À l’entrée de l’école, il y avait un grand terrain de jeu et près des robinets de la cour, une cuisine de fortune où pendait une énorme marmite. On y faisait cuire la bouillie de maïs ou le lait des enfants. Au fond de la grande cour située de l’autre côté, s’élevait de plain-pied le bâtiment en bois de l’orphelinat. Il était noir comme une traverse de chemin de fer et la maternelle, blanche comme le sucre. On entrait dans la salle de classe par un perron situé derrière les robinets. Il y avait des vitrines où étaient exposés de coûteux jouets venant de France. Poupées blondes, gros animaux en peluche, navires minutieusement construits, maisons françaises... Elle était heureuse en ce temps-là. Mais elle ne se souvenait d’aucun visage. Tout était dans le flou, comme un monde de fantômes sa


