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CHAPITRE 1 *** Soraya Mabiala *** J'ai sorti mon portable pour regarder un peu les nouvelles sur les réseaux sociaux. À peine je me suis connectée sur là par d'accueil de f*******: qu'il y avait ma cousine qui a retiré sa photo de profil pour la mettre en noir. Qui est mort ? C'est la question que je me suis posée. J'ai regardé les commentaires. Mes condoléances Courage ma belle Qui est mort ? Tu as perdu qui ma chérie ? Beaucoup de courage à la famille Voici la plupart des commentaires sur la photo. Mon cœur s'est mis à battre fort quand j'ai vu ma cousine répondre "j'ai perdu mon oncle". C'est vague et ça peut être n'importe qui. J'ai essayé d'appeler ma mère mais son téléphone était fermé. J'ai essayé avec mon père et même chose. Je n'étais pas tranquille mais ma pause est terminée et je dois retourner en cours maintenant. Je suis rentrée dans la salle pour mon cours de gestion mais mon portable n'arrêtait pas de sonner et ça me mettait un stress total. Je me suis levée discrètement et je suis sortie de ma salle de cours. Moi (décrochant): Oui allô? Tonton Joseph: Bonjour Soraya Moi (suspicieuse): Bonjour tonton. Comment ça va ? Tonton Joseph (calme): Ça va. Tu es où en ce moment ? Moi: à l'école, j'ai cours. Pourquoi ? Tonton Joseph: Ah ok. Tu finis à quelle heure? Moi: Euh dans deux heures… mais Tonton Jo il y a un problème? Tonton Joseph (soupirant): Écoute si tu peux sortir des cours et rentrer à la maison et je te rappelle. Moi (le coeur battant): Il y a un problème? J'ai essayé de joindre maman et elle ne m'a pas répondu.  Tonton Joseph: elle n'a pas son portable avec elle. Soraya écoutes-moi, rentre dans la salle prendre tes affaires. Moi: Ok Silence. Tonton Joseph: c'est bon ? Moi (n'ayant pas bouger): Oui. Tonton Joseph (voix grave): Tu as une amie ou quelqu'un avec toi? Moi (perdant patience): Tonton pardon tu me fais peur. Il y a quoi ? Tonton Joseph: Bon… Soraya tout va bien se passer ok ? … Il faut être forte… Moi (le coeur battant): oui… Tonton Joseph: Ton papa nous a quittés. Fabrice vient de mourir. BOUM. Mon coeur s'est coupé quelques secondes et s'est remis à battre violemment dans ma poitrine à m'en faire mal. Mon cerveau est en train de traiter l'information tant bien que mal.  Moi (calme): Non Tonton c'est faux. Tonton Joseph: Soraya, je sais que c'est difficile mais… Moi: Papa ne peut pas mourir, tout allait bien hier soir, j'ai parlé avec lui. Puis j'ai entendu soudainement des cris et des pleurs à l'autre bout du fil. Des gens criaient le nom et prénom de mon père. C'est donc vrai ? J'ai poussé un cri strident d'un coup en attirant l'attention des élèves dans le couloir. Avec le choc de la nouvelle, je me suis jetée sur le sol en pleurant. Les autres étudiants sont arrivés rapidement vers moi pour comprendre. Je suppliais mon oncle de me dire que c'est faux. Tonton Joseph (perdu): Soraya stp tu es seule là-bas, ne fais pas de bêtises stp. Moi (en larmes) : C'est faux… papaaaaaa… papa oh… je suis f****e… je suis f****e oh… (pleurant) … tu m'as tué papa… tu m'as tué oh… je vais devenir quoi? Lui (me tenant): Tout va bien ? Moi: j'ai envie de mourir… je veux mourir … mon papa… j'ai mal… Elle: Comment tu t'appelles? Est-ce qu'on peut t'aider ? Lui: Tu peux nous dire ce qui se passe ? La porte de ma salle de cours s'est ouverte et les étudiants m'ont regardé surpris. Ma pote Sarah est sortie rapidement me trouver pour m'aider. Je me suis tenue le ventre car je ressentais une douleur. Sarah: Soraya qu'est-ce qu'il t'arrive ? Moi (en pleurs): Mon papa… mon papa est mort… Sarah (choquée): Mais … non c'est pas possible… Moi (tremblante): Il est mort Sarah… il est mort… mon papa est mort. Sarah: Tu saignes ! Appelez l'infirmerie svp. J'ai mis la main entre mes cuisses et à la vue du