Je triture ma saint Jacques du bout de ma fourchette alors que j'écoute distraitement Robin.
Cette journée est décidément à chier.
Je pensais que je pourrais au moins compter sur les autres invités et particulièrement sur ma voisine de gauche, Adelle, pour me porter secours de la lassitude que s'avère être le pot de colle à ma droite, mais celle-ci est pendue aux lèvres de son copain, Maxence.
Je redresse la tête et je me mets à inspecter les invités. L'homme installé en face de moi attire mon attention. Lui non plus, ne semble pas apprécier les festivités, ou du moins la table à laquelle il se trouve. Il n'a pas décroché un mot depuis le début du repas, pas faute de sa voisine qui a plusieurs fois essayé de lui parler mais qui a fini par se rabattre sur son voisin de gauche après s'être fait rembarrer froidement.
Bien plus frappée par sa beauté que sa froideur, je m'aventure à porter bien plus de sollicitude à cet individu qu'à mon interlocuteur qui doit parler désormais dans le vide. La première pensée qui me traverse l'esprit est que la négligence qu'il porte à son apparence le rend atrocement séduisant. Des cheveux noir en bataille, un visage fermé, un peu sévère, une cravate mal nouée et les derniers boutons de sa chemise non boutonnés.
Je ne sais pas combien de temps je le fixe mais suffisamment longtemps pour qu'il remarque mon insistance. Prise en flagrant délit, je lui souris nerveusement et détourne aussitôt le regard.
-Ariane, tu m'écoutes? intervient Robin.
Je secoue ma tête pour reprendre mes esprits.
-Bien sûr, excuse-moi tu disais?
Robin pose sa main sur la mienne et je ne peux m'empêcher de sursauter face à cette proximité soudaine.
-Tu es sûre que tout va bien? Tu as l'air décontenancée.
Je retire ma main et me lève à la hâte en essayant d'ignorer le regard austère que je sens posé sur moi.
-Oui, ne t'inquiète pas, j'ai juste besoin d'aller aux toilettes.
-Tu veux que je t'accompagne?
Je le stoppe alors que je le vois commencer à se redresser de sa chaise.
-Vraiment, ce n'est rien. Profite du repas, je reviens dans cinq minutes.
Je m'éclipse à l'extérieur. L'air frais caresse mes épaules nues et me fait légèrement frissonner, maintenant que j'y pense, il fait une chaleur insoutenable à l'intérieur. Je repense à l'homme en face de moi, même la froideur qu'il dégageait ne pouvait pas atténuer le feu ardent qui brûlait en moi lorsque je l'observais.
-Vous vous êtes perdue?
Je me tourne vers le propriétaire de la voix rauque. Je tombe des nues lorsque je reconnais l'individu au regard perçant. J'étais loin de m'imaginer qu'il me suivrait. A cette idée, je sens mes joues s'empourprer.
-Les toilettes sont de l'autre côté, ajoute-t-il.
Je me racle la gorge.
-Je crois que j'avais plus envie de prendre l'air que de me soulager la vessie.
Je le vois fouiller dans sa poche et sortir un paquet de cigarette. Il me tend le paquet et m'en propose une. Je décline, ayant arrêté l'année dernière. Vu la tournure de cette soirée, mon mental est au plus bas, une cigarette et je replonge. Il hausse les épaules.
-Je comprends, Robin est insupportable.
-Vous le connaissez ? Je demande soudain curieuse, comme il n'adressait la parole à personne, je pensais qu'il était plus ou moins dans la même situation que moi.
Il saisit un briquet et allume sa cigarette. Il porte le bâtonnet de tabac à ses lèvres avant de recracher un nuage de fumée. Absorbée par son geste, je me surprends à m'humecter les lèvres, me demandant quel goût ont les siennes.
-Si je le connais ? Je me coltine ce type depuis le lycée, à ce stade je n'envisage que le meurtre pour m'en débarrasser.
Il reprend une taffe. Je suis suspendue à ses lèvres, je ne pensais pas qu'une bouche et ses mouvements pouvaient être aussi captivants.
-D'habitude, c'est moi qu'il vient faire chier, j'étais content qu'il se trouve une nouvelle personne à emmerder, mais maintenant, je vous prends presque en pitié. Vous avez l'air exténuée alors que nous ne sommes même pas au plat de résistance.
Je soupire. Si ce mec aux allures froides n'a jamais réussi à se débarrasser de cette sangsue, je vois mal comment je pourrais y parvenir.
-Je ne vais pas vous contredire là-dessus.
-Au fait, je m'appelle Ariane, je reprends. Je suis la cousine de la mariée.
