Chapitre 6: '' La lettre ''

1408 Mots
''Je t'écris pour exprimer mon profond mécontentement quant à la manière dont tu géres l'entreprise depuis que tu as pris la relève de ton frère. Je tiens à te faire comprendre que cette entreprise n'est pas simplement une affaire familiale, mais un pilier économique que j'ai bâti de mes propres mains et sur lequel repose l'avenir de nombreuses personnes. Je ne peux donc me permettre de laisser sa direction dans des mains incompétentes. Je ne saurais dire à quel point j'aurais préféré que ton frère demeure à la tête de l'entreprise. Ses compétences et son sens des affaires étaient indéniables. Il avait su développer des relations commerciales solides, gérer les finances avec une rigueur exemplaire et, surtout, faire preuve de discernement dans ses prises de décisions. En revanche, depuis que tu as pris sa place, j'ai observé des erreurs de gestion, des retards dans les livraisons et un manque de vision stratégique qui mettent en péril l'avenir de cette société. Je suis même arrivé à penser que tu le faisais peut-être exprès. Mais c'est tout à fait puéril. Je te rappelle que cette entreprise ne se dirige pas avec des sentiments ou des ambitions personnelles, mais avec des décisions basées sur la raison et la rentabilité. Je te conseille vivement de revoir ta manière de diriger, de prendre exemple sur votre frère, et de placer les intérêts de l'entreprise avant tes états d'âme. Il est hors de question que je permette à quelqu'un de compromettre ce que j'ai construit. Je te suggère donc d'abandonner la stupide idée que tu as dernière la tête, faute de quoi, des mesures devront être prises pour garantir la pérennité de l'entreprise. Je te prierai de considérer ceci non comme une simple remarque, mais comme un avertissement sérieux.'' Je me sentis immédiatement coupable d’avoir envahi la vie privée de mon patron. Je remis précipitamment la lettre dans l'enveloppe, décidée à le remettre à Noah le lendemain matin.Mais la lecture de cette lettre m'avait perturbée. Quel genre de père pouvait faire passer les affaires avant son propre fils ? Même si je n'avais vu M.Alvarez qu'en photo, maintenant je ne pouvais plus contredire ceux qui disait que c'était quelqu'un d'extrêmement exigeant. Je me demandais ce qu'il voulait dire et le lien avec la démission de M.Liam. Je quitta finalement le bureau, mon esprit encore troublé. ---------- La journée suivante s'annonçait différente pour moi. Après la découverte de la lettre, j'avais passé une nuit agitée, hantée par des questions sur mon patron. Devais-je lui en parler? Devais-je ignorer ce que j'avais vu et continuer comme si de rien n’était ? Le dilemme me tourmentait, et je me sentais nerveuse en retournant au bureau. En arrivant, je remarqua que Noah était déjà là, plongé dans son travail dont personne ne douterait jamais qu'il n'avait pas envie. Je respira profondément et posa mes affaires à mon bureau. Je jeta un coup d'œil à la porte de Noah, hésitant à m’approcher pour lui rendre la lettre. Mais je savais que je devais le faire, et plus tôt ce serait fait, mieux ce serait. Je frappa doucement à la porte avant d'entrer, l'enveloppe en main. Il leva les yeux de son écran, m'observant silencieusement alors que je m'approchait de son bureau. - Monsieur, j'ai trouvé cette enveloppe hier soir. Il était sur mon bureau, cependant c'est une lettre...de votre père. Noah me regarda un instant, son expression indéchiffrable, avant de prendre l'enveloppe de ses mains. Lorsque ses yeux rencontrèrent les mots inscrits sur le papier, une ombre passa dans son regard. D'une seule main, il froissa la feuille en une boule de papier, et la lança avec désinvolture dans la poubelle. Puis, relevant lentement son regard sombre vers le mien, il me fixa de ses yeux noirs empreints de colère contenue. - Mlle Hernandez, dit-il froidement, est-ce dans vos habitudes de lire des lettres qui ne vous sont pas destinés ? Je sentis mon cœur s’emballer. J'étais dans la mouise. - Ce...ce n'est pas ce que vous pensez monsieur, j'ai ouvert la lettre en pensant qu'il s'agissait d'un document important qui nécessitait une action immédiate. De plus il n'y avait aucune... Noah