussi grande demeure. Je ne comprenais pas ce principe car selon moi, plus une maison était grande, plus elle devait avoir un grand nombre de pièces. Mais c'était différent dans la maison d'Edward, Tout y était spacieux avec peu de pièces. Cependant, je remarquai qu'il y avait une couleur qui dominait dans cette maison. Les murs, les meubles, tout était blanc. Et quand il n'y avait pas du blanc, c'était du bois, certainement, un bois exceptionnel.
- Vous devez vraiment affectionner la couleur blanche Edward, dis-je.
- Tu n'es pas croyable! me dit Edward, tu ne cesses de me vouvoyer.
- Pardon, c'est juste que je ne m'y fait toujours pas, répondis-je.
- Tâches donc de t'y faire dès à présent car c'est désagréable de t'entendre me parler comme si j'étais toujours un inconnu, me dit Edward.
Je trouvais qu'il prenait tout cela trop à cœur, mais après tout, il n'était toujours qu'un parfait inconnu pour moi.
Nous continuâmes la visite de la maison. J'avais l'impression qu'il se sentait fier à chaque fois qu'il me voyait émerveillée par sa maison.
Le salon très spacieux comportait un escalier qui menait aux deux seules chambres à coucher de la maison. Il y avait aussi une cuisine, de style américain, elle aussi était assez spacieux et équipée pour le mieux.
- Je n'ai même pas répondu à ton interrogation de tout à l'heure, me dit Edward, tu as bien raison Marvel, j'affectionne particulièrement la couleur blanche.
- Puis-je savoir pourquoi, si cela ne paraît pas très indiscret ? demandais-je.
- Et bien, parce que je suis une personne pure, presque un saint, me dit-il.
Ce fut là une réponse bien originale, jamais encore on ne me l'avait faite celle-là. Il me paraissait trop étrange pour que je puisse faire durer le sujet de conversation. Je ne comprenais bien-sûr pas où il voulait en venir avec sa pureté mais j'estimais que cela ne me concernait pas.
Nous continuâmes notre visite et je me rendis compte que l'une de ces chambres possédait une terrasse avec vue imprenable sur les alentours. Rien à redire, cette maison était formidable, elle m'avait donnée des idées sur ma future maison. Il y avait un jacuzzi et même une piscine, un vrai parc d'attraction cette maison !
Mais plus le temps passait, plus je me languissais. J'avais été ravie de faire cette visite guidée de la résidence d'Edward seulement, tout ce qui m'intéressait était ce job qu'il souhaitait me proposer.
- Edward, l'appelais-je alors que je m'arrêtai.
- Marvel, me répondit-il.
- Je n'aimerais pas paraître impertinente mais il me semble que tu te sois laissé distraire et que tu aies oublié de me dire quelque chose de très important.
- Je sais où tu veux en venir, me répondit-il, installes-toi, je pense qu'il est temps que nous discutions.
Ce ton cérémonieux qu'il emprunta avec moi m'avait jusque là été inconnu. Nous étions dans l'une des chambres et donc, je pris place sur le lit, ce fut le seul endroit où je pus m'asseoir. Quant à Edward, il prit place sur un coffre en face de moi, ce qui lui permit de devenir le centre de mon attention.
- Qu'as tu fait comme constat après avoir visité cette maison ? me demanda Edward.
Et moi qui pensais qu'il attaquerait le sujet que mon coeur bouillonnait d'entendre, j'étais bien larguée, du moins, ce fut ce que je me dis à cet instant là.
- Et bien, ta maison est merveilleuse seulement, elle manque de vie... et là, je ne parle pas juste des couleurs, dis-je.
- Et bien, cette maison est la réplique parfaite de mon âme en ce moment même, me dit Edward. Elle est belle mais manque de vie.
- J'ai bien peur de ne pas te suivre Edward, dis-je de nouveau.
- Hier, quand mon chauffeur t'a renversée, je me suis dit que c'était là un signe du destin, répliqua Edward.
Je ne voyais toujours pas où il souhaitait en venir. Mais son regard et sa gestuelle l'avaient rendu un peu plus humble, plus humain.
