Noah Alvarez
En sortant du bâtiment, je pris une profonde inspiration, appréciant l'air frais du soir.
Je me diriga vers ma voiture, une élégante berline noire dont j'ouvris la portière.
Une fois installé dans le siège conducteur, j'ajusta le rétroviseur et mis en marche le moteur.
Après quelques minutes de conduite, j'arriva à mon immeuble, un bâtiment moderne et luxueux avec une façade en verre. Je gara la voiture dans le parking souterrain, en prenant soin de bien la stationner. En sortant, je salua le concierge avec un sourire, ce qu'il me rendis par un geste poli de la main.
Je pris l'ascenseur jusqu'à mon appartement qui se trouvait au dernier étage. Pendant le trajet, je jetta un petit coup d'œil à mon reflet dans le miroir de l'ascenseur. Je me demandais si j'avais pris la bonne décision en acceptant ce poste. D'un autre côté je n'avais pas vraiment eu le choix et le simple fait d'y repenser fesait monter mon irritation.
La porte de l'appartement se referma derrière moi avec un claquement sec.
Je posa ma mallette en cuir sur le comptoir de la cuisine ouverte et desserra ma cravate d'un mouvement vif.
Je passa une main fatiguée dans mes cheveux, puis me dirigea vers le bar en verre situé dans un coin de la pièce. Je me servit un verre de whisky sans glace, savourant le picotement de l’alcool qui descendait dans ma gorge.
Je jeta ensuite un coup d’œil à l'horloge murale. Il était tard, bien trop tard, mais le travail semblait être devenu toute ma vie ces derniers temps.
Je me laissa tomber dans le canapé en cuir, mon regard se perdant dans la vue panoramique de la ville illuminée sous ses fenêtres. C'était l'un des rares avantages à vivre seul dans un appartement de luxe. Pourtant, ce soir, comme chaque soir depuis un moment, je ne pouvais m'empêcher de me sentir oppressé par le poids des événements récents.
Cela faisait à peine quelques semaines que Liam avait démissionné et que j'avais dû le remplacer. Une décision brutale, aussi inattendue qu’injuste, qui m'avait laissé au centre d’une tempête que je n’avais jamais souhaitée. Je me souvenais encore de cette conversation désastreuse avec notre père, entendant encore sa voix autoritaire résonner dans ma tête, comme un écho qui refusait de s’effacer.
Ce soir-là il nous avait convoqué, Liam et moi, à la résidence familiale. Chose qui était très rare pour moi vu qu'il se fichait royalement de ma vie...
✧ Début du flashback ✧
Nos deux voitures se garèrent presque simultanément devant la grande demeure familiale, un ancien manoir qui avait vu passer des générations de la famille.
Je sortis de ma voiture et Liam fis de même, encore avec son stupide sourire au visage. Super ! Il fallait qu'on arrive au même moment.
- Salut, Noah ! Ça fait un moment qu'on ne s'est plus vu non ?
Je fis semblait de ne pas l'avoir entendu, évitant son regard et en me dirigeant vers l'allée qui menait à la porte d'entrée principale.
- Attend Noah, pourquoi tu m'ignores comme ça ?On est frères, après tout.
- Frères ? répondis-je d'un ton sarcastique.
- Écoute, dit-il en prenant une profonde inspiration. Je ne cherche pas à te provoquer. Je...je veux juste qu'on puisse parler. On a des choses à régler entre nous, tu ne crois pas ?
- Je n'ai rien à te dire moi, dis-je en me retournant face à lui.
- Noah, j'ignore pourquoi tu te comportes comme ça avec moi. Je suis désolé si j'ai pu te blesser. Mais je suis la pour toi si tu....
- Écoute moi bien, je n'ai pas besoin de ta pitié, l'interrompis-je. Je suis très bien sans toi.
Sans un mot de plus, je repris le chemin de l'allée jusqu'à l'entrée principale.
Notre mère, était en voyage en Italie depuis quelques semaines, un pays qu'elle avait toujours rêvé de visiter.
C'est alors un employé qui nous accueillis et nous conduisit vers notre père, assis au salon principal.
- Asseyez-vous, commença t-il, nous devons parler de quelque d'important en rapport avec la société Norton & Co.
- Je me doute bien de quoi il s'agit, père, répondis-je Liam en soupirant. Il en est hors de question.
- Je vois que tu es bien informé.
Moi je resta là sans intervenir. Apparemment j'étais le seul qui n'était au courant de rien.
- Écoute Liam, repris notre père. Ce mariage renforcera notre position sur le marché.
- Et ma vie dans tout ça ? Je ne peux pas épouser quelqu'un que je ne connais même pas !
