XLVLes premières lueurs indécises des jours vinrent m’éveiller, après quelques moments de sommeil. Dans cette confusion, dans cette angoisse inexpliquée, qui est particulière au réveil, je retrouvai mêlées ces idées : le départ, quitter l’île délicieuse, abandonner pour toujours ma case sous les grands arbres, et ma pauvre petite amie sauvage, et puis, Taïmaha et ses fils, – ces nouveaux personnages à peine entrevus la nuit, et qui venaient encore, à la dernière heure, m’attacher à ce pays par des liens nouveaux… La triste lueur blanche du matin filtrait par mes fenêtres ouvertes… Je contemplai un instant Rarahu endormie, et puis je l’éveillai en l’embrassant : – « … Ah ! oui, Loti, dit-elle,… c’est le jour, tu me réveilles, et il faut partir. » Rarahu fit sa toilette en pleurant ; ell