- Tu souhaites que je décore ta maison ? lui demandais-je car il tournait bien trop autour du pot à mon goût.
- J'aimerais que tu deviennes ma petite amie, me balança t-il, le regard vide.
Je fut indignée juste en entendant ces deux derniers mots, je le sentis tout d'un coup faible et fragile. Je n'arrivais pas à croire que cet homme d'âge mûr essayait de me courtiser. Je fus offusquée.
- Mais que dis-tu, j'ai dix-huit ans et toi, tu en as environ quarante, realises-tu ce que tu dis ?
- Je suis tombé amoureux de toi au premier regard, cela fait bien longtemps que ça ne m'était pas arrivé, me dit-il encore.
- Ramènes moi chez moi! Dis-je.
- L'âge ne devrait pas être un obstacle, penses-y, je ne te demande pas de m'épouser ou alors de rester avec moi toute ta vie, j'aimerais juste que tu me permettes d'entrer dans ta vie, comme le ferait n'importe quel jeune homme. Acceptes juste d'essayer et si ça ne marche pas, on arrête tout et on fait comme si rien ne s'était jamais passé.
- Edward, ramènes moi chez-moi, répétais-je.
Je ne savais même pas pourquoi est ce que j'avais pris la peine de l'écouter, je me sentis bien bête de ne pas avoir écouté mon instinct. Je me disais que jamais je n'aurais dû m'approcher de cet homme.
Alors que nous sortions de cette chambre, Edward me retint en me tenant le bras.
- Réfléchis-y Marvel, je n'ai pas l'intention de te faire du mal, je te traiterai comme n'importe quel homme traite sa petite-amie, me dit-il.
Ce fut bien la première fois qu'un homme d'âge mûr faisait preuve de tant d'humilité à mon égard néanmoins, les propos d'Edward m'avaient grandement offusquée.
Nous sortîmes de cette pièce, ensuite de la maison. Le chauffeur d'Edward était resté Sagement à nous attendre à l'extérieur.
- Ramène la demoiselle chez elle, dit Edward à son chauffeur.
Il ne vint néanmoins pas avec nous, il resta chez lui. Le chauffeur était bien silencieux, et moi aussi.
- Vous me paraissez très silencieuse Marvel, me dit soudainement le chauffeur.
- Ce n'est pas la peine de me vouvoyer, dis-je.
- Comme tu voudras Marvel, me répondit-il.
Il me revint à l'esprit que je ne connaissais toujours pas son prénom à lui, j'en avais marre de l'appeler "le chauffeur".
- Puis-je savoir quel nom coller à votre visage? lui demandais-je.
- Holland pour toi Marvel, me dit-il.
Voilà qui était dit. Je me dis tout de même que je retournerais à mon silence jusqu'à ce que Halland me dépose devant chez moi mais bon, rien ne se passa de la sorte.
- Tu as l'air préoccupée Marvel, me dit de nouveau Holland.
Je ne voulais pas en parler, je souhaitais tout garder pour moi car j'estimais que ce qui s'était dit à l'intérieur de cette maison devrait y rester.
- Je ne souhaite pas en parler Holland, lui répondis-je.
- Si je comprends bien, me dit Holland c'est monsieur Hawkins qui t'a mise dans cet état, encore.
- Comment ça, encore? lui dis-je.
- Je t'ai vu sortir de l'hôtel ce matin, tu avais l'air bouleversée, me dit-il, il n'a pas fallu être un génie pour deviner que quelque chose s'était passé entre monsieur Hawkins et toi.
- Je ne savais pas que ça se voyait autant que ça ! dis-je.
- Tu sais Marvel, Edward Hawkins n'est pas du tout une mauvaise personne. Il peut parfois paraître froid et l'instant d'après paraître doux mais il y a quelque chose d'incroyable qui se passe depuis qu'il vous a rencontré. Jamais je n'ai vu les yeux de cet homme briller autant lorsqu'il regarde une femme depuis la disparition tragique de son épouse.
