– Comme tu voudras, répondit-elle. Je vais faire du thé. Nous nous coucherons ensuite. Alors, Fontan s ’installa sur la table, avec un grand déploiement de plume, d ’encre et de papier. Il arrondissait les bras, allongeait le menton. – « Mon cœur », commença-t-il à voix haute. Et, pendant plus d ’une heure, il s ’appliqua, réfléchissant parfois sur une phrase, la tête entre les mains, raffinant, se riant à lui-même, quand il avait trouvé une expression tendre. Nana, silencieusement, avait déjà pris deux tasses de thé. Enfin, il lut la lettre, comme on lit au théâtre, avec une voix blanche, en indiquant quelques gestes. Il parlait là-dedans, en cinq pages, des « heures délicieuses passées à la Mignotte, ces heures dont le souvenir restait comme des parfums subtils », il jurait « une éter


