II Un matin M. Bonardin se dit : – Il y a un an que je ne suis pas allé à Paris ; il faut que je fasse encore une fois ce voyage. Ce sera le dernier, probablement, car je me sens faible, usé, et la mort ne tardera pas à venir me trouver. Il ouvrit un secrétaire, et prit, dans un tiroir, un portefeuille qu’il vida sur une table. Il compta quinze cents francs en billets de banque. – Quinze cents francs, dit-il ; je n’ai économisé que cela, depuis mon dernier voyage, c’est peu. Mais je n’ai rien refusé à Juliette ; elle aime les pauvres, elle a toujours eu quelque chose à leur donner. Pour elle, je fais des folies : je veux qu’elle soit mise aussi richement que les dames du pays. Une toilette fraîche et jolie lui va si bien !… Elle est vraiment belle, ma Juliette. Ah ! ah ! fit-il en rian