sang, je me suis évanouie. Je me suis réveillée à l'infirmerie de l'école avec un secouriste qui discutait avec le responsable et Sarah. Moi (petite voix): Je veux rentrer chez moi. Sarah (s'approchant): Soraya… Moi (la voix tremblante): qu'est-ce qui se passe ? Sarah (les yeux rouges): Tu as perdu connaissance tout à l'heure quand tu t'es mise à saigner. Moi: … Secouriste: Ne vous inquiétez pas, tout va bien. Il s'agit d'un simple dérèglement. Lors de traumatisme ou choc émotionnel, cela peut provoquer un saignement abondant, des règles prématurées. Moi (pleurant): Secouriste (me regardant): Je suis désolée pour vous et vous présente mes condoléances. Et c'est ce mot que je n'ai pas arrêté d'entendre encore et encore chaque fois que je croisais des personnes. Je me rends compte que je n'assimile pas ce mot "mes condoléances". Jamais je n'aurais pensé entendre ça à mon égard autant de fois. Je suis rentrée à la maison avec Sarah et Suzanne qui sont mes deux amis de l'école de commerce. Une fois dans mon appartement, je me suis mise à tout casser. Avec la douleur, j'ai tout cassé, tout envoyé voler contre les murs. J'ai ouvert mon armoire en pleurant et en criant ma peine. Les filles ne disaient rien et me regardaient. Elles surveillaient juste à ce que je ne me fasse pas de mal à moi-même. J'ai fini par tomber au sol en larmes, face contre terre. Moi (tirant sur mes vêtements): Pourquoi Seigneur… pourquoi… (en larmes)... Pourquoi papa… snif … je vais mourir. Suzanne (accroupie): Soraya… je sais que je ne comprends pas mais… on est là avec toi… Moi (hoquetant): Je veux parler à ma mère… je veux lui parler. Elle ne décrochait toujours pas. J'ai essayé par ma tante. J'ai essayé plusieurs fois avant qu'elle ne décroche enfin. Elle était en larmes également et choquée. Mon père était quelqu'un de bien, il était apprécié. Tante Mado (sous le choc): Soso… je ne sais pas quoi te dire. Il allait bien, ce matin il se plaignait de malaise et douleurs au ventre… ta maman l'a emmené à la clinique et ensuite il est décédé… (pleurant) … c'est choquant.  Moi (meurtrie): Je veux parler à ma mère… snif … stp tantine. Tante Mado : c'est compliqué Soso. Elle est enfermée dans la chambre. C'est une veuve et il fait un protocole. Moi (grondant): Je m'en fiche ! Je veux ma mère. Je veux lui parler. Tante Mado: Ok. Laisse-moi te rappeler. J'ai attendu 5 minutes qui m'ont paru une éternité. Quand ma mère a entendu le son de ma voix, elle s'est mise à crier et pleurer. L'entendre ainsi m'a déchiré le coeur, j'avais envie d'être près d'elle à l'instant. Je n'imagine pas son état. Mes parents étaient très amoureux, très complices tous les deux. Mon père a rencontré ma mère lorsqu'elle avait 20 ans et lui 24 ans. Un an plus tard, ma mère est tombée enceinte de moi et mon père l'a épousé juste après ma naissance. C'était une histoire d'amour entre eux. Je pouvais le voir et en témoigner. Mon père était tellement amoureux que sa famille s'offusquait et accusait ma mère de l'avoir envoûté. C'était chaque fois des problèmes entre la famille de papa et maman. Mais il l'a défendait à chaque fois. Le soir j'ai reçu un message de mon oncle qui m'informait qu'il me prenait un billet d'avion pour le surlendemain. C'est alors que j'ai sorti une valise que je me suis mise à ranger toujours en larmes. Je mettais tout et n'importe quoi à l'intérieur. Nous sommes en plein mois de février. Je ne sais pas comment je vais faire. C'est le second semestre qui va débuter. Je n'ai pas encore payé l'école et mon loyer mais je ne me préoccupe pas de ça actuellement. Sarah (me regardant): Tu sais combien de temps tu vas partir ? Moi (reniflant): Non… je ne sais pas comment ça va se passer. Peut-être 2 ou 3 trois semaines. Sarah (soupirant): On peut rester avec toi jusqu'au départ.  