XLINous nous dirigions tous deux, à cette heure déjà avancée de la nuit, vers le district de Faaa, où Taïmaha allait me montrer son plus jeune fils Atario. Avec une condescendance légèrement railleuse, elle s’était prêtée à cette fantaisie de ma part, fantaisie qu’avec ses idées tahitiennes elle s’expliquait à peine. Dans ce pays où la misère est inconnue et le travail inutile, où chacun a sa place au soleil et à l’ombre, sa place dans l’eau et sa nourriture dans les bois, – les enfants croissent comme les plantes, libres et sans culture, là où le caprice de leurs parents les a placés. La famille n’a pas cette cohésion que lui donne en Europe, à défaut d’autre cause, le besoin de lutter pour vivre. Atario, l’enfant né depuis le départ de Rouéri, habitait le district de Faaa ; par suite