Il m'observe longuement ne se privant pas de laisser son regard parcourir ouvertement mon corps. Habituellement, je ne tolère pas ce comportement mais cette fois-ci me paraît différente, je me sens désirée.
-Vincent. Il marque une pause. Un ami du marié.
Je ne sais pas si c'est l'effet de cette soirée nulle à en mourir qui le rend comme ça ou s’il se comporte ainsi naturellement mais je le trouve détaché.
-Et sinon tu fais quoi dans la vie ? Enfin, je peux te tutoyer? J'enchaine, gênée par le silence qui s'installe.
Il acquiesce mais ne me répond pas pour autant.
-Médecin? Un collègue de Alexander?
Il reste de marbre alors je continue mon jeu de devinettes.
-Avocat ?
Pas de réponse. Il se contente de faire tomber le reste de son mégot sur le bitume et de l'écraser avec le talon de sa chaussure.
-Dommage, l'idée de t'imaginer dans une robe me plaisait bien. Pas que j'ai ce genre de fantasme.
Je me mords la langue pour me reprendre. Je penche la tête sur le côté pour capter son attention tout en prenant soin de l'analyser. Maintenant qu'il est plus près, j'arrive à distinguer les détails de son visage. Des sourcils broussailleux, des yeux verts bordés par de longs cils noirs, une mâchoire carrés fraîchement rasée pour l'occasion. Je remarque même un grain de beauté dans le coin de son œil droit.
-Tu es plutôt sexy, sûrement trop pour être dans l'enseignement, au risque d'être poursuivi par une foule de gamines en chaleur. Sérieux si j'avais eu un prof de philo comme toi je crois que j'aurais plus suivi les cours et j'aurais peut-être eu la moyenne au bac dans....
Vincent me fait taire en posant son pouce sur mes lèvres. Je le regarde observer mes lèvres les caressant sensuellement.
-Tu parles trop, Ariane.
-Dans ce cas,
Je ne termine pas ma phrase que mes lèvres rencontrent les siennes. Le b****r est passionné, et bien que je connaisse à peine cet homme, il représente bien plus que n'importe quel autre b****r que j'ai pu échanger auparavant.
-J'avais envie de faire ça depuis que je t'ai vu débarquer dans ce p****n de château, murmure-t-il en se détachant de moi.
Je me lèche la lèvre inférieure pour ne pas perdre chaque particule qu'il a laissé sur moi tandis que je sonde ses yeux verts.
-Intéressant, je balbutie en tentant d'assimiler ses paroles.
Moi, j'ai attiré l'attention d'un homme aussi séduisant que lui au premier regard?
Il se penche dans le creux de mon cou et le parsème de baisers. Je l'attire plus haut pour pouvoir l'embrasser à nouveau.
-J'ai une chambre à l'étage, soupire Vincent entre deux baisers.
-Et le repas? Je rétorque, embrassée. On ne peut pas partir comme ça. Les gens vont se demander où nous sommes.
-Pourquoi pas ? Ne me dis pas que tu t'inquiètes pour Robin?
Un sourire de défi étire ses lèvres. A cette vision, mon cœur se met à tambouriner ma poitrine.
-Tu délires complètement. Tu sais quoi? Allons dans cette chambre.
Vincent me plaque contre la porte et pose ses paumes contre le bois, m'encerclant entre ses bras tout en m'embrassant. Je noue mes mains autour de sa nuque tandis que je le sens fermer la porte à clef.
Je frissonne lorsqu'il quitte mes lèvres pour s'aventurer dans mon cou. Sa main effleure mon épaule avec délicatesse provoquant en moi des frissons le long de mon échine. Tandis que son souffle chaud s'écrase dans le creux de mon cou, il retire habilement la bretelle de ma robe avec une extrême lenteur.
Je m'élève sur la pointe des pieds et empoigne sa chevelure ébène. Je me presse contre lui pour lui partager le désir qui m'anime. Il m'en faut plus. Vincent semble comprendre que je n'apprécie pas qu'il joue avec ma patience car ses mains viennent se plaquer sur mes fesses, je gémis de plaisir et prends une grande inspiration dans sa chemise imbibé d'eau de Cologne. Vincent me soulève et j'enroule mes jambes autour de sa taille. Alors que je parsème sa mâchoire de b****r, il se dirige vers le matelas du lit deux places qui repose au centre de la pièce et s'assoit.
Je m'aventure sur son torse par-dessus le tissu qui recouvre son corps, je devine une musculature bien dessinée. Avide de désir, je déboutonne sa chemise avec empressement. Vincent aussi, semble impatient car il fait sauter les derniers boutons que je peine à défaire pendant que je l'embrasse toujours et retire sa chemise.