Suzanne: Tu veux manger un bout ? Moi: Je n'ai pas faim. Mon téléphone n'arrêtait pas de sonner mais je ne répondais qu'à la famille. Des messages j'en recevais des dizaines. J'ai fini par me déconnecter des réseaux sociaux pour être tranquille. Toute la nuit, j'ai pleuré dans mon lit. Je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit. Je repasse ma dernière conversation avec mon père. Il allait très bien la veille, tout allait bien. On a rigolé comme d'habitude, il était doux et gentil, on a parlé une bonne dizaine de minutes.  Je pleurais doucement. Qu'est-ce que maman et moi allons devenir? Il disait toujours que rien ni personne ne pouvait nous séparer. Il disait que tant qu'il est là, personne ne nous fera jamais du mal. Mon père été un acharné du travail, son entreprise prospérait grâce à sa détermination et il disait qu'il travaillait pour nous, pour que moi sa seule fille je ne manque jamais de rien. Mais pourtant aujourd'hui je manque de sa présence. Lorsque j'ai pris l'avion, c'était le cœur lourd et l'esprit vide. J'ai préféré dormir pendant les 7h de vol parce que je sais que ça va être compliqué à mon arrivée. Je ne sais même pas qui va venir me récupérer. Une fois descendue de l'avion, je me suis mis à angoisser. J'ai passé la police aux frontières et une fois ma valise en main, je suis sortie dans le grand hall. Je n'ai pas eu le temps de respirer que ma cousine et ma tante se sont jeter sur moi en pleurant. Je n'ai pas voulu pleurer mais tellement elle me serrait et se lamentait que j'ai fini par craquer. Nous sommes directement à Nzeng Ayong, plus on approchait de la maison plus ma tension prenait un coup. Une fois garé, j'ai bondi du véhicule en courant vers la maison et ignorant les gens autour de moi. J'ai foncé dans la chambre de mes parents qui était fermée. Moi: où est ma mère? Tante Christelle: Bonsoir Mlle. Moi (la regardant): Où est maman ? Tante Christelle: Déjà tu vas te calmer parce que c'est le deuil de mon frère. Tu n'es pas plus affectée que quelqu'un ici.  Moi (le cœur battant): Je veux juste voir ma mère. Tante Christelle (me toisant): Selon les rites de veuvage, tu n'es pas autorisée à la voir. Et ce jusqu'à la sortie du corps. Moi (pétant un câble): Je veux voir ma mère ok ? Je veux voir ma mère !! Je me suis mise à faire un boucan et à pleurer en attirant l'attention d'autres personnes qui l'ont rejoint. Ma tante m'a pris dans ses bras. Et les oncles sont arrivés. Tonton Claude: Christelle tu veux bien arrêter un moment ? Elle vient de perdre son père et tu vas aussi la priver de sa mère? Tante Christelle: Oui c'est comme ça. Il n'y a que les vieilles femmes ou d'autres veuves qui peuvent communiquer avec elle. Tante Mado: Oh tu nous emmerdes avec tes conneries ok ? Elle va voir sa mère ! Tante Christelle: Tu es chez mon frère ici donc tu n'as rien à dire. On ne l'écoutait déjà plus que ma tante m'a conduit devant la chambre d'ami en cognant. C'est une vieille qui a ouvert puis elle a refermé en me demandant d'attendre. Elle a ouvert deux minutes plus tard et je suis rentrée le cœur battant. Ma mère était assise sur une natte avec un voile noire sur sa tête. Je me suis jetée sur elle et à deux, on a rempli la pièce avec nos larmes et nos cris. Je la serrais tellement fort que son voile est tombée. Quand elle m'a regardé, on lui a mis une claque. La vieille (poussant la tête de ma mère): Tu baisses les yeux, ne la regarde pas. Sorcière va ! Moi (en larmes): Ne touche pas à ma mère. Tu ne la tapes pas. La vieille (me fixant): Ouvres encore ta bouche et tu vas encore longtemps pour la voir. Tante Mado (me tenant): il faut que tu te calmes Soso. La vieille lui a remis le voile sur le visage. Ma mère avait maigri, la tête rasée, elle a pris un coup de vieillesse. Je suis traumatisée et je suis sortie pleurer dans le couloir. J'avais des crampes d'estomac. Je n'ai rien mangé depuis l'annonce du décès de papa. Je n'ai bu que de l'eau. Je suis retournée dans le salon. On me regardait comme une bête de foire. J'ai fini dans la cuisine avec ma cousine Deborah et Tante Mado. Tante Mado: Soraya je ne veux pas que tu acceptes à manger ou boire de n'importe qui ok ? Restes sur tes gardes surtout avec les sorciers de la famille de ton père. Deborah: Tu veux manger un peu? Moi: Du pain ou de la banane. Deborah: Il y a des fruits. Des mangues, des pommes et bananes.  