À CŒUR HYPOCRITE

480 Mots
Mon poudrier en main, je tapotais l'éponge sur mes joues. Mon regard croisa celui du chauffeur de taxi. Je le trouvais pitoyable. Il me dégoûtait ! Avec son air béat, collé sur son immonde visage recouvert de bouton s'apparentant à des pustules, il ressemblait à crapaud en rut. Après plusieurs rues et détours, le véhicule s'arrêta devant un immeuble. — Madame, nous sommes arrivés. Sans qu'il puisse l'anticiper, je lui jetais au visage les billets, puis claquais la portière. — Excusez-moi Madame, criait-il après moi. Vous avez oublié votre livre. Il me tendit le dernier tome de la trilogie 34 nuances à servir. Je l'arrachais de ses mains, le toisai, puis repris ma route. En gardant le livre dans mon sac, j'eus une pensée pour cette idiote de Nael. Un sourire se dessina sur mes lèvres. La rue qui menait à la maison, je la pris sans un regard pour ces dégénérés de mec dont les yeux étaient piégés dans l'échancrure de ma robe. Mes talons Dior claquaient sur le bitume rongé par les déchets plastiques, ma silhouette callipyge se déhancha à travers les passants dont l'odeur m'était dégoûtante. — Ma petite Lauriane, viens t'amuser avec moi, tu vas voir, je vais bien m'occuper de toi, cria un mec sur une moto. — N'écoute pas cet idiot, vocifère d'autres. — Laisse ces puceaux ma beauté et vient plutôt t'amuser avec moi, répliqua un mec sur le balcon de son immeuble. — Lauriane, je t'aime ! beugla un autre qui avait à peine seize ans. Ces louanges à ma beauté n'avaient plus rien d'étrange à mes yeux. Tous ces sans-sous, avec qui je ne me voyais même pas dans un cauchemar mendiaient mon attention. Enfin, même si Badangels me sortait par les trous du nez, c'était mon terrain de jeu préféré. Tous les mecs de mon secteur me tournaient autour. Fier de mes exploits, je me déhanchais encore plus en saluant certains, en regardant d'autres, le tout sous les sifflements percutant et la clameur de ces dégénérés sans fric. Alors que je m'apprêtais à ouvrir la porte, je fus interpellée par Trent, un de ces dégénérés, doublé de mendiant tellement il était pauvre et sans goût. Je le regardais de haut en bas, le dévisageant avant d'accepter de parler avec sa pauvre personne. — Hé Lauriane, ça fait un bail que l'on ne te voit pas dans le quartier. — Dis-moi tu as gagné au Loto, je lui demandais moqueuse. — Non... me répondit-il perdu par la question. — Je me disais bien, vu ton style de rappeur bas de gamme... Si tu veux un conseil, mon chou, achète-toi une vie et des vêtements. Je le criais assez fort pour que l'on puisse l'entendre. Ensuite, je passais la main dans mes cheveux, ne prenant plus la peine de regarder ce mec au cerveau de poêle à frire et claquais la porte.
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