~~Elvira KONATÉ~~
Je suis Elvira KONATÉ. Je suis là deuxième fille d'une famille de trois enfants. J'ai 25 ans et je suis en deuxième année de master dans une des prestigieuses universités d'Abidjan. Je dois soutenir cette année en informatique et après je pourrai songer à chercher un emploi. Je suis actuellement en salle de cours mais il se trouve que le professeur a fait un retard et ce n'est plus sûr qu'il puisse être là aujourd'hui. Je ramasse donc mes affaires et pars m'asseoir au fond de la salle avec mes deux meilleures amies. Disons que ce sont les seules avec lesquelles je m'entends dans cette université. Je trouve la plupart des filles vraiment coincées et les autres se prennent trop. Ces filles-là croient qu'elles sont trop arrivées. Le fait de sortir avec certains de nos professeurs les montent trop à la tête. Bref je m'en vais rejoindre mes amies pour une séance de causerie interminable. Je ne m'assoie pas avec elles pendant les cours parce que je sais qu' ensemble nous n'allons rien écouter et moi je tiens à valider mon année.
Je les trouve en train de critiquer l'accouchement d'une fille et je pouffe de rire quand je prête attention à son habillement. Certaines filles n'ont aucune classe. C'est notre passe-temps ici à l'Université quand nous n'avons rien à faire. Avec Fatima et Vinia nous passons notre temps à laisser des commentaires sur la vie des autres.
-Elvira KONATÉ : Salut les filles.
-Fatima: On dit quoi la plus studieuse ?
-Elvira KONATÉ : Arrête de m'appeler ainsi. Tu sais très bien pourquoi je me mets au sérieux dans mes études.
-Fatima: Oh je plaisantais copine.
-Vinia: Toujours aussi bien habillé. Tu es coquette.
-Elvira KONATÉ : Comme toi bb. Merci.
Je prends place aux côtés de Fatima et nous parlons de tout et de rien. Plongée dans la causerie je ne me rends pas compte que ma mère m'avait manqué en appel et qu'elle tentait toujours de me joindre. Je saisis mon téléphone et me met à l'écart. Je me demande bien ce qu'elle veut me dire. Je viens à peine de quitter la cour et il n'est même pas midi. Je décroche son appel et elle lui fait savoir que je dois rentrer tout juste à la fin des cours et sans tarder. À ce qu'il paraît on aura une petite réunion familiale. Ça je ne me sens pas du tout bien. Ce genre de réunion chez nous ne présage rien de bon. Mais comme je n'ai rien à me reprocher je suis sereine.
Ah je ne vous ai pas présenté ma mère. Elle c'est Amina KONATÉ et mariée à Daniel KONATÉ. Ce sont les deux amours de ma vie et j'aimerais un jour avoir une vie amoureuse et un foyer similaire à la leur. Mes parents ne sont pas aussi riches que ça mais ils ne sont pas plus pauvres. La preuve est que ma petite sœur Cynthia et moi étudions toutes dans des universités privées.
Ce fût aussi le cas de mon grand Michel qui maintenant travaille.
Nous ne manquons de rien et tout est mis en place pour notre plus grand bonheur.
Mon père est un homme très strict et chai de nous faire attention à ne pas le mettre en colère.
Je rejoins mes amies pour qu'on continue la conversation.
-Vinia : C'était notre chéri ?
-Elvira KONATÉ : Notre chéri comment ? Chéri de qui et qui? Tu es dedans depuis quand ? Tchuuurr épargne moi ces sottises. Que je te vous sautez comme une criquet autour de lui. Je te casse tes brindilles qui te servent de jambe.
-Fatima : Mme la possessive.
C'est ainsi qu'elle me surnomme. Mais ça ne me fait ni chaud ni froid. Elles savent très bien que je suis très jalouse et n'hésite pas à me provoquer.
Après s'être bien moquée,Fatima me demande comment se porte mon copain.
Je lui réponds froidement et elle arrête de parler .
Je sais très bien que je suis d'une jalousie maladive mais ce n'est pas de ma faute. Je protège juste ce qui est à moi.
