Le bruit strident de son réveil fit rouvrir les yeux à Mia et elle se rendit compte qu’elle s’était endormie. Et avait rêvé de sa nuit passée dans les bras de Taylor Donovan, administrateur et directeur de l’hôpital dans lequel elle travaillait.
Elle ne savait pas ce qui avait précipité ce qui s’était passé hier soir entre eux mais la vérité est qu’elle avait toujours eu un petit faible pour lui.
Maugréant, elle se força à se lever, faire un brin de toilette rapide puis enfila son t-shirt mauve et un legging noir, alla dans la cuisine engloutir une pomme et un bol de céréale avant de quitter son appartement pour se rendre à la station de bus, à l’angle de son immeuble.
Le trajet de plus d’une demi-heure, allait l’aider à lui remettre les idées en place.
Elle ne savait pas encore comment elle allait se comporter avec Taylor.
Bon sang ! Elle avait filé à l’anglaise de chez lui avant l’aube alors qu’il dormait paisiblement dans le lit où il lui avait fait l’amour avec douceur, délicatesse et passion. Lorsque son regard avait aperçu le sachet déchiré et ceux encore intacts de préservatifs sur la table de chevet, elle s’était sentie rougir et le devenait encore rien qu’au souvenir de la sensation qu’elle avait éprouvé lorsqu’il était entré pour la première fois en elle.
Elle n’avait pas eu mal, juste un léger inconfort qui n’avait duré qu’un instant, mais le plaisir presqu’immédiatement qui l’avait saisi lui avait fait tout oublier. Oui, elle s’était attendue à avoir plus que mal mais rien.
Poussant un soupir, elle sortit son téléphone de son sac à main et scruta l’écran. Aucun message. Connaissant Donovan, il devait être déjà à son bureau. Et, il ne lui avait envoyé aucun message. Pourquoi s’en étonnait-elle ? Elle avait été claire avec lui, une seule nuit. Une merveilleuse nuit, pensa-t-elle en souriant.
Et, elle ne regrettait rien. Absolument rien.
Rangeant son téléphone, elle regarda dehors les véhicules qui circulaient dans la circulation infernale de Londres.
Quarante minutes plus tard, Mia sortait des vestiaires revêtit de sa tenue d’infirmière se dirigeait vers le service de soins intensifs pour prendre la relève des gardes de nuit.
Elle s’occupait spécialement d’un enfant qui avait été renversé deux jours plus tôt par un chauffard en fuite et une femme ayant fait un arrêt cardiaque et deux autres patients qui allaient sans doute sortie du service dans la journée.
Après avoir pris note des derniers changements survenus dans la nuit et être passés voir ses différents patients, elle alla voir le chef médecin de service, Emma Lawson puis alla commença un peu de paperasse.
La famille du petit garçon, qu’elle connaissait se relayait à son soin et même en sachant qu’il ne pouvait pas vraiment le voir. Là, son père venait remplacer sa femme qui rentrait après avoir passé la nuit à l’hôpital. Cela lui fendait toujours le cœur de voir ce genre de scène et lui faisait alors regretter les urgences.
Là-bas, pas de temps pour s’appesantir sur la vie personnelle des patients. On soignait puis si on libérait les patients ou les emmenaient dans les autres services si leurs états étaient alors jugés nécessaire pour ça.
Mais, ce changement de service, elle l’avait voulu alors elle l’assumait. Elle était une infirmière et devait composer avec les souffrances de ses patients et de leurs familles.
Elle venait de finir de vérifier les constances de ses patients sur les moniteurs cardiaques et vérifier la sonde nasogastrique d’un autre patient lorsqu’un infirmier vint la prévenir sur lui indiqua que quelqu’un tentait de la joindre sur son téléphone. À cause des appareils, elle le laissait toujours à l’accueil.
Elle s’y rendit donc et vit qu’elle avait plusieurs appels manqués de sa mère, de deux de ses trois frères. C’était étrange ! Quelque chose avait dû arriver. Elle appela tout de suite sa mère.
- Mia enfin tu décroches, dit sa mère d’une voix cassée qui l’interpella.
- Qu’est-ce qu’il y maman ? Dit-elle alarmée.
La voix de sa mère était trop étrange et surtout elle ne l’avait pas salué avec entrain comme elle le faisait toujours. Un entrain qu’elle avait hérité d’ailleurs d’elle.
- Ton père… ton père a eu une attaque. On l’a conduit à l’hôpital, Mia, dit-elle d’une voix brisée. Il va très mal, très mal.
Mia sentit l’air lui manqué et son cœur oppressé. Les jambes soudain molles, elle se laissa choir dans le fauteuil qui heureusement était derrière elle.
Ses dernières années, elle ne s’entendait plus très bien avec sa famille au point qu’elle avait quitté sa ville natale de Manchester pour s’installer à Londres. Elle en avait voulu à ses parents de ne pas l’avoir cru lorsqu’elle lui avait dit que leur ami avait tenté d’abuser d’elle. Même si aujourd’hui après des années et les dénonciations de ses victimes
- Les médecins ont dit quelque chose ?
- Non rien, répondit sa mère entre deux sanglots. Je sais que tu dois être occupée avec ton travail mais pourrais-tu… pourrais-tu venir ?
- Bien sûre. Je vais voir tout de suite avec ma supérieure et je contacterai.
- Oui, oui. Vient vite.
Sur ses mots, la communication se coupa.
Mia resta de longues minutes le cœur battant, en proie à une grande inquiétude. Elle avait comme l’impression que tout ce qui venait de se passer avait été un rêve. S n père avait-il vraiment était victime d’un infarctus et emmené à l’hôpital ? Hélas, s’était la dure réalité. Son père était malade et sa famille avait besoin d’elle, mais demander quelques jours seraient compliqués. Tout le monde savait ici que l’hôpital traversait une énième petite crise que tentait vaillamment Taylor de résolver.
Penser à lui, lui fit penser à la nuit précédente mais elle secoua la tête pour ne pas laisser les images sulfureuses envahit son esprit inquiet.
Se levant, elle partit à la recherche de Ronald Travis, le chef infirmier des soins intensifs qu’elle n’avait pas revus depuis la réunion du matin, qu’elle trouva dans la salle des infirmières discutant avec le Dr Wellington. Tous deux tournèrent des visages inquiets vers eux, et elle comprit que son inquiétude devait transparaître sur son visage.
En quelques mots, elle leur expliqua sa situation et après un moment Liam accepta sa demande de partie.
- Je ne compte pas rester absente plus de deux jours, Ron, lui dit-elle.
- Il s’agit de ton père, Mia. Tu peux prendre le temps qu’il te faut.
- Oui mais j’ai aussi un devoir envers l’hôpital surtout en ce moment.
- Nous connaissons ton professionnalisme, Mia, mais la famille, c'est aussi important. Tu t’occupes de ceux des autres maintenant tu dois t’occuper de la tienne, intervint le médecin.
Acquiesçant de la tête, eut un timide sourire.
- Bien. Je vais rester jusqu’à 16h puis je partirais.
- Tu penses être capable de travailler ? Lui demanda Liam sincèrement inquiet.
- Oui, ne vous-en faite pas. Il faut que l’on se réorganise aux soins intensifs et je dois être là.
- Oui, oui bien sûr, ajouta le chef des infirmiers.