Moi (prenant 2 bananes): merci. Deborah (me regardant): Tu as maigri Soso. Moi (soupirant): À peine 3 jours. Je suis une fille ronde, ce qu'on appelle apoutchou pour rigoler. Il y a plus grosse que moi c'est sûr et certain. J'ai 22 ans, je fais 1m65 pour 90kg. Je n'ai jamais été mince, depuis petite je suis une boule. Je n'ai jamais cherché à maigrir. On se moquait de moi au primaire et au collège à m'appeler la boule, la grosse, maman gâteaux, doum doum. Aujourd'hui je m'en fous, mon physique plait tant mieux, il ne plaît pas tant pis, j'assume. Mon père me disait toujours que j'étais jolie avec un belle peau noire ébène. C'est ce qui compte et en soi, je me trouve belle de visage. J'ai terminé de manger les deux bananes en soupirant. Moi (levant les yeux): de quoi est mort mon père? Deborah (regardant sa mère): hum Tante Mado (fuyant mon regard): Il paraît qu'il a été empoisonné. Moi (fronçant les sourcils): c'est une blague? Il y a des preuves ? Tante Mado (soupirant): J'ai entendu Claude et Joseph dire mais je n'en sais pas plus. Moi (les yeux rouges): Mais qui a bien pu faire ça? Mais on ne peut pas laisser ça passer. Et les coupables dans la nature. Elles n'ont rien répondu d'autres et je me suis remise à pleurer en pensant que quelqu'un aurait délibérément fait du mal à mon père. Lui qui était doux, patient et généreux. Le monde est mauvais. Les vilis m'ont fait chier avec leurs rites de veuvage toute la soirée. Et les gens qui venaient se jeter chaque fois sur moi en pleurant et me poussant à pleurer avec eux. Je déteste ce qui se passe en ce moment. Le lendemain, j'ai décidé de m'impliquer dans l'organisation.C'était mon père et je suis sa fille unique. Je veux que l'on prenne en compte mon avis, je ne suis pas une gamine non plus. Tante Christelle me sort par tous les pores. Je ne l'ai jamais aimé toujours à chercher des problèmes. *** Anastasia Mabiala *** Depuis le décès de Fabrice, je suis devenue une pleureuse. Je pleure matin, midi et soir. Je pleure de chagrin, de douleur mais également parce qu'on m'y force surtout quand il y a un membre de la famille de Fabrice. J'ai toujours la même robe que l'on m'a déchiré à l'annonce de la mort mon mari. Je n'ai pas le droit de me changer. Je ne me déplace que pour mes besoins intimes et prendre une douche une fois par jour. Et à chaque fois, on cache mon visage sous ce voile noir et on m'accompagne. Il n'y a que des veuves ou vieilles femmes à qui je dois parler. Si quelqu'un veut me voir, il doit donner de l'argent et demander l'autorisation. J'ai le visage couvert et j'écoute sans répondre. Je ne mange qu'une fois par jour, du bouillon sans assaisonnement. Les deux premiers jours, j'ai été frappée et insultée. On m'a fait de petites incisions à la lame sur la peau et l'on m'a badigeonné un mélange citron/piment dessus. J'ai cru que j'allais mourir hier. Tout ça sous le commandement de ma sorcière de belle soeur Christelle. Mes freres ont pété un câble et ce fut la grosse dispute. Depuis la chambre je les entendait se crier dessus et se menacer. Tout ce qu'il faut ne me touche pas parce que l'absence de Fabrice est plus grande. Pour se rassurer que l'on ne me fasse pas plus de mal, ma famille a exigé qu'il y ai quelqu'un de notre côté pour surveiller le veuvage. Moi (pleurant): Fabrice… tu