Il se débarrasse de ma robe et dévoile mes seins nus. Mes mains glissent sur ses épaules, dans son dos, sur son ventre. Bordel, ce qu'il est sexy.
Il interrompt notre b****r et fait parcourir sa langue sur mon cou, ma clavicule pour s'attaquer à ma poitrine. Il mordille l'un de mes tétons pendant qu'il malaxe mon autre sein. Je plonge ma tête dans le creux de son cou sans pouvoir retenir mes gémissements. Je mords et lèche sa peau, je décèle un léger goût salé.
Ses doigts qui torturaient mon mamelon serpentent mon buste, passent sur mon nombril jusqu'à atteindre l'élastique de ma culotte. Je me cambre, son toucher est bien plus électrisant que n'importe quel autre homme qui m'a touché jusqu'à présent. Est-ce en raison des circonstances? Je n'ai jamais expérimenté une partie de jambe en l'air avec un inconnu et je dois admettre que c'est loin d'être désagréable.
A mon tour, je me glisse dans son pantalon et caresse son érection significative à travers son boxer. Un râle de plaisir s'échappe de ses lèvres mais il repousse ma main.
-Laisse-moi faire.
Il me renverse sur le dos et se positionne au-dessus de moi. Il immisce un de ses genoux entre mes jambes pour me forcer à les écarter.
-Laisse-moi te procurer du plaisir comme jamais tu n'en as jamais eu.
-Tu sembles plutôt confiant pour quelqu'un qui n'a aucune connaissance de mes précédentes relations sexuelles.
Un sourire en coin se glisse sur ses lèvres pulpeuses.
-Je n'ai pas besoin de te questionner sur cette partie de ce passé pour savoir que je te ferai jouir cette nuit, mon ange.
Il ne laisse pas le temps de répliquer pour m'arracher un hoquet de surprise. Je sens sa main se faufiler entre mes cuisses et caresser mon c******s du bout de son index à travers la dentelle de ma culotte.
Je me cambre sous ses mouvements précis tandis qu'il profite de mes gémissements pour introduire sa langue dans ma bouche. Ses doigts écartent habilement le tissu qui protégeait mon intimité jusqu'à présent. Il effleure mon bouton de plaisir, joue avec et le pince. J'écarte un peu plus mes jambes pour lui faciliter l'accès. Je m'abandonne totalement aux gestes de Vincent, alors que je sens l'o*****e monter, il se stoppe.
-Passons aux choses sérieuses, d'abord.
Il sort un sachet métallique. Je me mords la lèvre inférieure, dévorée par le désir, en l'observant enfiler le préservatif.
Vincent se penche au-dessus de moi et s'insère lentement. Il est doux et parsème ma peau de b****r. Il me laisse quelque temps pour m'habituer à sa présence avant de commencer à bouger. Je me cambre alors que ses coups de bassin se font de plus en plus intenses. Je laisse échapper un cri de plaisir qui semble lui plaire à en juger par son air jouissif. Je m'accroche à ses épaules, le griffe, agrippe sa chevelure.
Ma poitrine tressaute à chaque fois que ses hanches se heurtent aux miennes. Ma peau est un brasier. J'ai chaud, si chaud mais submergée par le plaisir. Les mains de Vincent se font plus possessive, il me touche, me pince, me caresse.
- Tu... es...
Il ne termine pas sa phrase. Au lieu de ça, il accélère ses mouvements, qui deviennent plus marquants. J’ondule au même rythme qu'il impose. Sa respiration se fait aussi rapide que ses coups de bassin.
-Encore, Vincent, s'il te plait.
-Ariane, je ne tiens plus.
Les gémissements qui m'échappent rendent nos ébats plus pressants, jusqu'à ce que j'en tremble de plaisir. L'o*****e qui me traverse est foudroyant, si bien que mon pouls me fait mal.
Dans un coup puissant, il gémit dans mon oreille et ses mouvements deviennent lascifs. Je me cambre et rejette la tête en arrière.
Je tourne ma tête vers Vincent.
-Ariane, tu...
-Oui? Je l'encourage à continuer alors qu'il semble vouloir abandonner.
Quelques secondes qui semblent durer des heures s'écoulent.
-Je t'aime bien.
Je rigole légèrement.
-Tu m'aimes bien juste parce qu'on a couché ensemble?
Il semble désemparé un court instant.
-Non, bien sûr que non.
Moi aussi, il se pourrait que je l'aime bien.