Eh oui. J'ai un petit ami mais pour moi il est mon fiancé. On a vécu tellement de choses ensemble. Il s'appelle Alex. Alex Sylla.. Ça été mon coup de cœur le jour où j'ai mis pied dans cette université. Il était en deuxième ou troisième année. Il m'a tout de suite plu mais en tant que fille vraiment fière je n'ai pas osé faire le premier pas. Mais il se trouvait que je l'avais aussi tapé à l'œil et là nous avons commencé une relation qui jusque-là continue toujours. Il a décroché un job il y a un an et compte demander ma main chez mes parents.
Chez moi personne à part ma petite sœur ne le connais. Je veux bien être sûr avant de présenter quelqu'un à la famille.
Chaque jour qui passe maman ne cesse de me rappeler que je dois penser à me marier mais je ne me prononce pas sur le sujet. Je lui ferai la surprise très bientôt.
Alex me dépasse d'une année. Mais il est très mature pour son âge. C'est justement l'une des raisons pour lesquelles je suis follement amoureuse de lui. Mais c'est aussi parce qu'il à été le premier homme que j'ai connu. Je lui ai donné ma virginité et je ne le regrette pas. Il a su se montrer à la hauteur. À part lui, je ne couche avec aucun autre homme. La fidélité c'est mon deuxième prénom. Et j'espère qu'il m'est aussi fidèle.
-Fatima : Vous dites quoi si on organisait une sortie entre copines ce week-end. Histoire de nous divertir avant que la préparation des mémoires ne nous bouffent tout notre temps.
-Vinia : Désolée baby j'ai déjà un programme. J'ai prévu de passer le weekend avec mon homme. Oorrgg il me manque tellement. Je ne peux pas annuler.
-Elvira KONATÉ : Hmm les amoureux.. J'imagine ce qui va se passer avec vous deux enfermé entre quatre murs.
-Vinia : Ça sera le feu.
-Fatima : Lol.. tue moi de rire. On remettra à la prochaine fois alors.
Nous répondons par l'affirmative avec Vinia.
Elle est tellement amoureuse de son homme et j'avoue que leur complicité me plaît bien.. Son petit ami s'appelle Alan et il à déjà un travail stable. J'ai son numéro et on se parle de temps en temps. Malgré le fait qu'elle me fasse confiance à ce point jusqu'à me donner le numéro de son gars moi je n'arrive pas à m'ouvrir à elle en ce qui concerne ma vie sentimentale. C'est une fille très compréhensive sinon elle m'aurait déjà barré. Mais ce n'est pas un manque de confiance en elle mais plutôt en moi même. Elle me parle de tout ce qui se passe entre eux et je n'hésite pas souvent à lui donner des conseils même si je ne la dépasse pas vraiment en âge. Parmi nous c'est Fatima la plus sournoise. Elle n'aime pas vraiment parler de sa vie mais j'essaie de la comprendre.
Moi je suis renfermée mais pas comme elle. C'est comme si elle nous cachait des choses. Bref.
Vu que le professeur n'est pas venu, nous décidons d'aller manger du garba juste derrière notre université avant de rejoindre nos domiciles. J'affectionne beaucoup la tantie chez laquelle on part manger ce qui fait que je ne mange nulle part si ce n'est chez elle et quand il s'agit bien d'attieké. Elle me considère comme sa fille aussi.
Nous arrivons et mes amies prennent place pendant que moi je vais passer la commande.
-Elvira KONATÉ : Bonjour maman Esther..
-Maman Esther : Bonjour ma chérie. Comment tu vas ?
-Elvira KONATÉ : je vais bien et vous?
-Maman Esther : Dieu fait grâce à ma fille. Et tes études ?
-Elvira KONATÉ : On tient le coup. Ce n'est pas souvent facile.
On continue de causer pendant qu'elle me sert. Vu que nous avons l'habitude de manger ici, elle sait déjà ce que nous voulons et aussi pour combien. Elle finit et je me débrouille pour trimballer les trois plats jusqu'à la table.
-Maman Esther : Bonne appétit.
-Elvira KONATÉ : merci maman.
Nous mangeons dans la bonne humeur toutes les trois avant de nous diriger vers la maison de nos parents. Lol.