m'as menti… tu m'as menti quand tu disais que personne ne nous fera du mal… tu as menti quand tu as dit que tu ne m'abandonnera jamais… (éclatant en sanglots)... tu es où là? Ma fille est là et je ne peux pas me consoler avec sa présence. Quand j'entendais ces histoires de veuvage j'étais déjà dégoutée mais le vivre c'est encore pire, bien pire. Je souffre et encore plus que l'on m'accuse d'avoir tué mon mari, l'homme que je cherissais plus que tout. Soraya (entrant): maman? Moi (le visage caché): oui mon bébé… comment tu… vas? Soraya (triste): Rien ne va. Rien ne va et surtout lorsque je te vois comme ça. Moi: Soraya: Qu'est-ce qui s'est passé ce jour-là avec papa ? Moi (en larmes): Je ne sais pas… Il s'est réveillé en vomissant puis se plaignant de douleurs … (pleurs) … je n'ai pas tardé et je l'ai emmené à la clinique… il est mort quelques minutes plus tard… (éclatant)... Il a été empoisonné, tué et… Je me suis tue quand la porte s'est ouverte. Je ne veux plus de problèmes et Soraya a dû s'en aller. Je me suis recrocquevilléesur la natte en regardant le mur. Je suis épuisée psychologiquement et moralement.  Trois jours plus tard ce fut la sortie du corps. J'ai pris une douche et l'on m'a donné une robe en pagne propre. On m'a sorti de la chambre et j'ai vu que certaines choses avaient déjà disparues. Hum ! On m'a conduit dans le et vers le cercueil de mon mari, j'entendais Soraya pleurer et on la retenait. Quand je me suis approchée tremblante du cercueil et j'ai vu le visage de mon homme, je me suis écroulée avec l'émotion. Lorsque j'ai ouvert les yeux à nouveau, j'ai poussé un grand cri en m'enroulant. Christelle: une sorcière et comédienne en plus. Tu vas payer ça ! (Commençant à pleurer) … ayooooohhh mon frère oh … Fabrice regarde comment tu pars oh… ayooh pourquoi… Mado (la toisant): vulgaire femme. Tchuiiip Les gens sont allés l'attraper et la consoler. On m'a fait asseoir sur des feuilles de bananiers dans un coin près du cercueil afin que tout le monde me voit. J'avais toujours mon voile sur le visage. Les gens se sont mis à défiler pour rendre hommage. Ce fut long et ça a duré toute la nuit ainsi. Mes larmes sont finies, ce ne sont plus que des plaintes et lamentations de ma part. Je pense à ma fille, qu'allons-nous faire et devenir ? Je ne travaille pas. Fabrice était le genre d'homme qui prend soin de femme et enfant et ne te demande rien comme participation. Je n'ai si un niveau bac+2 parce que je suis tombée enceinte jeune et il a fait de moi sa femme. Fabrice était un homme d'affaires avec sa société maritime en charge. Ma seule ressource est l'institut de soin et le bar que je possède. Je sais déjà comment ça va se passer une fois qu'il sera enterré, les rapaces de sa famille vont nous dépouiller sans pitié. Je vais vivre et prendre soin de ma fille avec mon business. Le lendemain c'était l'enfer sur terre. Ils vont l'enterrer et je n'ai pas le droit d'y assister. J'ai dû lui dire au revoir à la maison. Je me suis accrochée au cercueil en hurlant ma peine et ma détresse. C'est vraiment la fin. Soraya (en larmes): mamaaaan… papa nous quitte… il s'en va. Moi (meurtrie): Fabrice tu m'as vraiment fait ça? J'ai mal… Je lui en veux mais je n'ose pas le dire. J'aimais mon mari d'un amour profond et sincère. C'est le seul homme que j'ai connu dans ma vie et je ne pense pas le remplacer un jour. Il m'a trop marqué. Oui il avait ses défauts mais c'était un grand amoureux, il m'appelait "ma vie" et moi je l'appelais "mon trésor". Aujourd'hui tout s'arrête. La vieille: On va aller te laver ! Tu dois enlever ton alliance. Moi: La vieille (grondant): Tu entends ce que je te dis ? Tchuiiip  Moi (baissant la tête): oui. La vieille: Si tu as tué cet homme, sache que plus personne ne voudra de toi.  