Chapitre 5: 25 aout 2014

522 Mots
Je ne me suis pas encore vraiment accoutumé à inscrire les détails de ma vie dans un carnet mais ça viendra. Aujourd'hui, j'étais de nouveau chez le médecin. je m'y suis rendu ce matin comme prévu, à dix heures. Qu'est ce que je déteste cet endroit! et plus que tout, je déteste la façon dont les infirmiers me regardent. Il y a toujours de la pitié dans leurs yeux à mon égard, à notre égard. Quand ce fut à moi d'entrer dans le bureau du spécialiste, je me sentis quelques peu agacé. Je ne sais pas à quoi était dû mon état mais il m'arrivait très souvent de me sentir irrité pour un rien. - Bonjour Wallace, me dit le médecin. Je ne lui répondis point et il n'en fit pas tout un plat car il avait l'habitude avec les personnes comme moi, les trisomiques. Il m'ausculta comme il était de routine et il vérifia si tout allait comme il fallait chez moi. Je ne lui disais toujours rien mais au moins, je faisais tout ce qu'il disait. - Je ne saurait te dire que tout va bien car ce n'est pas pleinement le cas et tu le sais, me dit-il, mais j'ose croire que tu as réfléchi par rapport au traitement contre ta leucémie. Crois-moi, ce traitement est la meilleure des choses à faire. - C'est votre avis docteur, je n'ai aucune envie de terminer mes jours dans un centre médical, lui ai-je répondu. - Réfléchis-y encore, me dit-il. Nous en avions terminé et je rentrai chez moi. Ma décision était prise et je n'avais pas l'intention de changer d'avis. Je prends mes décisions tout seul depuis que mon père n'est plus là. Et même si pour les autres ça ne paraît pas commode, je suis un adulte comme n'importe qui et je suis libre de prendre des décisions à propos de mon propre corps. J'ai passé toute ma vie à faire des va-et-vient dans des hôpitaux tous aussi différents les uns que les autres. Je ne souhaite donc pas terminer ma vie de la même manière. Qui aimerait finir sa vie couché dans un lit d'hôpital ! en tout cas, pas moi, c'est certain. Je sais bien que je vais mourir d'ailleurs, le docteur le sait aussi depuis longtemps, donc je ne comprends pas pourquoi il s'acharne à vouloir que je poursuive un traitement. La mort n'est pas cette une fin en elle même mais dans mon cas, ça en est une. Parfois, quand je plonge mon cerveau dans de profondes réflexions, jeune cesse de penser à mes problèmes existentiels. Je ne suis pas heureux dans cette vie. Toutes les journées que j'ai vécu jusqu'ici me paraissent avoir été les mêmes. Je me lève toujours quand sonne le réveil dans ma tête, je ne fais rien de bon de ma journée et ensuite vient la nuit et déjà, il faut dormir. Il y a aussi ces quelques jours où je me rends à l'hôpital, voilà une routine qui bientôt a trente ans. J'aurais aimé me retrouver dans la peau d'une personne normale juste le temps d'une journée, pour vivre aussi.
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