- Je trouve tout cela malsain Holland, cet homme fait deux fois mon âge et en plus, il faut du temps pour aimer une personne et nous ne nous connaissons que depuis hier.
- C'est toi qui le connais depuis hier, me dit-il.
- Que veux tu dire par là ? lui demandais-je toute surprise.
- Oublies cela Marvel, me répondit Holland, je me permets juste de te donner un conseil. Tu ne perdras rien à apprendre à le connaître. Tu est bien jeune voilà pourquoi tu penses que l'écart d'âge est un frein à l'amour, et aussi, Edward Hawkins est capable de t'offrir le monde si tu lui en laisses l'occasion.
Nous étions arrivés et tout ce qu'holland m'avait dit avait été assez difficile à digérer mais je l'avais écouter. Je descendis aussitôt de la voiture sans même qu'il ne sortit pour m'ouvrir la portière.
- Penses bien à ce que je t'ai dit Marvel, me redit Holland alors que je marchais pour entrer à mon immeuble.
J'avais eu une sacrée journée et j'étais plus que ravie de rentrer chez moi. Jany n'était toujours pas là. Et cette fois ci, je m'étais dit que je n'ouvrirais plus à personne. Je n'avais cessé de penser à Edward et à tout ce qui m'était arrivé toute cette journée. Il y avait des choses que je comprenais bien et d'autres un peu moins. Je comprenais qu'un homme d'âge mûr tombe amoureux d'une femme beaucoup plus jeune mais je n'acceptais pas que cela puisse se passer en si peu de temps. Edward ne faisait pas son âge et il était très bel homme seulement, je ne ressentais pas pour lui, ce qu'il ressentait pour moi. Je comprenais très bien qu'holland s'inquiète pour son patron en revanche, je n'avais pas compris pourquoi il avait dit que j'étais celle qui connaissait Edward depuis peu. Sur le moment, j'avais la certitude qu'il ne pouvait rien y avoir entre Edward et moi, je ne souhaitais pas que ma première relation amoureuse ait le rythme de cette mélodie. Je m'étais toujours dit que si je devenais la petite-amie de quelqu'un, ça serait certainement parce que j'étais amoureuse de cette personne. Je ne souhaitais plus y penser et donc, je mis de la musique. Soudain, mon téléphone sonna, c'était ma mère.
- Bonsoir chérie, me dit-elle.
- Bonsoir maman.
- Tu ne m'appelles plus aussi souvent, je me fais du soucis pour toi, me dit-elle, comment vas-tu ?
- Je vais bien et toi?
- Marvel Coleman, je suis ta mère et je suis très bien capable de distinguer la voix de ma fille quand elle va bien et l'inverse aussi. Qu'est ce qui te chagrine?
- Rien maman, c'est juste que je suis absorbée par les cours et les examens approchent, lui dis-je.
- Je vois, tiens bon alors, me redit ma mère.
- Tu ne m'as pas répondu tout à l'heure, comment vas-tu maman? lui dis-je.
- Je vais bien merci.
Nous discutâmes quelques instants encore et ensuite, on dû se dire au revoir. Jany rentra quelques temps après et elle fut très triste d'apprendre que je n'avais pas pu trouver du boulot. Je ne lui avait néanmoins pas parlé de tout ce qui s'était passé avec Edward et je n'en avais pas l'intention. Il ne me resta plus qu'à chercher du travail encore et encore jusqu'à ce que j'en trouve un.
Les jours passèrent et je n'avais toujours rien trouvé. J'étais quelques peu gênée de savoir que Jany travaille et moi non, je me sentais comme un frein.
Les semaines passèrent ensuite mais je n'avais toujours pas de petit job. Ensuite vint le temps des examens et je fut encore plus absorbée, et Jany aussi. Nous avions toutes les deux fait de notre mieux à l'école et nous espérions que les résultats qui suivent soient les meilleures possibles. J'avais cessé de penser à Edward et j'avais même oublié qu'il était là, quelque part dans la ville. Les examens passés, je refis chaque jour la même routine pour trouver du travail.