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1638 Mots
Taylor poussa un soupir en se passant pour la dixième fois, sans doute, la main dans ses cheveux, le regard rivé sur les colonnes de chiffres devant lui.            Bon sang ! Il n’y arriverait pas. Il n’arriverait pas à se concentrer aujourd’hui.            Toute la journée, il avait tenté de travailler, d’avancer sur ses dossiers mais rien à faire, il n’arrêtait pas de penser à elle. À Mia. À la nuit dernière passée avec elle au point où il venait à regretter les interruptions parfois de ses médecins venant lui faire quelques reproches.            Mia Bloom.            Il la voyait encore dans sa robe rouge, hier soir, au cours de la soirée, où il s’était rendu en vue d’obtenir des subventions pour l’hôpital. Il avait d’ailleurs obtenu trois promesses et un rendez-vous pour demain. L’hôpital en avait bien besoin sinon il serait obligé à nouveau de réduire ou de fermer un service comme ceux des postopératoires pour pallier aux dépenses. Cette fois, injectés lui-même ses fonds n’était pas envisageable. À moins vraiment de ne pas avoir d’autre choix.            Il était tellement stressé ses derniers temps qu’il n’avait pas pu s’empêcher de s’autoriser un moment de plaisir avec cette infirmière. Et quel moment de plaisir ! Il n’avait jamais autant pris de plaisir avec une femme avant elle et en trente-neuf ans d’existence, il en avait de l’expérience et la perte de sa jambe ne l’avait pas réfréné dans sa quête de conquête, sauf que son travail avait pris tant de place dans sa vie que cela était devenu secondaire.            Jusqu’à hier soir.            Il poussa un soupir, en se laissant choir dans son fauteuil.            Il avait perdu la tête à la minute où il l’avait aperçu. Cette robe rouge moulait les formes de son corps avec ravissement, rehaussant l’éclat de sa peau couleur brun ébène. Ce fut comme si on lui avait ôté un voile des yeux et que pour la première fois, il voyait la vraie Mia Bloom. Belle, douce et si seule dans son coin. L’élan de désir qui l’avait traversé avait été si vif qu’il avait abandonné ses interlocuteurs pour aller l’accoster.            Il avait été un peu déçu lorsqu’elle lui avait dit que William l’avait invité. Il connaissait la réputation de cet homme et la savoir qu’elle pouvait être sa dernière conquête en lice l’avait rendu fou de jalousie. Sur le coup la sensation l’avait surpris tout autant que désappointé et même lorsqu’il avait vu le médecin en compagnie d’une autre femme et que Mia lui avait avoué que celui-ci l’avait laissé tomber, il n’avait pas pu oublier cette sensation.            Il n’était pas pour les relations entre collègues au sein de l’hôpital même ceux-ci si ne finissaient pas toujours à la casse. En grande partie celles-ci se terminaient ainsi sauf pour le cas de Kate et de Sydney qui s’étaient mariés.            Alors, allez comprendre comment il avait pu faire ce qu’il avait fait hier soir.            Il avait été incapable de résister à son charmant sourire qui dévoilait deux petites fossettes, à ses yeux d’un sombre marron, ses pommettes délicates et ses lèvres pulpeuses qu’il avait eu tout de suite envie d’embrasser.            Ce qu’il n’avait pas pu s’empêcher de faire lorsqu’ils attendaient alors sa voiture dans le hall de l’hôtel au point qu’il regretta de ne pas avoir eu une chambre dans l’enceinte du bâtiment.            Ses lèvres étaient si douces, son corps pressé contre le sien délicieux et son parfum citronné exquis.            Tout au long de la soirée et du temps passé avec elle, où elle s’était mise à flirter avec lui et lui aussi. Il avait alors oublié qui il était et qui elle était. Il s’était laissé à imaginer qu’ils étaient deux personnes se rencontrant à une soirée et échangeant.            Il aurait été capable de s’arrêter à ce b****r, et c’était ce qu’il avait compté faire mais elle lui avait demandé de l’emmener chez lui et là il fut perdu. Il n’aurait jamais dû penser lui demander de la raccompagner chez elle. Il avait passé une bonne partie de la soirée à lui tenir compagnie et aurait dû se contenter de ça au lieu de cela il avait couché avec elle. Même en sachant qu’elle était encore vierge.            Maugréant, il saisit un document, tenta de se concentrer sur les chiffres et les mots mais ne voyant juste que le corps nu de Mia, son expression extatique lorsqu’il l’avait poussé à la jouissance, son goût intime sous sa la langue, la douceur de sa peau, l’impression d’avoir touché le ciel lorsqu’il s’était enfoui pour la première en elle.            Bon sang ! Il n’avait qu’une envie, allé la trouver, la prendre dans ses bras, l’embrasser et encore lui f***********r.            Mais, cela était impossible. Elle lui avait dit une nuit. Une seule nuit sinon pourquoi elle se serait sauvée en pleine nuit de son lit, de sa chambre et de sa maison. C’était plus que clair.            