Un mariage arrangé, c'était donc ça. Cela ne m'étonnait pas vraiment de mon père. C'était un homme qui mettent les affaires à la première place même avant sa famille.
Cependant je ne comprenais toujours pas pourquoi il m'avait également appelé. Après tout, cela n'avait rien à voir avec moi.
- Tu ne comprends pas, Liam. Les affaires passent avant tout. Ce mariage est un investissement !
- Un investissement ? Et moi, je suis quoi ? Un simple actif dans votre portefeuille ?
- Ne sois pas insolent, répondit-il en haussant la voix.Tu as des responsabilités. Pense à la réputation de notre famille !
- Et qu'en est-il de mes sentiments ?
Écoutez père, je suis.... j'aime déjà quelqu'un d'autre.
- J'espère que tu n'es pas sérieux Liam. Amoureux ? De qui ?
- C'est... c'est compliqué. Mais je ne peux pas épouser une inconnue alors que mon cœur appartient à quelqu'un d'autre.
- L'amour ne nourrit pas, Liam. Les affaires, elles, le font, répliqua mon père qui semblait de plus en plus irrité.
- Je vous en supplie père...
Liam porta ses yeux vers moi, qui était toujours dans un coin du canapé observant toute la scène. Il semblait me demander de le défendre mais je m'en foutais grandement. je détourna vite le regard en l'ignorant.
Je n'avais jamais aimé Liam même s'il
n'avait jamais fait quoi que ce soit. Au contraire, cet idiot avait toujours été gentil envers moi même s'il savait pertinemment que je ne le portait pas dans mon cœur.
Il avait seulement 2 ans de plus que moi et bien que nous avions grandi dans la même maison et partagé les mêmes parents, on était complètement différent l'un de l'autre.
Liam avait hérité des cheveux blonds de notre père et moi, ceux noirs de jais de notre mère.
La seule chose que nous avions en commun c'était les yeux bleu mais encore une fois ce n'est pas pareil. Les siens étaient d'un éclat pétillant, reflétaient sa joie de vivre. Tandis que les miens ne reflétaient que de la froideur.
Il était le parfait exemple du fils modèle. Aimable et sociable, il avait toujours su se faire des amis facilement. Son sourire chaleureux et sa nature bienveillante lui permettaient de créer des liens avec ceux qui l'entouraient.
Liam avait ce don naturel d'attirer les gens, de les faire rire, de les séduire. il ne savait même pas à quel point il m'agacait avec sa facilité à plaire. C'est comme s'il ne faisait aucun effort, et pourtant tout le monde l'adorais.
Chaque sourire de Liam ne me faisait ressentir que de la colère. Une colère que je savais absurde, mais que je ne pouvais m'empêcher de ressentir.
Je savait pertinemment que cette jalousie n'était pas juste, qu'elle me consumait de l'intérieur. Et j'avais fini par abandonner ce besoin de prouver à mon père que je suis son fils , moi aussi. J'avais décidé, à présent de vivre tranquillement ma vie et de ne plus me soucier de ce qu'il pouvait bien penser de moi.
Malgré cela, je ne pouvais pas m'empêcher de ressentir cette rage sourde envers Liam.
Je n'avais jamais songé à lui parler de ce je ressentais. Après tout, comment pourrais-je lui avouer que sa simple existence m'irritait ?
Après un moment de silence, mon père repris la parole, une certaine autorité dans la voix.
- Liam Alvarez, tu dois faire un choix. Soit tu accepte de te marier avec la fille des propriétaires de Norton & Co pour sceller notre alliance d'affaires, soit tu quitte l’entreprise.
J'avais été légèrement surpris. Liam avait toujours été le favori, le visage public de l’entreprise familiale. Il n’avait jamais eu à se battre pour la reconnaissance de notre père. Alors entendre père parler ainsi, comme s’il n’était qu’un pion à déplacer sur l’échiquier des affaires m'avait frappé.
- Je refuse père, je ne le ferai jamais, répondit-il avec un regard déterminé. Je préfère quitter l'entreprise.
Cela surpris à la fois notre père et moi. Liam avait toujours obéit comme un gentil toutou sans jamais se plaindre. Et ça notre père le savait bien et il devait sûrement croire que ce serait encore le cas cette fois ci.
- Je me doutais bien qu'il y avait une possibilité que tu réagisse de cette façon. Eh bien Liam, puisque tu refuses, tu sera remplacé, bien évidemment. Et c'est Noah qui prendras ta place, lança t-il d’un ton tranchant.
- Attendez, quoi ? dis-je instantanément en me redressant de ma position où j'étais adossé, les bras croisés.