Pierre sillonnait déjà le chemin en schiste, mitraillant à tout-va. Elle se doutait bien qu’il ne se contentait pas de garder en image les stèles ou les tombes et qu’il profitait de l’occasion pour la prendre en photo, elle. Marylou ne s’en préoccupa guère car son regard venait de se poser sur le mur d’enceinte, d’un mètre de haut, qui courait sur tout le côté gauche. Elle y découvrit les noms des victimes, gravés çà et là dans la pierre ou collés sur des plaques de marbre noir. Elle se leva et parcourut la liste des morts, classés par ordre alphabétique. Elle lut à voix basse chaque nom, rendant hommage, à sa manière, aux centaines de victimes anonymes : Mokhtar, Jenny, Anne, Robert… et puis, elle s’arrêta à cette famille de quatre personnes, entièrement décimée par les flammes. Une photo


