II La fouleDans la matinée où prit fin la bacchanale chez Bacchis, il y eut un évènement à Alexandrie : la pluie tomba. Aussitôt, contrairement à ce qui se passe d’ordinaire dans les pays moins africains, tout le monde fut dehors pour recevoir l’ondée. Le phénomène n’avait rien de torrentiel ni d’orageux. De larges gouttes tièdes, du haut d’un nuage violet, traversaient l’air. Les femmes les sentaient mouiller leurs poitrines et leurs cheveux hâtivement noués. Les hommes regardaient le ciel avec intérêt. Des petits enfants riaient aux éclats en traînant leurs pieds nus dans la boue superficielle. Puis le nuage s’évanouit parmi la lumière ; le ciel resta implacablement pur, et peu de temps après midi la boue était redevenue poussière sous le soleil. Mais cette averse passagère avait su


