J'arriva au bureau plus tôt que d'habitude. Après la conversation tendue avec Noah, il y a quelques jours de cela, je m'attendais bien évidemment à des jours plus difficiles à venir.
Bien que le contrat avait été un succès, Il m'avait toujours mise au défi de me montrer à la hauteur sans quoi je pouvais faire mes adieux à mon poste dans l'entreprise, et bien sûr je ne pouvais qu'accepter sans broncher.
Mais dans le fond, je me demandais ce qu'il avait réellement en tête. Peut être qu'il était toujours contrarié au sujet de la lettre. De toute façon, je n'avais pas le temps de me poser des questions parce que si j'échouais, je savais exactement ce qu'il adviendrai de moi. Et cela me rendait encore plus nerveuse, cela même si j'avais déjà prouvé mes compétences par le passé.
Je déposa mon sac sur mon bureau, ajusta mon chemisier et m'assis en face de mon écran d'ordinateur. Une liste interminable de tâches à accomplir s'affichait devant moi, mais je n’eus pas le temps de réfléchir davantage à la journée qui m'attendait, car la porte de mon bureau fut ouverte brusquement par mon cher patron.
Noah pénétra dans l’espace de travail, le visage toujours aussi fermé. Il portait un costume impeccable, et son air sévère n’avait rien de rassurant. Je remarqua aussitôt le dossier qu’il tenait fermement dans sa main. Ses pas résonnaient sur le sol alors qu'il s'avançait vers moi.
- Hernandez, j'ai ajouté quelques tâches supplémentaires à votre liste. Elles sont d'une importance cruciale pour le bon déroulement de nos projets, dit-il d’une voix autoritaire en déposant le dossier sur mon bureau. Occupez-vous en avant la fin de la journée.
Je regarda le dossier avec appréhension, Il ne plaisantait pas. Le simple fait d’ajouter la mention « cruciales » à ses mots suffisait à me faire me sentir sous une pression encore plus intense. Mais je savais que je devais être à la hauteur, malgré le comportement de plus en plus impitoyable de mon patron. Mon job en dépendait.
- Très bien Monsieur, je vais m'en charger, répondis-je calmement, bien que j'étais légèrement irritée.
Il hocha la tête sans même m'accorder un regard, puis retourna dans son bureau.
J'ouvris le dossier pour découvrir une série de documents importants à analyser, des rapports financiers à préparer et des réunions à organiser. Chaque page semblait plus exigeante que la précédente.
Je laissa échapper un soupir, mais j'étais déterminée. En aucun cas je ne laisserais Noah me pousser à bout.
Au fil de la matinée, je me plongea dans mon travail, concentrée comme jamais. Mais à chaque fois que j'envoyais un e-mail ou terminais une tâche, une nouvelle demande apparaissait comme par magie dans ma boîte de réception, toujours signée de Monsieur. Il me semblait qu'il me testait intentionnellement, cherchant à voir jusqu’où je pourrais tenir avant de craquer. S'il m'en voulais toujours pour la lettre, pourquoi ne pas m'en parler directement au lieu de jouer à ce petit jeu mesquin.
Mais plus il ajoutait de pression, plus je me montrais résiliente.
Vers midi, je me leva pour aller prendre un café, histoire de reprendre un peu d'énergie. Je passa devant le bureau de Noah, dont la porte était légèrement entrouverte. Je pouvais l'apercevoir, concentré sur ses propres documents, sa mâchoire crispée. Pendant un instant, je me demanda à quoi il pensait. Faisait-il vraiment ce travail contre son gré ? Était-ce la raison pour laquelle il agissait ainsi ? Je me sortis vite de mes pensées lorsque Noah, qui se sentait sûrement observé leva les yeux en ma direction, toujours avec ce regard de pierre. Je repris immédiatement mon chemin. J'étais trop curieuse et jusque là, cela ne m'avait rapporté rien de bon.
De retour à mon poste, je remarqua un nouveau message de Noah. Cette fois-ci, il me demandait de rédiger un rapport complet sur un dossier dont j'ignorais absolument tout. Je fronça les sourcils et me rendis immédiatement à son bureau pour demander des précisions.
- Monsieur, ce dossier sur le projet Henderson... je n’ai pas toutes les informations nécessaires pour rédiger un rapport complet. Pouvez-vous m’éclairer sur certains points ? demandai-je en essayant de rester professionnelle, malgré mon irritation qui commençait à se faire sentir.
Noah leva à peine les yeux de son écran, mais son ton était toujours aussi glacial.
