XXIXLe soir, Rarahu et moi, nous étions assis sous la véranda de notre case ; on entendait partout dans l’herbe les bruits de cigales des soirs d’été. – Les branches non émondées des orangers et des hibiscus donnaient, à notre demeure un air d’abandon et de ruine ; nous étions à moitié cachés sous leurs masses capricieuses et touffues. – « Rarahu, disais-je, ne veux-tu plus croire au Dieu de ton enfance, qu’autrefois tu savais prier avec amour ? » – « Quand l’homme est mort, répondit lentement Rarahu, – et enfoui sous la terre, quelqu’un pourrait-il l’en faire sortir ? » – « Pourtant, dis-je encore, en me rattachant à certaines croyances sombres qu’elle n’avait pas perdues, – pourtant tu as peur des fantômes ; tu sais bien qu’à cette heure même, autour de nous, dans ces arbres, peut-êt


