IV Le dîner ne fut guère joyeux. M. Anatole Basan était affamé ; cependant, il mangea à contrecœur et en faisant d’assez vilaines grimaces, car il n’était pas habitué à une semblable nourriture. Sans la crainte de déplaire à son oncle, il aurait certainement repoussé avec horreur tout ce qu’on lui présentait. L’oncle Pascal se faisait comme un malin plaisir de le torturer. – C’est ainsi que nous vivons chaque jour, disait-il, aussi économiquement que possible. Puis, frappant sur l’épaule de son neveu : – Je ménage ta fortune, ajoutait-il. Pendant ce temps, Basan faisait de vains efforts pour avaler une pomme de terre. – Quand tu seras habitué à notre genre de vie, continuait l’impitoyable M. Bernard, tu n’en voudras plus d’autre. Soir et matin la soupe. À midi du pain et du lard, arr