- Mlle Hernandez, vous avez été engagée pour être capable de vous adapter rapidement et de gérer les imprévus. Ce n’est pas à moi de vous tenir par la main. Trouvez vous-même les informations nécessaires, je suis sûr que vous saurez vous débrouiller, répondit-il avant de replonger dans son travail.
Je me mordis la lèvre inférieure, tentant de contenir ma frustration. J'avais espéré un minimum de collaboration de sa part. Après tout, nous étions censés travailler ensemble, pas nous affronter constamment, mais Noah semblait bien décidé à me rendre la tâche aussi difficile que possible.
Pourtant, je refusais de me laisser abattre. S'il pensais pouvoir me déstabiliser en m’ignorant ou en me compliquant la vie, il se trompait lourdement.
Sans un mot de plus, je retourna à mon bureau, prête à prouver que je pouvais gérer la situation sans son aide.
Je consulta d'anciens dossiers, envoya des messages à mes collègues pour obtenir les informations manquantes, et petit à petit, je réussis à avancer dans la rédaction du rapport. Ce fut un travail acharné, mais je savais que je ne pouvais me permettre de faillir.
La journée passa à une vitesse folle. Chaque fois que je pensais en avoir fini, une nouvelle demande de mon cher patron apparaissait. À plusieurs reprises, je me demandais pourquoi il me traitait de la sorte. Il n’était pas seulement désagréable, il était volontairement exigeant, presque cruel dans ses attentes. Pourtant, il y avait quelque chose d’indéfinissable dans ses gestes. Je sentais bien qu'il y avait plus que de la froideur dans ses interactions, mais je n’arrivais pas à mettre le doigt dessus. D'un côté, je savais bien que personne ne s'égaierai devant quelque chose dont il a été forcé de faire, mais cela ne signifie pas de déverser toute sa colère sur sa pauvre petite secrétaire.
En fin d’après-midi, alors que je terminais enfin un dernier rapport, je reçut une dernière requête de Noah : organiser une réunion d'urgence pour le lendemain matin avec un client important. Épuisée, je réalisa que cette réunion nécessitait une préparation minutieuse, mais je n'avais plus l’énergie de m’y atteler immédiatement. Cependant, je savait que Monsieur s’attendait à ce que j'exécute, peu importe les circonstances. Je pris donc une grande inspiration et décida de rester au bureau plus tard que prévu.
Je me mis à préparer la salle de réunion, alignant des dossiers, vérifiant les présentations, et m’assurant que tout était prêt pour le lendemain. Pendant ce temps, Noah était toujours dans son bureau.
Alors que je terminais les derniers préparatifs, Il sortit enfin de son bureau et s'arrêta un instant en me regarder, son visage toujours aussi impassible.
- Vous travaillez encore ? demanda-t-il, avec un léger étonnement dans la voix.
Je me redressa, essuyant une mèche de cheveux qui me tombait sur le front.
Bien évidemment que je travaillais encore vu la manière dont il s'acharnait sur moi, lui et ses exigences. Je désirerais répondre de la sorte mais j'opta pour le professionnalisme.
- Oui, Monsieur. Je voulais m’assurer que tout soit prêt pour la réunion de demain. Comme vous l'avez dit, c’est un client important. Et je ne voudrais pas qu’il manque quoi que ce soit, répondis-je avec un sourire crispé.
Il hocha légèrement la tête, puis tourna les talons.
- Bien, passez une bonne soirée, Hernandez.
Ces mots, bien que simples, étaient un peu... inattendus. Je resta un moment en l'observant s’éloigner.
Parfois il semblait un peu plus '' humain '' et la seconde d'après il devenait exigeant de résultats parfait comme si j'étais une machine qui devait fonctionner 24/7 sans défaillance !
Je me demandais s'il avait un bouton "gentil" et un bouton "cruel" sur lui.
Ou peut-être qu'il devrait juste être un peu comme un chat. Vous savez parfois il vient se frotter contre vous, et parfois il vous regarde avec ce regard de "je suis le roi de la maison, et tu ferais mieux de le savoir !"
Je devrais songer à lui offrir un autocollant "S'il vous plaît, soyez plus gentil" à coller sur son écran
Mais qui sait, peut-être qu'un jour il se décidera à laisser son côté gentil briller un peu plus souvent. Et je pourrais comprendre ce qui se cachait réellement derrière cette façade froide et distante qu’il arbore avec tant de soin.
J'éteignis finalement les lumières après avoir fini et quitta le bureau, épuisée par cette journée. La seule pensée qui me venait à l'esprit, c'est de retrouver mon doux et confortable lit.