III Chrysis immortelleQuand Démétrios se retrouva seul dans son atelier rouge encombré de marbres, de maquettes, de chevalets et d’ébauches, il voulut se remettre au travail. Le ciseau dans la main gauche et le maillet au poing droit, il reprit, mais sans ardeur, une ébauche interrompue. C’était l’encolure d’un cheval gigantesque destiné au temple de Poséidon. Sous la crinière coupée en brosse, la peau du cou, plissée par un mouvement de la tête, s’incurvait géométriquement comme une vasque marine onduleuse. Trois jours auparavant, le détail de cette musculature régulière concentrait dans l’esprit de Démétrios tout l’intérêt de la vie quotidienne ; mais le matin de la mort de Chrysis, l’aspect des choses sembla changé. Moins calme qu’il ne voulait l’être, Démétrios n’arrivait pas à fixe


