POINT DE VUE DE PETTER
— m***e ! Je déteste me rendre à Richet. Surtout si c'est pour surveiller cette meuf.
Je jetais mon jogging dans le panier à linge qui était en face de mon lit et déposais mon téléphone sur mon petit bureau, puis fermais la fenêtre qui donnait sur les toits autour de l'immeuble.
Ne voulant plus penser à cette meuf, je décidais d'aller prendre ma douche. J'enlevais mon t-shirt et restais juste avec mon slip pour me rendre dans la salle de bain. Je traversais assez vite le couloir étroit éclairé par une ampoule qui clignotait comme celle des hangars désaffectés des films d'horreur de 80.
L'eau était froide. Elle pénétrait ma peau et gelait jusqu'à mes orteils. Je frissonnais. Je fermais le robinet et me passais du savon. Quand je l'ouvris à nouveau, aucune goutte d'eau.
Mais p****n qu'est-ce que je vais bien pourvoir faire maintenant avec toute cette mousse ? Fait chier !
Une serviette autour de ma taille, je sortis de la douche et manquais de glisser en allant à la cuisine. Le problème ne concernait pas uniquement la salle de bain comme je le croyais. L'eau avait été coupée.
Agacé, frustré, je ne pus me retenir.
— Vraiment, t'es sérieux ? Il ne me manquait plus que ça ! m'écriais-je en regardant vers le ciel.
Je sortis de l'appart et alla toquer chez la voisine, madame Devagio. C'était une adorable commère, qui avait dépassé cinquante ans d'âge. Elle partageait sa vie entre les racontages du quartier et ses chats à qui elle vouait un amour vaudouesque.
Je mis un moment devant la porte, puis elle s'ouvrit.
— Salut la vioque ...
— Désolé Petter mais c'est pas ma grand-mère.
Oh, bon sang, il ne manquait plus qu'elle !
Elene, était la petite-fille de madame Devagio. Une jolie rousse aux formes généreuses. Nous nous connaissions depuis que nous étions gosses. Et disons que par le passé nous nous rendions des services... spéciaux. Même si aujourd'hui, je les regrettais amèrement.
— Qu'est-ce qui s'est passé pour que tu sortes aussi peu vêtue et avec toute cette mousse sur le corps ?
Elene tout en posant sa question laissa glisser sa main de mon torse jusqu'au haut de ma serviette.
J'eus un mouvement de répulsion, malgré cela, elle ne démordait pas.
— Je croyais que c'était clair Elene...
— Pourtant, c'était bestiale entre nous, huuumm. Viens que je te réchauffe sinon avec tout ce froid, tu risques d'avoir un rhume, dit-elle presque en roucoulant.
Sa remarque m'avait retourné le bide. Je n'avais plus envie de ressasser de vieux démons.
— Sans façon, je veux juste savoir si je peux prendre ma douche.
— Ne sois pas si froid avec moi mi amor, tu sais que ça fait grimper ma température.
Elene envoya sa main vers le centre de mon bassin. Je ne pus m'empêcher de l'arrêter dans un geste ferme.
— Arrête Elene !
La jeune rousse sursauta. Je me rendis compte de mon ton sévère. Malgré la gêne qui nouait ma gorge, je ne démordais pas :
— C'est juste que je n'ai plus envie de revivre ça, ou de te faire revivre ça.
— Moi ça me dérange pas, vois-tu, dit-elle en posant sa main sur mes pectoraux.
Malgré mes mots, la meuf ne semblait pas démordre. Elle avait toujours un sourire aguicheur. Alors je me retournais.
La voie qui menait à ma porte me fit face, quand soudain la voix de madame Devagio me retenu.