III M. Jérôme Bonardin ne fut absent que quinze jours. Il avait trop présumé de ses forces en se mettant en route ; il revint fatigué, brisé, malade. Dans ces quinze jours la vieillesse s’était singulièrement hâtée : Jérôme avait usé plusieurs années. Son maigre corps, droit encore jadis, se penchait vers la terre ; son œil devenait terne, ses mains tremblantes, et ses jambes fléchissantes semblaient ne plus vouloir marcher. C’était un avertissement qui lui était donné de se préparer à mourir. Il le comprit. – Quand on n’est plus bon à rien, se dit-il, il faut bien s’en aller. J’ai rempli aussi bien que possible les beaux jours que Dieu m’a donnés ; j’ai vécu pour les autres plus que pour moi. J’aurais pu être meilleur et plus parfait encore ; mais, au milieu d’un monde méchant et égoïst