m’interrompit d’un geste de la main. Un lourd silence s’installa entre nous. Je sentis une tension inhabituelle. - Vous pouvez retourner à votre travail, reprit-il d'un ton sec, son visage toujours aussi ferme. J'acquiesça et me dirigea vers la porte, mais avant de sortir, je me retourna. - Je ne dirai rien à personne Monsieur, dit-je fermement. Il me fixa toujours avec ce regard glacial, ses traits se durcissant. Il pris une profonde inspiration pour retrouver son calme, puis, d'une voix froide et tranchante, me lança: - Gardez vos promesses pour vous et ne laissez pas un mot de plus sur ce sujet sortir de votre bouche, si vous tenez à votre poste ici. Prise de court par cette réaction , je sentis la peur m'envahir. Mon cœur battait la chamade et je baissa les yeux, réalisant la gravité de la situation. J'hocha la tête rapidement, les mots bloqués dans ma gorge et je quitta le bureau toute tremblante. La journée se poursuivit avec son lot habituel de tâches, de réunions, et de contrats. Je m’efforçait de me concentrer, mais je ne pouvais m’empêcher de penser à ma conversation avec Noah et l'éventuelle possibilité d'être virée. À la pause déjeuner, je décida de prendre l’air pour me changer les idées. Je sortis du bâtiment et me dirigea vers un petit parc à proximité, espérant que le calme et la tranquillité m’aideraient à clarifier mes pensées. Je m’assit sur un banc, observant les passants et les oiseaux qui volaient d’arbre en arbre. Le contraste entre la sérénité du parc et l’intensité de mon travail était frappant. Je réalisa que je n’avais pas eu de moment de calme depuis longtemps, toujours prise dans le tourbillon des exigences de Noah et de mes propres attentes. Alors que je réfléchissais à tout cela, mon téléphone vibra dans ma poche. Je le sortis et vit un message de Noah. « Pouvez-vous revenir au bureau après le déjeuner ? J'ai quelque chose dont j'aimerais discuter. » Je sentis mon estomac se nouer à la vue de ce message. Je me demandait ce dont il voulait parler, et si cela avait un lien avec leur conversation de ce matin. Mais, la petite voix dans ma tête n'arrêtait pas de dire '' tu vas être virée ''. Je répondis rapidement, confirmant que je serais de retour au bureau sous peu. Le reste de ma pause fut passé dans un état de nervosité croissante, mes pensées revenant sans cesse à Noah et à ce qu’il pourrait lui dire. De retour au bureau, je me dirigea directement vers le bureau de Noah, essayant de masquer mon anxiété. Je frappa à la porte et attendit qu’il l’invite à entrer. Il avait toujours cette expression glaçante au visage. - Mlle Hernandez, asseyez-vous. Je m’assis en face de lui, mon esprit débordant de suppositions. - Je voulais vous parler de quelque chose d’important, commença-t-il. Concernant votre travail. - Je sentis mon cœur s’accélérer. Je me demandais s’il envisageait de me renvoyer, ou de me reléguer à un rôle moins important. - J'ai besoin de vous pour vous occuper d'un contrat très important avec la nouvelle société INOVATECH. C'est un contrat qui pourrait être un grand tournant pour notre entreprise et je compte sur vous pour le mener à bien. Il pourrait nous apporter de nouveaux clients et augmenter notre chiffre d'affaires. J'aspire à ce que vous soyez rigoureuse et minutieuse dans votre travail. - Très bien monsieur, je m'en occupe dans l'immédiat. Je pris une petite pause puis repris, avec une petite hésitation. - Pour être honnête monsieur, je pensais que vous envisagiez de me virer. Noah garda son regard impossible. - Mlle Hernandez, ne vous ai-je pas déjà dit de ne plus reparler de ce sujet ? - Oui, c'est vrai Monsieur. Excusez-moi. - Et pour votre gouverne, je n'ai pas l'habitude de licencier des gens pour des raisons aussi futilites. Alors vous feriez mieux de ne pas rater ce contrat parce que là, j'aurais une vraie raison de vous renvoyer. - Bien sûr monsieur, je ferai de mon mieux. Sur ces mots, je quitta son bureau. J'étais soulagée de savoir qu'il n'avait pas l'intention de me virer, enfin pas encore. Je me dirigea vers mon bureau, pour commencer à travailler sur ce fameux contrat qui menaçait mon travail.
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