XLIVIl était environ trois heures quand je rejoignis l’avenue tranquille où Rarahu m’attendait ; on sentait déjà dans l’air la fraîcheur humide du matin. – Rarahu, qui était restée assise dans l’obscurité, jeta ses bras autour de moi quand j’entrai. Je lui contai cette nuit étrange, en la priant de garder pour elle ces confidences, pour que cette histoire depuis longtemps oubliée ne redevînt pas la fable des femmes de Papeete. C’était notre dernière nuit… et les incertitudes du retour, et les distances énormes qui allaient nous séparer, jetaient sur toutes choses un voile d’indicible tristesse… À cet instant des adieux, Rarahu se montrait sous un jour suave et délicieux ; elle était bien la petite épouse de Loti ; elle était doucement touchante dans ses transports, d’amour et de larmes.


