CHAPITRE III LE DIABLE DANS LA MUSIQUE « Écoutez bien, mon jeune ami, recommanda Ahasverus à l’élève à qui il donnait une leçon d’harmonie. Le vieux musicien se pencha sur le piano et ses longs doigts osseux coururent sur les ivoires et les ébènes du clavier. Les cordes émirent une suite de sons discordants, infiniment étranges, tous dans les graves, et qui glaçaient les os. Ahasverus, qui observait du coin de l’œil les réactions de son élève, sourit devant son trouble et expliqua : – Cette mélodie, voyez-vous, progresse par quartes augmentées, en fausse relation de triton. Au Moyen Âge, en Europe, on parlait du diable dans la musique. En Orient, et particulièrement en Chine, cet écart de notes était strictement interdit. Quiconque l’employait était passible de la cangue, ou d’un sup