Mia était adulte et indépendante. Il ne savait pas pourquoi elle l’avait choisi pour sa première fois ni pourquoi avoir choisi une histoire sans lendemain alors que les autres femmes rêvent de fleurs et de champagnes.            Il avait tenté de se montrer délicat et patient ce qui n’avait pas été facile. Jamais, il n’avait autant désiré une femme de sa vie. Au point qu’il avait enfreint sa règle d’or de ne pas avoir de relation avec un membre de l’hôpital travaillant sous ses ordres. Il avait réussi ses huit dernières années à respecter cette règle dont presque cinq ans avec Mia travaillant pour lui. Et jamais, il n’avait succombé même s’il devait avouer que plus d’une fois il avait senti un certain élan pour la jeune femme.            Elle était si pétillante, travailleuse, ambitieuse et généreuse et n’hésitait pas à lui dire ses quatre vérités même s’il était son supérieur.            Peut-être devrait-il discuter avec elle ? Elle finissait bien à 18h30, aujourd’hui. Fallait mieux par qu’il ne se demande pas comment entre toutes les infirmières travaillant dans cet hôpital, il connaisse l’emploi du temps de Mia.            Serrant les poings, il frappa sur son bureau et le bruit résonna si v*****t entre les murs que sa secrétaire vint frapper quelques instants plus tard à sa porte et il la congédia d’un ton sec.            Il devait vraiment se la sortir de sa tête et se concentrer sur son travail.            Avec effort, il s’obligea à se concentrer, passa des appels et avança sur des dossiers. L’heure du déjeuner était passée depuis longtemps lorsque sa secrétaire vint lui prévenir d’un appel. Celui d’un des grands donateurs de l’hôpital qu’il tentait de joindre depuis des jours mais sa secrétaire l’avait prévenu qu’il était allé en voyage en Asie mais peut-être était-il revenu ?            Il prit l’appel. - Vous auriez dû me dire le comte Staunton était votre cousin.            Taylor eut une moue. Il détestait fait étalage de sa lignée et de sa famille. Oui, il était d’une famille noble. Son cousin Seth était sans doute le seul membre de sa famille dont il était proche à cause du fait que tous deux avaient été dans l’armée. Seth en tant que soldat et lui médecin militaire. Seth était aussi un grand donateur pour l’hôpital. - Je ne suis pas du genre à m’en vanter. Comment l’avez-vous su ? - Nous nous sommes rencontrés lors d’un colloque à Hong Kong et j’ai été surpris lors d’une discussion d’apprendre que vous étiez cousins. - Comme je vous l’ai dit, je ne suis pas du genre à me vanter. Si vous me disiez pourquoi vous m’appelez M. Owen ?            L’appel fut bref mais profitable. Il avait une promesse de don pour le service nurserie et oncopédiatrie. Au moins, ses deux services ne craindraient pas de réduction.            Il avait repris son travail plus serein jusqu’à ce sa secrétaire vienne la prévenir que le Dr Lawson, des soins intensifs, désirait le voir. Le Dr Akbar, chef du service chirurgien aussi voulait le voir. Chacun demandait des subventions pour du matériel.            Bon sang ! Comment en quelques mois à peine l’hôpital se retrouvait-elle à subir une telle crise ? Mais, il n’était pas le seul. Ce qu’il avait au moins compris hier soir était que son hôpital n’était pas le seul à faire face à une crise.            Comme, il avait besoin de se dégourdir les jambes, il décida d’aller à la rencontre d’Emma mais également d’aller voir Kate qui lui demandait également d’engager deux autres infirmières.            Il était en chemin vers l’ascenseur lorsqu’il fut intercepté par l’infirmier en chef du service des soins intensifs, Ronald Travis. - Vous tombez bien, M. Donovan. Je pensais justement aller vous voir après la petite réunion avec ses dames, dit-il en le rejoignant. - Je sais de quoi mais comme je dis à chacun de mes chefs de service, nous allons nous en sortir et chacun fera sa requête être analyser le plus judicieusement possible.            Ronald eut un petit rire. - Vous savez manier les mots voilà pourquoi vous êtes devenu l’administrateur de cet hôpital et que vous avez su nous sortir à chaque fois des différentes crises financières comme sanitaire. Je n’oublierai jamais l’épidémie de grippe d’il y a trois ans. Vous avez été parfait.            Taylor s’en souvenait. Même lorsqu’il avait repris la direction du Westside Hospital, il était proche de la fermeture. Les deux premières années, ils avaient travaillé avec plusieurs services fermés ou tournant au ralentir. Cela avait été difficile mais il y a une chose qu’il avait hérité chez les Donovan était son besoin de surmonter les défis sinon il se serait simplement contenté de trouver un travail dans n’importe quel hôpital d’Irlande ou de n’importe où au Royaume Uni. Mais, il était devenu médecin militaire, allant dans les zones où la guerre régnait en maître et où les hommes devenus des bêtes montraient le plus sombre de leurs visages. - Et pourquoi me cherchiez-vous, Travis ?
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