J'arrive un peu plus tôt que les autres. Je trouve maman entrain de faire du jus de bissap. Je la salue. Entre me déshabiller et ensuite je vais l'aider à faire son jus. Elle ne le vend pas mais c'est juste pour la consommation de la famille.
-Elvira KONATÉ : Maman c'est quoi la raison de la réunion ? Une réunion imprévue en plus. Ça me fait peur.
-AMINA KONATÉ : Je l'ignore aussi ma fille. Attendons ton père et les autres.
-Elvira KONATÉ : hmm ça ne sent pas bon.
-Amina KONATÉ : Aide moi plutôt à mettre mon jus dans les bidons et arrête de t'inquiéter où tu as quelque chose à te reprocher ?
Je ferme tranquillement la bouche et je me mets au travail. Une heure après nous avions déjà terminé et je vais prendre une douche. Après ces grosses boules d'attiéké que j'ai avalé chez Maman Esther je n'ai plus vraiment faim. Alors je me couche sur mon lit et je m'endors sans m'en rendre compte.
~~Amina KONATÉ~~
Le ton sur lequel mon mari à ordonné la réunion m'inquiète. Je n'ai pas voulu le faire savoir à ma fille mais moi non plus je n'ai pas l'esprit tranquille après notre conversation de ce matin. J'attends impatiemment qu'il revienne du travail et qu'il m'explique au juste ce qui se passe.
Je connais mon mari et je suis sûre que ce qu'il dira ne va pas me plaire.
Je suis couchée dans notre grand lit à trois places et je me sens tellement fière de ma vie ainsi que de ma famille. Nous ne sommes pas riches mais nous ne sommes pas non plus pauvres. On peut dire que Dieu nous a béni. Je suis une fervente croyante. Contrairement à mon mari et à mes enfants qui négligent la religion moi je crois que la prière est remède à beaucoup de choses. Mais j'avoue que ces derniers temps je suis en train de régresser. Je dois me revoir. Perdue dans mes pensées j'entends la porte de la cour s'ouvrir et une personne entre. Je me relève du lit et regarde par la fenêtre et je vois mon ami qui fait son entrée.
Il est venu plus tôt que prévu. Cette affaire doit vraiment lui tenir à cœur. J'ai informé les enfants et j'espère qu'ils seront au rendez-vous et à l'heure. Je n'ai pas envie de subir la mauvaise humeur de mon mari. Il n'est pas brutal ou v*****t mais quand il s'énerve c'est une autre histoire.
Il traverse la cour et entre au salon. Quelques secondes après, il entre dans la chambre. J'avais déjà quitté la fenêtre pour m'asseoir au bord du lit. Je me suis levée pour lui faire une bise et l'aider à se déshabiller. Il est ensuite rentré se doucher et je lui ai servi à manger au salon. J'attends qu'il finisse pour débarrasser la table et je pars l'attendre dans la chambre.
Il vient s'asseoir près de moi et je m'impatiente de connaître enfin ce qu'il à me dire.
-M. KONATÉ : Chérie tu sais que je vous aime n'est ce pas?
-Aminata KONATÉ : Oui. Mais parle. Tu m'inquiètes.
-M. KONATÉ : Et tout ce que j'ai fait du début jusqu'ici est totalement pour vous. Pour votre bien être. Je veux que tu saches que peu importe la décision que je vais prendre, je l'ai pensé et je ne fais rien au hasard. Je peux comprendre que tu aies besoin de temps pour accepter ça et je suis prêt à te donner tout le temps qu'il faut mais je veux que tu me soutienne dans ce que je compte faire. Et essaie de me comprendre comme tu as toujours l'habitude de le faire.
-Amina KONATÉ : D'accord.
-M. KONATÉ : Bien. Je compte marier une de nos filles au petit-fils de mon patron et a bien y penser j'ai choisi Elvira. Parce qu'elle est la plus grande et celle qui saura mieux s'adapter à la situation.
-Aminata KONATÉ : Quoi???
J'ai cru rêver. Si j'étais debout j'allais seulement tomber. Je n'arrive pas à croire que mon mari devient fou. Je me suis vraiment éloigné de Dieu. Oh Seigneur viens à mon secours.