Elles m'ont emmené dans une rivière salle en me tapant des feuilles et récitant des incantations. Elles m'ont frotté des lectures et je me suis mise à prier dans mon coeur pour annuler tout ça. Pendant deux heures, je n'ai fait que subir.  De retour à la maison, j'ai pu mettre une robe blanche et souffler un peu en attendant le retour de l'enterrement. Quand Soraya est revenue, on s'est isolée toutes les deux. Moi (séchant ses larmes): Ça va aller mon bébé. Ça va aller. Soraya: C'est tellement dur maman, j'ai trop mal au coeur. C'est un cauchemar. Moi: Je sais… mais il faut que l'on soit forte toutes les deux. Il n'y a plus que toi et moi… (pleurant) … tu es la plus belle chose que ton père m'a laissé. Soraya (me regardant): Comment ca va se passer maintenant ? Moi (séchant mes larmes): je veux que tu retournes et termines tes études. Ok ? Je vais tout faire pour avec ce que je gagne. Soraya: je peux tout abandonner, te rejoindre et continuer ici ? Moi: Non. Hors de question. Ce n'est pas ce que papa voulait pour toi. Soraya (soupirant): je n'ai pas envie de te laisser seule. Moi (la prenant contre moi): Ça ira. Dieu fera grâce. Soraya: Il me manque déjà. Je n'ai plus rien dit, je veux être forte pour ma fille. Si je ne l'aurai pas eu, je ne sais pas si j'aurai tenu sur cette terre sans mon homme. Nous avons dormis toutes les deux dans sa chambre. J'avais peur de retourner dans notre chambre, trop de souvenirs pour le moment. Le lendemain, je suis réveillée par mon téléphone. C'est Madeleine qui m'appelle d'urgence et me demande de la rejoindre à Glass et quand j'arrive, je comprends tout de suite. Je me gare en coupant le contact toute tremblante.  Moi (horrifiée): Seigneur mon Dieu. Mado: C'est Nina qui m'a appelé très tôt. Moi: Qu'est-ce qui s'est passé? Mado: on ne sait pas… Mon institut de beauté est en feu. Tout brûlé devant mes yeux et la fumée épaisse s'élève dans le ciel. Je suis tétanisée et je n'ose pas bouger alors que les riverains s'active pour maîtriser les flammes. Je pensais être au bout quand Mado raccroche et me regarde avec désolation. Moi: Quoi ? Mado (la voix grave): Ton snack bar est en feu également. Moi (le coeur battant): QUOI ? Mado: … Moi (les mains à la tête): Oh Seigneur ! Non mais qu'est-ce que tu es en train de le faire là? Mado: Qu'est-ce qu'on fait ? Moi: J'appelle la police. Ce n'est que maintenant que les pompiers arrivent et se charge d'éteindre complètement le feu. C'est un incendie criminelle, quelqu'un a versé du pétrole et mis le feu. Bien évidemment personne n'a pu identifier la personne. De l'autre côté à Sotega où il y a mon snack bar c'est la mele histoire. Je termine donc au commissariat à déposer des plaintes. Il est 15 heures quand je me retrouve à pleurer dans ma voiture. Comment vais-je faire avec mon enfant et pour ses études? Soraya (en ligne): Maman il faut que tu rentres. Fais vite stp. Je me dépêche de rejoindre la maison et quand j'arrive, je suis déjà rassurée qu'il n'y ai pas le feu. Il y a ma belle famille en grand nombre qui vide la maison. Christelle: Tu vas dégager de la maison de mon frère. Et tu prends ta bâtarde avec toi. b***e de sorcières. *** Prince Nzinga *** Depuis quelques jours, je suis calme et je traîne dans mon mapane. Je fume mon c*****e de temps en temps pour aérer mon esprit. Il y a des périodes où même le goudronnier prend des congés. J'ai donné quelques choses à la daronne pour l'aider avec les charges de la maison. Ma mère pense que je fais de petits boulots manuels par-ci par-là. Ce n'est pas faux, ça m'arrive de temps en temps. Je fala le gain chaque jour donc tous les moyens sont bons. Louise: Bonjour Escobar. Moi: Ça pète? Louise (souriante): on est là tranquille et toi ? Moi: je suis posé comme tu vois hein. Louise: ah ok. Pardon si tu vois Serge tu peux lui dire que je le cherche stp ? Moi: C'est grave ? Louise: non, on a des choses à régler. Moi: ok pas de nix, c'est top. Louise: merci. Je l'ai regardé s'en aller d'un pas lent. Je suis retourné dans la maison sortir mon linge que j'ai trempé. J'attend ma petite soeur Mia pour qu'elle me lave ça. Je suis un ndoss quand même, je ne vais pas bolé mon swag en levant le linge. J'ai fait tout de même à manger vu que je suis seul en journée. Maman au marché à vendre son manioc et son poisson et les enfants à l'école. Notre père ? Mort ! Accident sur la route. Pas besoin de vous dire que l'on a été abandonnés à nous-mêmes et sans soutien. À 17h, je suis sorti me balader un peu. Je suis allé jusqu'à l'échangeur et j'ai commencé à observer un peu. C'est plus fort que moi donc j'ai fait le pickpocket un peu. J'ai quitté la zone et j'ai coupé par une route quand j'ai croisé le chemin d'une jeune femme. De loin je la trouvais mignonne, femme ronde mais bandante tu vois. Genre apoutchou dans son jus quoi avec un bezu teint. Je l'ai bousculé exprès puis j'ai voulu tirer son sac mais elle a mis de la résistance. Nos regards se sont croisés. Moi (la fixant): Apoutchou lâches ça ! Elle (soutenant mon regard): Je ne suis pas d'humeur et tu ne me fais pas peur. Moi: Oh je wanda ! Je n'ai pas envie de me répéter. Elle (serrant son sac): Ok. Elle mettait vraiment de la résistance et l'on se fixait. Il y avait des gens qui arrivaient donc j'ai lâché son sac en souriant. Moi (la fixant): On va se revoir et tu vas le regretter. Elle (soutenant mon regard): Quand tu veux ! *** Anastasia Mabiala *** Christelle: Sortez moi tout ça ! Moi (révoltée): Oh madame stop ! Tu n'es pas chez toi ici ok ? Christelle (me toisant): Pardon ? Moi: Ici c'est chez moi Christelle et tu en as trop fait depuis le début. Ça suffit maintenant. Christelle: Je rappelle qu'ici c'est la maison de mon frère. Tu n'as rien à me dire. Moi: La maison de ton frère ? Tu dis bien de TON frère et non LA TIENNE ! Donc tu prends tes gens et vous dégagez de chez moi tout de suite. Christelle: Tu crois parler à qui Anastasia ? Tu vas dégager d'ici. Tu as assez profité des biens de mon frère comme ça, ok ? La belle vie c'est terminé, les voyages, les vacances, la beauté et tout ça ça s'arrête. Moi (la fixant): Tout ce qui est ici est à ma fille et moi. Tu n'as aucun droit, je vous ai laissé faire pendant le deuil mais c'est terminé. Plus rien ne va bouger d'ici. Mais tu n'as pas de dignité? Tu n'as pas de vie ou de foyer à gérer? Ah j'avais oublié que tu n'es qu'une frustrée et mal baisé. Une vieille peau et ménopausée. Je n'avais pas terminé de parler qu'elle s'est jetée sur moi en me mettant une claque. Avec la journée que je suis en train de passer, je n'ai plus rien à perdre. Je l'ai poussé en la faisant tomber et je suis montée sur elle. Christelle est la seule fille Mabiala. Ils étaient quatre. L'aîné Antoine est décédé il y a 5 ans, ensuite Roland (54 ans), Christelle (52 ans) et mon Fabrice (47 ans). Elle s'est toujours pris pour une reine et toujours à fouiller dans la vie de ses frères et emmerder les gens. On la connaît déjà dans la famille. Une aigrie parce qu'elle ne sait pas gérer un foyer. J'étais sur elle en train de lui mettre de sérieuses gifles à n'en plus finir. Toute ma douleur, ma frustration, j'ai déversé ça sur elle. Tout ce que j'ai subi comme maltraitance pendant une semaine, je voulais lui rendre ça. J'ai fini par déchirer même sa robe en pagne. Soraya (me tirant): Maman c'est bon. Moi (enragée): Elle m'emmerde celle-là à la fin ! Christelle (se relevant): Sauvage et sorcière. Mon frère vient d'être enterré et tu montres déjà ton vrai visage. Tu veux aussi me tuer Moi: C'est toi la vraie sorcière ici. Mon mari a été enterré hier et aujourd'hui tu commences à montrer que tu es une sorcière, mal élevée.
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